Ce qui semble acquit, c'est l'engouement d'un public de plus en plus nombreux pour le développement personnel, qui semble être une tentative, plus ou moins désespérée, pour redonner du sens à son existence, sur une toile de fond sociale, politique, économique,pour certains plus ou moins inquiétante. Ainsi, le monde économique semblerait fou, ou du moins incontrôlable dans sa course au profit: il "broie" les êtres humains et fabrique de l'exclusion au niveau des nations du monde; des couches de population, des pays entiers sont hors-jeu, tandis que la spéculation bat son plein et que la consommation devient effréné. La gestion des ressources planétaires entraîne des séries de catastrophes dans le domaine écologique, la surpopulation bouche nos perspective mais encore le surarmement, les manipulations génétiques sur les plantes, les animaux et sur les humains sont autant de sources d'inquiètude.
En ce qui concerne l'individu, le mode de vie occidental est générateur de stress et hypothèque la santé: on tombe malade, et surtout on s'ennuie. Vivre est-il devenu mécanique, et qui plus est, dans une solitude sociale, caractéristique de notre époque contemporaine ( 13 millions de célibataires en France et moins de 3 ans pour la durée moyenne de vie d'un couple). Force est de constater, en général, le peu de crédit pour les réponses globales, économiques ou politiques tandis que nous sommes, individuellement incapables de résoudre la plupart des problèmes qui se posent; quand nous ne rendons pas les situations pires par l'application de solutions qui ne permettent que de "réussir à échouer" selon l'expression de P.Watzlawick, en générant des complications imprévues, spirale sans fin de crises et de solutions.
La Science nous a amené, à travers l'injonction de Descartes " Rendez vous maître et possesseur de la Nature", à fragmenter la connaissance à l'infini avant de déboucher de manière paradoxale, sur les "rives" de la métaphysique. La recherche de l'infiniment petit, du disjoint, du distinct, a amené à travers l'évolution des sciences de la Nature et la physique quantique - dont le modèle pour une autre représentation de la Nature ne s'est toujours pas imposé depuis près d'un siècle - à l'opposé de là où elle pensait se rendre, mais plus encore, à une conception de l'univers radicalement différente, ainsi que l'a souligné E.Morin dans ses écrits ( La Méthode ) : " Sciences, techniques et sociétés sont devenues entraîneuses et entraînées dans un tourbillon où elles sont mutuellement dominatrices et dominées, asservisseuses et asservies. Ce tourbillon entraîne désormais l'avenir de la planète. Une fantastique aventure s'accélère dont la science de plus en plus élucidante et aveugle, omniprésente et impuissante est devenue la tête chercheuse. Elle conduisait, croyait-on, encore il y a un sciècle, à l'émancipation de l'humanité. Aujourd'hui, nous voyons qu'elle peut conduire à l'asservissement de l'homme et à l'explosion du monde. Rien n'est encore décidé ".
Ainsi, pouvons-nous dire qu'une certaine vision du monde de ce paradigme rationnel, dominant, a produit notre civilisation occidentale, a promu son hégémonie, et bute actuellement sur ses propres limites? Ce qu'elle continue à produire peut-il nous précipiter collectivement vers notre perte, si rien n'est infléchi?
La Physique Quantique tente pourtant, aujourd'hui, de proposer- sans grande écoute, il est vrai - une vision unifiée du monde, qui pourrait nous permettre d'envisager d'autres compréhension. Peut-être aussi, à terme, cette vision nous permettra-t-elle de réunifier deux modes de vie très différents, qu'on peut globalement qualifier " d'occidental " et " d'oriental ", l'un fondé sur le contrôle et la technique, l'autre sur le sens et le plaisir du présent ainsi que le commente, en autre, Boris Cyrulnik, en 1995: " la culture occidentale a pris le pouvoir grâce à la technologie qui a le pouvoir grâce à une attitude séparatrice. En clivant en mille spécialités, chacun a creusé son sillon, fait des performances étonnantes et, a complètement atrophié les autres représentations du monde. D'autres cultures ont fait de moins bonnes performances, mais continuent à donner du sens aux choses, ce qui crée une très grande richesse du quotidien, un monde tout à fait épanouissant". Plus longuement, on peut poursuivre en citant D.Bohn ( cf " La plénitude de l'univers " ) qui ajoute: " il est clair que ces différentes voies développées par les deux sociétés conviennent à leurs différentes attitudes devant la mesure. Ainsi en occident, la société s'est principalement appliqué au développement de la Science et de la Technologie (qui dépendent de la mesure), pendant qu'en Orient, l'intérêt principal est allé vers la religion et la philosophie (qui sont dirigées vers l'incommensurable)...l'incommensurable constitue la réalité originelle...la mesure constitue une approche d'un aspect secondaire et dépendant, mais néanmoins aussi nécessaire de la réalité...la mesure identifiée avec l'essence même de la réalité, ceci est une illusion ". Même si l'occident a brillammant réussit à augmenter sa puissance technique et son pouvoir sur la Nature, dans le même temps, nous avons perdu la forme de liens directs avec elle, qui nous permettaient des visions plus fusionnelles, magiques, primitives. Nous avons choisi une voie et nous l'avons creusé non sans aveuglément, peut-être jusqu'au danger, jusqu'à l'absurde. D.Bohn: " Les distinctions largement répandues et pénétrantes entre les gens (races, nations, familles, professions, etc...) qui, à l'heure actuelle empêchent l'humanité de travailler dans son ensemble, pour le bien commun, ont à l'origine, un facteur clé dans une façon de penser, qui traite les choses comme divisées, de façon inhérente, déconnectées et "cassées" en d'encore plus petites parties constitutives. Chaque partie est considérée comme étant essentiellement indépendante et existant en elle-même ou auto-existante. Lorsque l'homme pense à lui-même de cette façon, il tend inévitablement à défendre les besoins de son propre ego contre l'ego des autres...Si il pense à la totalité comme constituée de fragments indépendants, alors ce sera la façon dont son esprit tendra à fonctionner, mais si il peut inclure tout de façon cohérente et harmonieuse dans un tout entier sans frontière (car toute frontière est une division ou un arrêt), alors son esprit tendra à se mouvoir d'une façon semblable et à partir de là, découlera une action ordonnée à l'intérieur d'un tout.
La question serait alors: comment peut-on tenir ensemble différents niveaux de réalités c'est à dire vivre des expériences dans le domaine de la matière, du "physique" et leur donner du sens dans le domaine de l'esprit? On sait déjà que certaines de nos expériences sont si fortes qu'elles peuvent être vues comme des expériences émotionnelles "correctives" et qu'après les avoir vécues, certaines personnes changent radicalement leur relation aux autres et au monde. Ce sont nos expériences les plus exceptionnelles: l'art sous toutes ses formes, mais aussi les pertes de toutes natures, les naissances, les coups de foudre, les passions, les relations, les extases, les submersions dans la Nature. Mais des expériences plus quotidiennes (discuter, échanger, partager, communiquer), peuvent peut-être aussi permettre de sentir le reflet de quelque chose de plus vaste et ainsi donner une signification et une valeur nouvelle à ce que nous vivons. Pourrais-t-on ne pas voir les événements de nos vies comme l'univers dans son entier qui s'y déploie et qui s'y exprime d'une façon inséparable, à la fois matière et signification.
Au final, le concept le plus clarifiant pour cette tentative d'introduction et/ou de définition du développement personnel ne serait-il pas celui d'auto-éco-organisation proposé par Edgar Morin en 1990, dans son ouvrage " Introduction à la pensée complexe " ? Une formation au développement personnel ne serait-elle pas un temps consacré à l'auto-éco-organisation? Un temps de recul, d'analyse, d'analogie, de prise de conscience de ce phénomène en nous, avec des méthodes pour le favoriser, pour en hâter la croissance, pour s'en donner l'appétit, pour le vivre plus intensément et savoir le transférer dans la vie ordinaire, quotidienne. Temps spécifique, à l'intérieur d'un organisme de formation qui propose d'aider à acquérir des comportements, de faire des actions, dans un domaine particulier et aussi une nouvelle façon de voir le monde, la pensée; un autre mode de relation à ses émotions, les sentiments.
En ce qui concerne l'individu, le mode de vie occidental est générateur de stress et hypothèque la santé: on tombe malade, et surtout on s'ennuie. Vivre est-il devenu mécanique, et qui plus est, dans une solitude sociale, caractéristique de notre époque contemporaine ( 13 millions de célibataires en France et moins de 3 ans pour la durée moyenne de vie d'un couple). Force est de constater, en général, le peu de crédit pour les réponses globales, économiques ou politiques tandis que nous sommes, individuellement incapables de résoudre la plupart des problèmes qui se posent; quand nous ne rendons pas les situations pires par l'application de solutions qui ne permettent que de "réussir à échouer" selon l'expression de P.Watzlawick, en générant des complications imprévues, spirale sans fin de crises et de solutions.
La Science nous a amené, à travers l'injonction de Descartes " Rendez vous maître et possesseur de la Nature", à fragmenter la connaissance à l'infini avant de déboucher de manière paradoxale, sur les "rives" de la métaphysique. La recherche de l'infiniment petit, du disjoint, du distinct, a amené à travers l'évolution des sciences de la Nature et la physique quantique - dont le modèle pour une autre représentation de la Nature ne s'est toujours pas imposé depuis près d'un siècle - à l'opposé de là où elle pensait se rendre, mais plus encore, à une conception de l'univers radicalement différente, ainsi que l'a souligné E.Morin dans ses écrits ( La Méthode ) : " Sciences, techniques et sociétés sont devenues entraîneuses et entraînées dans un tourbillon où elles sont mutuellement dominatrices et dominées, asservisseuses et asservies. Ce tourbillon entraîne désormais l'avenir de la planète. Une fantastique aventure s'accélère dont la science de plus en plus élucidante et aveugle, omniprésente et impuissante est devenue la tête chercheuse. Elle conduisait, croyait-on, encore il y a un sciècle, à l'émancipation de l'humanité. Aujourd'hui, nous voyons qu'elle peut conduire à l'asservissement de l'homme et à l'explosion du monde. Rien n'est encore décidé ".
Ainsi, pouvons-nous dire qu'une certaine vision du monde de ce paradigme rationnel, dominant, a produit notre civilisation occidentale, a promu son hégémonie, et bute actuellement sur ses propres limites? Ce qu'elle continue à produire peut-il nous précipiter collectivement vers notre perte, si rien n'est infléchi?
La Physique Quantique tente pourtant, aujourd'hui, de proposer- sans grande écoute, il est vrai - une vision unifiée du monde, qui pourrait nous permettre d'envisager d'autres compréhension. Peut-être aussi, à terme, cette vision nous permettra-t-elle de réunifier deux modes de vie très différents, qu'on peut globalement qualifier " d'occidental " et " d'oriental ", l'un fondé sur le contrôle et la technique, l'autre sur le sens et le plaisir du présent ainsi que le commente, en autre, Boris Cyrulnik, en 1995: " la culture occidentale a pris le pouvoir grâce à la technologie qui a le pouvoir grâce à une attitude séparatrice. En clivant en mille spécialités, chacun a creusé son sillon, fait des performances étonnantes et, a complètement atrophié les autres représentations du monde. D'autres cultures ont fait de moins bonnes performances, mais continuent à donner du sens aux choses, ce qui crée une très grande richesse du quotidien, un monde tout à fait épanouissant". Plus longuement, on peut poursuivre en citant D.Bohn ( cf " La plénitude de l'univers " ) qui ajoute: " il est clair que ces différentes voies développées par les deux sociétés conviennent à leurs différentes attitudes devant la mesure. Ainsi en occident, la société s'est principalement appliqué au développement de la Science et de la Technologie (qui dépendent de la mesure), pendant qu'en Orient, l'intérêt principal est allé vers la religion et la philosophie (qui sont dirigées vers l'incommensurable)...l'incommensurable constitue la réalité originelle...la mesure constitue une approche d'un aspect secondaire et dépendant, mais néanmoins aussi nécessaire de la réalité...la mesure identifiée avec l'essence même de la réalité, ceci est une illusion ". Même si l'occident a brillammant réussit à augmenter sa puissance technique et son pouvoir sur la Nature, dans le même temps, nous avons perdu la forme de liens directs avec elle, qui nous permettaient des visions plus fusionnelles, magiques, primitives. Nous avons choisi une voie et nous l'avons creusé non sans aveuglément, peut-être jusqu'au danger, jusqu'à l'absurde. D.Bohn: " Les distinctions largement répandues et pénétrantes entre les gens (races, nations, familles, professions, etc...) qui, à l'heure actuelle empêchent l'humanité de travailler dans son ensemble, pour le bien commun, ont à l'origine, un facteur clé dans une façon de penser, qui traite les choses comme divisées, de façon inhérente, déconnectées et "cassées" en d'encore plus petites parties constitutives. Chaque partie est considérée comme étant essentiellement indépendante et existant en elle-même ou auto-existante. Lorsque l'homme pense à lui-même de cette façon, il tend inévitablement à défendre les besoins de son propre ego contre l'ego des autres...Si il pense à la totalité comme constituée de fragments indépendants, alors ce sera la façon dont son esprit tendra à fonctionner, mais si il peut inclure tout de façon cohérente et harmonieuse dans un tout entier sans frontière (car toute frontière est une division ou un arrêt), alors son esprit tendra à se mouvoir d'une façon semblable et à partir de là, découlera une action ordonnée à l'intérieur d'un tout.
La question serait alors: comment peut-on tenir ensemble différents niveaux de réalités c'est à dire vivre des expériences dans le domaine de la matière, du "physique" et leur donner du sens dans le domaine de l'esprit? On sait déjà que certaines de nos expériences sont si fortes qu'elles peuvent être vues comme des expériences émotionnelles "correctives" et qu'après les avoir vécues, certaines personnes changent radicalement leur relation aux autres et au monde. Ce sont nos expériences les plus exceptionnelles: l'art sous toutes ses formes, mais aussi les pertes de toutes natures, les naissances, les coups de foudre, les passions, les relations, les extases, les submersions dans la Nature. Mais des expériences plus quotidiennes (discuter, échanger, partager, communiquer), peuvent peut-être aussi permettre de sentir le reflet de quelque chose de plus vaste et ainsi donner une signification et une valeur nouvelle à ce que nous vivons. Pourrais-t-on ne pas voir les événements de nos vies comme l'univers dans son entier qui s'y déploie et qui s'y exprime d'une façon inséparable, à la fois matière et signification.
Au final, le concept le plus clarifiant pour cette tentative d'introduction et/ou de définition du développement personnel ne serait-il pas celui d'auto-éco-organisation proposé par Edgar Morin en 1990, dans son ouvrage " Introduction à la pensée complexe " ? Une formation au développement personnel ne serait-elle pas un temps consacré à l'auto-éco-organisation? Un temps de recul, d'analyse, d'analogie, de prise de conscience de ce phénomène en nous, avec des méthodes pour le favoriser, pour en hâter la croissance, pour s'en donner l'appétit, pour le vivre plus intensément et savoir le transférer dans la vie ordinaire, quotidienne. Temps spécifique, à l'intérieur d'un organisme de formation qui propose d'aider à acquérir des comportements, de faire des actions, dans un domaine particulier et aussi une nouvelle façon de voir le monde, la pensée; un autre mode de relation à ses émotions, les sentiments.

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