<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377</id><updated>2009-11-02T11:54:55.788+01:00</updated><title type='text'>ARpèges</title><subtitle type='html'>Devenez des "créatifs culturels"</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default?orderby=updated'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25&amp;orderby=updated'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>29</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-2072862477674566795</id><published>2008-05-24T13:05:00.000+02:00</published><updated>2008-05-24T13:08:00.739+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>R. Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classes, rapports de sexesR. Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de clas</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;R. Pfefferkorn est professeur de sociologie à l’Université Marc Bloch, Strasbourg. Il s’est fait connaître pour ses travaux conduits en partenariat avec Alain Bihr sur les inégalités et, plus récemment, en collaboration sur la thématique des femmes. Avec cet ouvrage, il livre aux lecteurs l’essentiel des propos déployés à l’occasion de son Habilitation à diriger des recherches (HDR). Sans aucun conteste, il s’agit là d’un des livres les plus stimulants de sociologie paru ces dernières années. L’ambition de l’ouvrage est double : réhabiliter le marxisme comme outil d’analyse du social, tout en l’enrichissant par l’apport des réflexions autour de la notion de genre. On examinera dans un premier temps la démonstration conduite, soulignant sa richesse, puis, dans un deuxième moment, on se penchera sur quelques questions, remarques et critiques soulevés par l’ouvrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soulignons tout d’abord, en guise d’introduction, une qualité marquée, la clarté de l’argumentation. A contrario de (trop) nombreux ouvrages qui pour faire savant se croient obligés de verser dans l’abscons, le propos de Pfefferkorn est parfaitement accessible à un public universitaire, au point même de conférer à son ouvrage une tonalité de manuel. On pense, par exemple, à sa comparaison des notions de lien social et de rapport social (p. 128) qui se présente sous une forme limpide. Qualité qui n’est pas que de style, bien entendu, qui renvoie là aussi à la vigueur du parti pris théorique. Pfefferkorn l’écrit dès les premières pages de cet ouvrage, son propos se déploie à partir d’un point de vue expressément marxiste, dont on découvrira au fil de la lecture qu’il se nourrit de la relecture de Marx par D. Bensaïd, tournant le dos à la diamat ainsi qu’à l’althussérisme dominant d’une période révolue. De ce postulat découle la centralité du concept de rapport social. Rapport social qui structure les deux grandes parties de l’ouvrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une première grande partie (chap. 1 à 3), Pfefferkorn s’interroge sur la place des classes sociales dans le discours sociologique, place qu’il considère comme paradoxale. En effet, alors que jamais les inégalités sociales n’ont été aussi marquées en France, démonstration conduite dans le chap. 1, les sciences sociales, au moins nombre de ses représentants les plus en vue, ont occultés la thématique des classes, pour lui proposer un discours de substitution. Ce premier chapitre lui donne d’ailleurs l’occasion de discuter l’apport de la sociologie de Bourdieu et, de manière assez inattendue, de s’engager dans une véritable réhabilitation des travaux de Michel Verret (p. 75 et suiv.). La disparition, voire la négation de la lexie classe, se déploie au profit de théories mettant l’individu ou l’individualisation au cœur des analyses. Pfefferkorn conteste vigoureusement ce point de vue, en discutant un certain nombre d’auteurs s’inscrivant dans le développement de ce paradigme et ses corrélats comme l’exclusion, individualisme méthodologique ou moyennisation de la société. Si l’on peut regretter l’aspect parfois un peu hâtif de la discussion conduite à propos de tel ou tel auteur, il n’en reste pas moins que Pfefferkorn se livre là à une salutaire critique d’analyses dominantes. Que ce soient H. Mendras, P. Rosanvallon, T. Negri, R. Castel, A. Giddens ou J. Habermas, U. Beck, mais aussi le père fondateur Durkheim dont l’organicisme et le positivisme républicain sont pointés, l’auteur critique pied à pied les conceptions oublieuses du conflit et de la structuration classiste de société. Le retournement de conjoncture sociopolitique, provoqué par les mouvements de grève de 1995, va amener à un retour des classes sur le devant des préoccupations sociologiques. Ce troisième chapitre lui permet de revenir sur ce que le système des inégalités abordé dans le chap. 1 informe de la permanence du système des classes sociales. En effet, deux traits des inégalités incitent à raisonner en terme de classes, d’une part le caractère systémique des inégalités et leur reproduction générationnelle, ce qui permet, au passage d’avancer une critique sans concession du mythe de la mobilité sociale, adossé à l’illusion méritocratique. Brossant à nouveau un panorama des recherches récentes s’appuyant sur la notion de classes (Beaud-Pialoux, Paugam, mais aussi à l’autre bout du spectre, la bourgeoisie à travers l’évocation des travaux indispensables des Pinçon et Pinçon-Charlot), Pfefferkorn en vient à s’interroger sur la configuration de classes qui se développe dans l’hexagone. Il propose des pistes de réflexion sur le développement du salariat, en essayant d’articuler, plus sous forme d’exposé des contradictions de la situation que de réponses achevées, avec les reformulations subjective de ce dernier. Pfefferkorn aborde ainsi, la question hautement problématique, s’appuyant au passage et ce n’est pas l’un des moindres mérites de cet ouvrage, sur une riche littérature allemande rarement mobilisée faute de traduction, de la conscience de classe, dont il note que « Même si la société capitaliste demeure à l’évidence structurée par un antagonisme de classe, la lutte pour l’émancipation humaine se mène et se mènera aussi sur d’autres terrains : celui du féminisme, de l’antiracisme, de la tolérance vis-à-vis de toutes les minorités, de la prise en compte des limites de la planète, etc. », p. 197.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une seconde partie, il s’intéresse précisément à l’un de ces domaines énoncés, celui des rapports sociaux de sexe (chap. 4-6). Dans la multiplicité des rapports sociaux qui organise la socialité (classes, sexe, race, génération), celui des sexes se présente comme le plus généralisable. Afin d’asserter le fait que la place dominée des femmes ne relève pas de la nature (de leur nature), mais que l’on est bien face à une construction sociale, Pfefferkorn propose, en guise d’appétit, un très stimulant excursus auprès de quelques travaux fondateurs. Il s’essaie notamment à comparer les apports respectifs d’Engels et de Durkheim sur la place des femmes, comparaison dont, le moins que l’on puisse dire, est que l’approche de ce dernier n’en ressort pas grandie. Il évoque aussi, au passage, le cas de Simmel, qui n’est hélas pas approfondi, avant de s’intéresser à la rupture du Deuxième sexe. Dans le chapitre 4 est proposée une ample revue de la littérature issue du mouvement féministe pour penser l’oppression des femmes. Cette utile synthèse se prolonge, chap. 5 par un questionnement sur la pertinence des notions de genre et de rapports sociaux de sexe. Même s’il n’est pas toujours convaincant dans sa démonstration, cette analyse comparée permet au sociologue de délimiter les matrices intellectuelles, les caractéristiques et les recherches conduites sous ces angles, dessinant un tableau d’une érudition sans faille des traditions d’enquête. Il en ressort que l’intérêt d’une approche en termes de rapports sociaux de sexe permet d’envisager une articulation avec les rapports de classes en lieu et place d’une simple mise en parallèle. Et derechef, Pfefferkorn propose une subtile démonstration à travers l’évocation de travaux peu connus en dehors d’un cercle étroit de spécialistes. Enfin, dans un ultime chapitre, convaincu du caractère historiquement fluctuant des dominations, le professeur strasbourgeois s’engage dans une analyse des transformations des rapports de sexes en France, à travers des angles aussi variés que ceux de la scolarisation, de l’espace domestique, de l’espace public (avec un développement sur la question de la parité) ou encore de la sphère du travail. A l’issue de cette éblouissante synthèse problématisées, Pfefferkorn en appelle, dans une ample conclusion, à la nécessaire articulation des rapports sociaux. C’est à ce niveau qu’il réintroduit quelques illustrations à partir des notions de génération ou d’ethnie, ouvrant de nouvelles pistes, sur la sociologie de la famille notamment, ce qui lui permet, en guise de bouquet final d’un feu d’artifice nourri, d’avancer des éléments d’une critique du structuralisme incarné par les travaux de Françoise Héritier. On en conviendra, à l’issue de ce compte rendu qui ne fait qu’esquisser la profondeur des connaissances encyclopédiques présentées au fil du propos, la lecture du livre de Pfefferkorn se révèle indispensable. Une solide bibliographie conclut l’ouvrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On lui adressera néanmoins deux critiques. La première est vénielle. Elle concerne un aspect somme toute secondaire du propos. Il s’agit de l’utilisation du terne de race, même utilisé parfois avec des guillemets, pour s’intéresser aux rapports sociaux entre cultures différentes. Certes, Pfefferkorn fait également usage du terme d’ethnie, mais au final, sans véritablement argument d’ailleurs, il se rabat sur la notion, hautement contestable de race. La seconde critique, porte, elle, sur le cœur de la construction. Pfefferkorn ne cesse de proclamer la nécessité d’une sociologie articulant les différentes dimensions des rapports sociaux afin de cerner au mieux la réalité sociale. Si le lecteur ne peut qu’être convaincu par cet appel à la complexité et au caractère dialectique du réel, il eût aimé pouvoir se nourrir aussi de l’évocation systématisée de cette posture épistémologique. Or, limite sans doute incontournable, à ce stade, des avancées en termes de dynamiques de recherche, le moins que l’on puisse dire est que de la proclamation de la nécessité à la mise en œuvre effective d’un tel programme il y a un pas. L’argumentation avancée tout au long de l’ouvrage aurait gagné en force de conviction s’il avait réussi à réellement asseoir son propos sur de telles illustrations. Mais comme l’indique lui-même l’auteur en guise de mot de conclusion, « l’avenir est toujours ouvert » et l’on attend avec impatience les prochains travaux conduits sous cet angle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Références bibliographiques.&lt;br /&gt;● Bensaïd Daniel, Marx l’intempestif. Grandeurs et misères d’une aventure critique (XIXe-XXe siècles), Paris, Fayard, 1995.&lt;br /&gt;● Bihr Alain, Pfefferkorn Roland, Hommes-Femmes, quelle égalité, Paris, Atelier, 2002, première édition 1996.&lt;br /&gt;● Trat Josette, Lamoureux Diane, Kergoat Danièle, Pfefferkorn Roland, L’autonomie des femmes en question, Paris, Harmattan, 2006.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-2072862477674566795?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=102' title='R. Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classes, rapports de sexesR. Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de clas'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/2072862477674566795/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=2072862477674566795' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2072862477674566795'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2072862477674566795'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/05/r-pfefferkorn-ingalits-et-rapports.html' title='R. Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classes, rapports de sexesR. Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de clas'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-8061701940642087023</id><published>2008-05-09T14:25:00.003+02:00</published><updated>2008-05-09T14:30:20.973+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Classe ouvrière et orientation politique: est-ce que le vote de classe décline?</title><content type='html'>&lt;i&gt;Salvo Leonardi&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;1. L’analyse des comportements électoraux des individus et des groupes sociaux constitue un des terrains privilégiés – mais pas l’unique- sur lequel on peut vérifier les théories à l’égard des discours publics et des classes sociales. Le vote ouvrier en particulier représente le baromètre qui permet de mesurer pour la gauche la nature et la qualité de son assise, de sa représentativité sociale.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Le présupposé analytique, traditionnellement formulé en sciences politiques, est qu’il existe un rapport structurel entre classe et comportement électoral. Les partis ont toujours surgi, dans l’époque moderne, comme représentants d’intérêts de classe, faisant en sorte que les conflits sociaux puissent recevoir une médiation au travers des schémas de la représentation démocratique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;   De ce point de vue, le vote ne serait rien d’autre qu’un réflexe politique&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;- d’un milieu socio-culturel commun (Lazarsfeld);&lt;br /&gt;- d’un modèle identitaire, avec un “habitus” acquis au travers d’une ambiance familiale (Campbell ; Dalton);&lt;br /&gt;- d’un choix rationnel, en présumant qu’un électeur sera immédiatement en capacité de stabiliser un ordre de préférence au travers des élites politiques variées en compétition, en choisissant rationnellement celui qui sera le plus proche de ses intérêts matériels (Schumpeter ; Downs).&lt;br /&gt; En résumant: on a les ouvriers à gauche et le milieu (moyen) bourgeois à droite.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;L’évidence empirique de ces dernières années montre un déclin de ce vote de classe, le déalignement de classe. En substance: les ouvriers votent de moins en moins pour les partis du centre-gauche et de gauche, et s’orientent de plus en plus vers les partis de droite et de centre-droite, ainsi que vers l’extrême-droite et le populisme chauvin et xénophobe.&lt;br /&gt; La méthode pour mesurer cela est l’indice d’Alford : en divisant l’électorat en deux classes principales, les manuels et non manuels et en confrontant le % des travailleurs non manuels ayant voté pour la gauche et le nombre d’ouvriers (travailleurs manuels) ayant voté pour la droite.&lt;br /&gt; Nous devons-nous poser les interrogations théoriques et politiques suivantes:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;1) quand a été fondée sur le plan empirique et comparée la thèse du déclin de vote ouvrier de gauche ?&lt;br /&gt;2) pourquoi des couches aussi amples et significatives du monde ouvrier votent pour le centre-droite ?&lt;br /&gt;3) sommes-nous en présence d’un phénomène relativement récent ? De quelle continuité et longue durée pouvons-nous parler en la matière ?&lt;br /&gt; La méthode pour répondre à ces interrogations exige :&lt;br /&gt; de vérifier le fondement empirique des tendances en acte ;&lt;br /&gt; de faire cela de manière comparée sur le plan international ;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt; de ne pas se limiter à une dimension bottom-up, de la demande politique (la classe et ses comportements), mais aussi de considérer la dimension top-down de l’offre politique (les partis et leurs comportements)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;2. Le débat international du vote de classe confronte deux thèses: celle du “déalignement de classe” et celle des “fluctuations sans tendance”&lt;br /&gt;a) La thèse de déalignement (Lipset ; Inglehart ; Nieuwbeerta ; Corbetta et Segatti) se base sur les indices suivants: un déclin de vote de classe; un effondrement du nombre d’adhérents des partis (surtout de gauche); un déclin du nombre d’affiliés aux syndicats (une chute d’au moins 20%) et des conflits ouvriers.&lt;br /&gt;   L’explication est que le déclin du vote de classe n’est pas une conséquence du déclin de la classe comme catégorie interprétative première des comportements sociaux et politiques; il y a croissance du bien-être et de l’instruction ce qui favorise l’individualisme et la désimplication politique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;b) La thèse de la « trendless fluctuation » (fluctuation sans tendance), développée par les britanniques comme Heath, Evans, Andersen, observe que :&lt;br /&gt;- les données comparées sur une longue période ne permettent pas de conclure qu’il existe un déclin du vote de classe (vote au RU dans l’après-guerre et tendance au réalignement de classe dans les nouvelles démocraties d’Amérique Latine au pays d’Europe centrale) ;&lt;br /&gt;- que l’abstention, le refus de voter (de 25% à 40% de l’électorat dans les démocraties mâtures) est une donnée symptomatique de grande importance: exit comme unique alternative quand le système électoral n’offre plus d’options de voice, ou de choix significatifs (abstentionnisme des ouvriers aux USA, dans la GB de Blair, au second tour des présidentielles en 2002);&lt;br /&gt;- les filtres posés dans les systèmes électoraux rendent marginaux le rôle joué par les partis de la gauche radicale et la présence d’ouvriers au parlement se situe en dessous du 1%;&lt;br /&gt;- si on met de côté l’offre politique, et si on se concentre sur la demande (des ouvriers), on ne peut qu’observer le désenchantement de ces catégories sociales à l’égard de partis qui se détachent de la gauche après s’être séparés/éloignés des ouvriers;&lt;br /&gt;- la notion de classe ne peut plus être lue au travers de l’opposition fordiste-industrielle entre manuels et non manuels (Eric Olin Wright); le vote de classe n’est pas assimilable au vote “ouvrier” car c’est confrondre une partie avec le tout; confondre CSP et classe sociale, c’est ne pas prendre en compte les nouveaux profils sociaux de l’exclusion et de l’exploitation dans l’ère du post-fordisme et de l’économie de la connaissance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;   Diagnostic: la classe continue à constituer une variable de première importance pour comprendre le vote et le non-vote ; ma préférence va vers la seconde hypothèse, plus problématisante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut néanmoins s’accorder sur la définition ou le périmètre social de la classe qui sera couvert par l’analyse des comportements politiques.&lt;br /&gt;a) Les approches marxistes et weberiennes convergent sur l’importance accordée au concept politico-social de la classe. Toutefois, l’analyse marxiste tend à être mono-causale (en dernière instance) tandis que l’approche weberienne en termes de stratification sociale est plus multicausale, conditionnée par des comportements plus variables ainsi que par des facteurs tels que le pouvoir et le statut.&lt;br /&gt; De ce point de vue, le rapport entre marxisme et sciences sociales, je crois que la première approche devrait s’ouvrir à la seconde (comme le néo-marxisme le fait), pas tant sur le plan du statut et du pouvoir, mais davantage au niveau du modernisme tardif et des théories du multiple self, des théories féministes et post-coloniales qui ont redimensioné la primauté de la variable de classe comme variable fondamentale.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;b) Il y a ensuite, sur tous ces thèmes, un problème interne au marxisme; comment considérer la classe, à partir de données économiques et sociales (objectives) corrélées au processus de valorisation/extraction de survaleur (classe en soi) ou plutôt sur le plan subjectif-politique, incarné par le concept de conscience de classe (classe pour soi) ? Il existe un dualisme au sein de la théorie marxiste de classe (Ossowski) ;&lt;br /&gt; dans la première approche, ample et inclusive, nous pourrions accéder à une analyse mise à jour par le prolétariat post-fordiste (la thèse de Toni Negri), mais avec le risque de ne pas comprendre les fortes différences qui se produisent et s’alimentent sur le terrain identitaire et politique ;&lt;br /&gt; dans la seonde approche (classe pour soi), restrictive et dichotomique, on tend à privilégier le travail subordonné, des ouvriers en particulier (la base sociale des organisations de la classe “pour soi”), qui s’érode de plus en plus et se trouve être de plus en plus déplacé par les transformations post-fordistes de la production. Cette approche que l’on retrouve chez divers auteurs (Lukacs ou à Poulantzas) développe une hypothèse trop organique entre un “sujet de classe” et sa “conscience de classe”, alors que ce rapport est beaucoup plus complexe et conflictuel.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;3. Les élections de 2006, en Italie, ont vu une coalition de Centre Gauche (des néo-communistes au ex-démo-chrétiens) accéder au pouvoir, sous la direction de Prodi;&lt;br /&gt; les données donnent un taux de participation très élevé de 80% ;&lt;br /&gt; les travailleurs dépendants/ publics/privé ont en grande partie voté pour le CG&lt;br /&gt; Les ouvriers ont en moyenne voté plus à gauche (53% contre 47%)&lt;br /&gt; Dans les régions où il y a la plus haute densité idnustrielle /ouvrière du pays (Nord-est, Lombardie et Veneto), les ouvriers ont d’abord préféré le CD avec une différence de 8% (46% cotre 38%)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dans d’autres situations similaires, il s’est ouvert un débat sur la composition sociale du système politique ; mais j’observerai pour ma part non pas un déclin du vote de classe mais une longue continuité.&lt;br /&gt;a) La classe ouvrière italienne – malgré son aile radicale-syndicale – a toujours voté en majorité pour les forces politiques qui s’opposent aux partis de la gauche;&lt;br /&gt;b) Cette caractéristique la distingue particulièrement sur la scène internationale; nous sommes juste devant les USA et le Canada, juste derrière la France, loin derrière la Suède qui représente la plus haute fidelité politique des ouvriers sà l’égard de la social-démocratie;&lt;br /&gt;c) La nouveauté majeure de ces dernières années – en fait très révélatrice – se situe dans le transfert des votes pour un ancien parti populaire comme la DC vers les partis populistes de droite come la Lega et Forza Italia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est seulement de 1968 à 1976 que la somme de tous les partis de gauche (socialistes, communistes, nouvelle gauche) était supérieure à 50% ; depuis que ces partis ont disparu, de 1992 à 2001, le plus grand parti issu du vieux PCI (le PDS) n’a récolté dans le nord du pays qu’entre 12 et 15%. Avec l’imminente naissance du parti démocratique, sur les cendres des vieux partis post-communistes et post-démochrétiens, l’Italie, pays qui pendant des décennies a eu un des plus grands partis communistes d’occident – s’apprête à devenir un des premiers pays européens privé d’un parti significatif d’inspiration socialiste ou lié de quelque façon à la centralité du monde du travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les causes :&lt;br /&gt;a) L’approche bottom-up du vote de classe&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Le facteur religieux a été, à côté du processus de construction d’un nation, un facteur significatif  (pour ou contre) depuis la seconde moitié du XIXème siècle. Pour Lipset et Rokkan, la fracture religieuse avec celle du centre/périphérie a historiquement précédé la fracture (l’opposition) de classe; dans certains pays latins, l’alliance entre catholicisme et droite conservatrice a eu des effets qui ne se retrouvent pas dans les pays protestants du nord ou en France (catholique) où la séparation entre sphère religieuse et étatique a été plus nette. Les études d’Edward P. Thompson ont, par exemple, révélé les origines méthodistes et anticonformistes du mouvement ouvrier anglais. Michael Walzer identifie les origines du radicalisme politique européen au sectarisme puritain.&lt;br /&gt; En Italie, la question catholique a marqué la classe ouvrière ; elle s’est entremêlée à la tradition polémique anti-politique et anti-centraliste des régions du nord-est. Un rôle fondamental a été pris en charge par le syndicalisme et le mouvement associatif d’inspiration catholique (CISL ; ACLI), très avancsé sur les thèmes sociaux et syndicaux, mais liés politiquement au centre modéré de la démocratie chrétienne.&lt;br /&gt; La question catholique rencontre ensuite la question du sud (méridionale) sur le terrain des sous-cultures territoriales qui singularisent en particulier la Troisième Italie (Bagnasco; Trigilia), celle des petites entreprises et des districts industriels, où se développe une forte empathie entre des entrepreneurs et des ouvriers avec des ouvriers qui ambitionnent de devenir aussi  des entrepreneurs.&lt;br /&gt;    Le nord-est de la petite entreprise et des districts est très différent du nord-ouest du vieux triangle industriel (Turin-Milan-Génova)) fordiste et laïque, où le vote ouvrier a toujours été plus lié à la gauche. Les sous-cultures politqiues sont donc importates ; avec les zones “blanches” du nord-est où les ouvriers votent comme leur patrons et les zones rouges (Emilia, Toscana, Umbria) où les patrons votent comme les ouvriers, pour la gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) Le « facteur K »: la mouvance communiste étant la première dans la gauche italienne, de manière spécifique sur le plan international, a été un facteur extrêmement fort de mobilisation ample de minorités importantes de la classe ouvrière; mais il a aussi inhibé et préoccupé toute la partie non-communiste de l’électorat ouvrier. C’est un problème commun avec d’autres pays latins où – à la différence des pays où la gauche est majoritairement social-démocrate – le vote ouvrier pour ces partis assumait des implications politiques et internationales plus profondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4) Les transformations économiques et sociales des quinze dernières années et la transition au post-fordisme pèsent aussi sur la situation actuelle; le travail s’est déconcentré et dé-massifié, le travail ouvrier s’est redimensionsé quantitativement et modifié qualitativement.&lt;br /&gt; a) Le fordisme a dissous les travailleurs, leurs savoirs et pouvoirs dans la prestation de travail, mais les a également intégrés dans de vastes agglomérations urbaines et prolétaires, dans ses schémas juridico-sociaux standardisés, favorisant une conscience de classe.&lt;br /&gt; b) Le post-fordisme ambitionne d’intégrer sans “résidus” les travailleurs/salariés, favorisant une recomposition partielle de la prestation de travail, tout en fragmentant le travail sur le plan du territoire et des formes juridiques, portant ainsi dramatiquement préjudice au pouvoir collectif et social, à la formation de la conscience de classe&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. Aujourd’hui, la gauche comme la droite assument, parallèlement au conflit distributif, de nouveaux champs de bataille, de nature plus culturelle, éthiques et post-matérialistes (l’environnement, la paix, la famille post-traditionnelle, l’immigration, les drogues douces, etc.).&lt;br /&gt; Dans ce cadre, les travailleurs – noyau central d’une coalition progressiste sur les thèmes redistributifs et économiques – ne détiennent plus une primauté politico-morale sur les nouveaux terrains de l’opposition politique: immigration, bio-éthique, homosexualité, famille recomposée, etc.&lt;br /&gt; D’autre part, il existe un progressisme des nouvelles couches urbaines sécularisées, les nouveaux mouvements sociaux (sociologie française), les jeunes alter-mondialistes, la “tribu” métropolitaine. En Italie, les universitaires votent 10% de plus que la moyenne pour le centre gauche (CG) tandis que les retraités et les personnes casanières davantage pour le CD.&lt;br /&gt; Lorsqu’on appréhende la question des comportements politiques électoraux du point de vue de l’offre politique (top-down), tant l’offre du centre-gauche que celle de la nouvelle droite méritent notre attention. La droite a toujours été capable de trouver une audience assez vaste au sein du prolétariat; il suffit de penser aux mouvements ethno-nationalistes, au néo-fascisme, au populisme de la vieille Amérique Latine. Mais le néo-populisme utilise surtout de manière extraordinaire les thèmes de la peur, du “risque” et le décline d’une manière xénophobe, anti-étatique et anti-fiscale, anti-élitiste et anti-politique, au travers d’un électicisme idéologique fait de messages simplistes, transmis par un leader charismatique, au travers de la télévision et des mass-média.&lt;br /&gt; Berlusconi représente un authentique paradigme de cette dérive post-démocratique; il n’y a pas de doute qu’il a su exercer une forte fascination sur les milieux populaires, y compris le milieu industriel ouvrier. Son message anti-politique trouve chaque jour de nouveaux émules (le dernier étant Beppe Grillo), dans un climat général dévasté, dans lequel aucune formation politique (en Italie) ne trouve plus le courage de se nommer “Parti”.&lt;br /&gt; Taguieff avait écrit, il y a quelque temps, qu’il ne fallait pas sous-estimer la forte demande d’autorité et d’ordre de la part de ceux d’en bas. De ce point de vue, il n’y a aucun doute que les thématiques liées à l’immigration et à l’ordre public – instrumentalisées par la droite populiste – ont facilité le transfert de votes prolétaires vers ces formations politiques (pour Le Pen comme pour Haider, 30 à 40% des suffrages ouvriers ont été portés sur eux, 40% des suffrages des chômeurs).&lt;br /&gt; A gauche nous sommes passés d’une théorie du parti qui prend partout (Kirckkheimer) des suffrages des années 1960 au parti post-classiste et post-travailliste d’aujourd’hui. Mais si un parti se définit post-classiste, et s’oriente sur la centralité du consommateur-citoyen, pourquoi devrait-il encore attendre de la vieille classe ouvrière qu’elle vote pour lui ? La gauche ne peut et ne sait offrir de solution alternative sur le plan social et économique et se concentre donc, là où elle peut le faire, sur la diversité et les thématiques éthiques des droits civiques (Zapatero; les maires de quelques capitales d’Europe comme Londres, Paris, Rome, Berlin). Mais ces valeurs cosmopolitiques et vaguement élitistes, ne sont pas comprises par les masses moins instruites, par les perdants de la mondialisation. En Italie, la situation est d’autant plus aggravée par la forte présence catholique dans le camp du centre-gauche, avec comme effet de ne pas pouvoir mener de batailles transparentes sur les thèmes citoyens (famille) comme les autres gauches sont encore en mesure de faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. La demande reste invariable : pourquoi les aliénés, les exploités, les opprimés ne développent-ils pas une conscience politique radicale? Et pourquoi même pas authentiquement réfomiste? Pourquoi la classe en soi ne devient-elle pas classe pour soi ? Je pense que les facteurs culturels, le féminisme, l’immigration rendent aujourd’hui la structure de classe beaucoup plus complexe que par le passé. La classe n’est pas morte (comme l’avaient pronostiqué les auteurs d’ascendance néo-maxiste; Gorz, Offe, Balibar, Lacalou) mais n’épuise / n’absorbe pas toutes dimensions des inégalités sociales et de l’identité sociale.&lt;br /&gt; Je pense aussi qu’il faut prendre beaucoup plus au sérieux le rôle de l’idéologie, non pas tant en tant que production d’une “fausse conscience”, mais comme processus de production et de signification de valeurs internes à la vie sociale.&lt;br /&gt; La gauche doit aujourd’hui se rendre à nouveau capable de produire des médiations nécessaires pour réconcilier les masses et la politique. Elle peut le faire à la seule condition de conjuguer les thèmes éthiques et citoyens avec un renouvellement fort des thèmes d’inclusion sociale, du travail, de la lutte contre la précarité et la marginalisation. Le rapport entre la gauche et la classe salariée/ouvrière demeure nécessaire, sans toutefois encore être inévitable comme ce fut le cas auparavant. Mais il est indispensable que l’action politique récupère une capacité à faire dialoguer (comme les communistes en étaient capables à une certaine époque) les intellectuels et le peuple. C’est une grande leçon de Gramsci, bien acquise et longuement pratiquée par l’ancien PCI. Sans cela, la gauche sera condamnée au divorce néo-élitiste avec les masses. C’est une chose, comme on le sait, difficile à assumer ; ce qui ne veut pas dire que les choses sont donc irrémédiablement perdues.&lt;br /&gt; Pour terminer ici avec une note optimiste; comme l’a écrit le marxiste culturaliste anglais Raymond Williams: « Aucun mode de production, aucun ordre social dominant et aucune culture dominante n’a su inclure et épuiser les pratiques, les énergies, l’intentionalité des êtres humains ».  Et c’est de ces pratiques, de cette énergie, surtout lorsqu’elle se manifeste, que l’on devra savoir repartir de l’avant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;(traduction S. Bouquin)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-8061701940642087023?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.espaces-marx.org/spip.php?article386' title='Classe ouvrière et orientation politique: est-ce que le vote de classe décline?'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/8061701940642087023/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=8061701940642087023' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/8061701940642087023'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/8061701940642087023'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/05/classe-ouvrire-et-orientation-politique.html' title='Classe ouvrière et orientation politique: est-ce que le vote de classe décline?'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-2665457116225204794</id><published>2008-05-09T14:00:00.004+02:00</published><updated>2008-05-09T14:21:29.233+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Le problème de l’information scientifique</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Paradoxalement, à l’ère des NTIC et des réseaux globaux, le problème de l’accès universel à&lt;br /&gt;l’information scientifique se pose avec de plus en plus d’acuité. Dans ce cadre, l’avenir de la&lt;br /&gt;science suscite des inquiétudes. Pas pour des raisons techniques, mais pour des raisons socio-&lt;br /&gt;économiques. Au grand dam de la communauté scientifique, qui est cependant responsable&lt;br /&gt;de cette évolution. Comment en est-on arrivé là ?&lt;br /&gt;Inventer, découvrir en science, c’est créer de l’information. C’est également se nourrir&lt;br /&gt;d’information. La science est information de part en part (G. Varet). Ce flux d’information a&lt;br /&gt;pris longtemps la forme d’échanges épistolaires pour se muer, à la fin du XVIIe siècle, en&lt;br /&gt;« journaux » scientifiques issus de « sociétés » scientifiques (Journal des Scavans de la&lt;br /&gt;Société royale à Paris, Philosophical transactions de la Royal Society à Londres). De&lt;br /&gt;quelques dizaines à la fin du XVIIe siècle, le nombre de journaux scientifiques est passé&lt;br /&gt;actuellement à quelque 100.000 (estimation). Destinés initialement à diffuser l’information&lt;br /&gt;scientifique entre savants et au public cultivé, ces journaux ont rapidement constitué une&lt;br /&gt;vitrine valorisant les chercheurs et leur apportant la crédibilité issue du soutien d’institutions&lt;br /&gt;officielles et prestigieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La publication scientifique : problèmes et perspectives&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La communication scientifique actuelle garde ces rôles fondamentaux :&lt;br /&gt;• L’enregistrement : établir la priorité intellectuelle d’une idée, d’une découverte.&lt;br /&gt;• La certification : attester la qualité de la recherche et la validité de ses résultats.&lt;br /&gt;• La diffusion : assurer la dissémination et l’accessibilité de la recherche et de ses&lt;br /&gt;résultats.&lt;br /&gt;• L’archivage : pérenniser l’information et son accès.&lt;br /&gt;• L'évaluation et la promotion des chercheurs. Ce rôle n’est pas du même ordre que les&lt;br /&gt;précédents, mais il s’est greffé sur la communication scientifique au point d'en&lt;br /&gt;paraître souvent indissociable.&lt;br /&gt;La confection de ces journaux s’est rapidement révélée un travail considérable, d’où&lt;br /&gt;l’intervention d’imprimeurs et d’éditeurs, avec tout l’aspect économique et donc commercial&lt;br /&gt;que cela entraîne.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Par ailleurs, le nombre des journaux scientifiques a augmenté de manière telle que les&lt;br /&gt;bibliothèques se sont trouvées devant de gros problèmes à résoudre : que faut-il acheter, que&lt;br /&gt;faut-il conserver, comment cataloguer, comment organiser l’accès, etc. ? C’est dans ce&lt;br /&gt;contexte que la bibliométrie scientifique est née.Sur ces bases, pourquoi ne pas rêver de créer&lt;br /&gt;une encyclopédie permanente et universelle du savoir ? En 1963, paraît le « Science Citation&lt;br /&gt;Index » d’Eugene Garfield. L’idée de base est simple : pour construire cette encyclopédie, il&lt;br /&gt;faut se limiter à l’essentiel. Pour définir celui-ci, on tiendra compte de l’importance accordée&lt;br /&gt;aux publications, telle qu'elle est attestée par le nombre de citations de ces publications par la&lt;br /&gt;communauté des chercheurs eux-mêmes, dans leurs propres travaux. Le SCI reprend quelque&lt;br /&gt;3750 revues. Des outils semblables ont vu le jour ultérieurement pour les sciences sociales&lt;br /&gt;(SSCI) et humaines (Arts and Humanities Citation Index) sans cependant atteindre le même&lt;br /&gt;impact.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Cette idée, apparemment géniale, va déclencher deux types de « catastrophes », paradoxales,&lt;br /&gt;intriquées et s’entraînant mutuellement.&lt;br /&gt;La « catastrophe » économique&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Du côté des bibliothèques, la rationalisation des achats, face à la diminution constante des&lt;br /&gt;moyens, s’inspire de cette bibliométrie : on achète « utile » c’est-à-dire les revues les plus&lt;br /&gt;citées, et tout le monde fait de même. Une série de journaux deviennent donc&lt;br /&gt;« indispensables » (les « core journals »). Les éditeurs s’en aperçoivent, ils se les approprient&lt;br /&gt;s’ils en ont les moyens, et font monter les prix, sans raison autre que les lois du marché. Les&lt;br /&gt;bénéfices de ces éditeurs montent en flèche dans le secteur des revues savantes.&lt;br /&gt;Ainsi l’augmentation moyenne du prix des périodiques STM entre 1970 et 1995 était de&lt;br /&gt;471 %, en tenant compte de l’indexation !&lt;br /&gt;Des études montrent également que ces augmentations étaient plus prononcées auprès des&lt;br /&gt;éditeurs commerciaux qu’auprès des publications des sociétés savantes, bien qu’ici aussi de&lt;br /&gt;grandes différences existent de société à société.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;La publication scientifique : problèmes et perspectives&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Les conséquences de ces augmentations furent des suppressions massives d’abonnements&lt;br /&gt;avec des effets parfois désastreux, la diminution d’acquisitions de monographies, la&lt;br /&gt;frustration des usagers qui n’ont plus accès à toute l’information dont ils ont besoin, un&lt;br /&gt;mauvais service rendu aux auteurs (dont les travaux sont insuffisamment diffusés), des&lt;br /&gt;difficultés de financement de ces acquisitions, etc. De leur côté, les éditeurs renforçaient leurs&lt;br /&gt;positions par une politique de fusions, regroupant de plus en plus de petits éditeurs dans les&lt;br /&gt;mains de quelques grands trusts. Récemment une autre évolution dangereuse se dessine : les&lt;br /&gt;fusions ne se passent plus uniquement de façon horizontale mais aussi verticale, intégrant&lt;br /&gt;d’autres fournisseurs de service (agences bibliographiques, agences de souscription, …).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Les recherches fondamentales sont principalement financées par les pouvoirs publics. Les&lt;br /&gt;résultats de ces recherches sont exposés dans des articles scientifiques rédigés par les&lt;br /&gt;chercheurs « gratuitement », dans le cadre de leur contrat de travail. De plus en plus&lt;br /&gt;souvent, les chercheurs cèdent tous leurs droits d’auteur et doivent payer une partie des frais&lt;br /&gt;de publication. Ils évaluent le travail de leurs confrères, au profit de l’éditeur, sans être&lt;br /&gt;rémunérés. Et leur institut, leur bibliothèque, rachète finalement à prix d’or des copies des&lt;br /&gt;exposés de ces résultats de recherche. Les éditeurs commerciaux de revues scientifiques&lt;br /&gt;taxent donc les fonds publics de recherche. Et ce n’est pas tout, ils en détiennent tous les&lt;br /&gt;droits de reproduction et de diffusion, et, avec l’avènement de la copie électronique,&lt;br /&gt;pourraient devenir les gardiens exclusifs de l’archivage : le savoir de l’humanité, financé par&lt;br /&gt;tous, est confisqué par quelques entreprises privées, à but lucratif ! Et tant pis pour les&lt;br /&gt;exclus !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-2665457116225204794?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://209.85.129.104/search?q=cache:9MVh-czHIiQJ:www.cbib.ucl.ac.be/pub_sc_nv91.pdf+nouveaux+concepts+scientifiques&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;cd=47&amp;client=opera' title='Le problème de l’information scientifique'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/2665457116225204794/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=2665457116225204794' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2665457116225204794'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2665457116225204794'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/05/le-problme-de-linformation-scientifique.html' title='Le problème de l’information scientifique'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-4989976786783787969</id><published>2008-04-09T01:27:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:29:00.431+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>Entretien avec Alain Platel, Fumiyo Ikeda et Benjamin Verdonck</title><content type='html'>&lt;span&gt;Nine Finger&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Quelle est l’origine de ce projet?&lt;br /&gt;Fumiyo Ikeda: Il y a cinq ans, Anne Teresa de Keersmaeker m’a demandé si je ne voulais pas créer une pièce àpart, en dehors de ses propres chorégraphies que j’interprète depuis longtemps. Je ne savais pas vraiment commentm’y prendre. L’équipe de la compagnie Rosas m’a alors conseillée de choisir d’abord les personnes avec lesquellesj’avais envie de travailler plutôt qu’un sujet ou une musique. J’ai donc réfléchi dans ce sens et demandé àBenjamin Verdonck qui est acteur et performeur, et que je connais depuis quinze ans. Nous nous sommes rencon-trés sur un projet de film alors qu’il était encore au Conservatoire. Par ailleurs, j’avais depuis longtemps envie de travail-ler avec le chorégraphe Alain Platel, mais avec une équipe plus restreinte que dans ses propres pièces qui réunis-sent beaucoup de monde. Nous n’avions jamais eu d’occasion de ce genre jusqu’à aujourd’hui. L’une de nos plusgrandes difficultés a été de trouver des dates. Il nous a fallu beaucoup de temps pour caler nos emplois du tempsrespectifs et trouver des temps de répétition communs! Nous nous sommes d’abord retrouvés régulièrement, simple-ment pour discuter autour d’éléments divers. Alain nous faisait beaucoup parler de ce qui nous intéressait à cemoment-là, autour de l’actualité, des films, de la musique. Mais rien encore qui puisse présager de ce dont noustraitons dans la pièce. Tout était toujours très ouvert dans ces discussions. Nous ne savions rien encore lorsqueBenjamin a proposé un titre: Nine Finger.&lt;br /&gt;Il avait alors déjà dessiné ce visage avec des larmes, qui est aujourd’huil’affiche du spectacle. Le premier jour de répétition, il a amené le livre d’Uzodinma Iweala (écrivain né à Washingtonde parents nigérians), qui raconte la guerre à travers les yeux et les mots d’Agu, un enfant-soldat.&lt;br /&gt;Alain Platel, comment vous-êtes vous retrouvé dans ce projet?&lt;br /&gt;Alain Platel: Quand Fumiyo m’a demandé si je voulais participer à cette création, je voulais d’abord m’assurer qu’ilne s’agissait pas d’un solo, car ce qui m’intéresse dans le travail est la dimension collective, la notion de groupe. Enmême temps, je connaissais le travail de Benjamin, et cela me rendait très curieux de voir comment des caractèressi différents, presque à l’opposé, pouvaient créer ensemble. Nous avons d’abord, à travers nos rencontres régulières,cherché à trouver un sol commun. Quand Benjamin a proposé de travailler sur ce livre de l’enfant-soldat, une autrequestion s’est posée à nous.&lt;br /&gt;A-t-on le droit en tant qu’Européen de prendre cette parole à notre compte, d’en faireune pièce?&lt;br /&gt;Nous avons donc cherché comment raconter cette histoire. Et comme le sujet traite de l’insupportable, ilfallait aussi être certain de pouvoir transmettre ce propos et cette langue au public. Le texte seul, dans sa violence,faisait très peur. Nous avons demandé à d’autres personnes de nous rejoindre dans ce processus et nous leur avonsmontré des étapes du travail. Leurs réactions nous ont encouragés dans cette voie.Choisir un texte comme celui-ci, c’est aussi une forme d’engagement. Chacun est lié à ce qui se passe dans lemonde. C’est pourquoi nous avons décidé d’intégrer cette histoire avec des éléments plus personnels, notammentautour du sentiment d’impuissance que l’on ressent lorsque l’on est confronté au témoignage de cette réalité. D’unpoint de vue simplement humain, individuel. Cela nous a permis d’introduire un espace entre notre regard extérieursur cette réalité, et le sujet du livre. La présence de Fumiyo fait le lien entre les deux.&lt;br /&gt;Comment vous est venu le titre de cette pièce Nine Finger?&lt;br /&gt;Benjamin Verdonck: En fait, c’est une association. Au mot “finger”, il manque volontairement un “s”. C’est cette idée qui m’intéressait. Après nos discussions, il me semblait que ce titre reflétait la question qui occupait nos temps derencontre: comment se positionner envers l’actualité, avec notre langage. Nine Finger, “neuf doigt” et ce quelquechose qui manque, me semblait être une image adaptée à ce projet à venir. Cette image, je l’ai représentée par undessin, un visage et des larmes. Sans encore avoir une idée très précise de ce que nous allions faire, puisque nousn’avions pas encore commencé les répétitions. Mais il y avait pour moi cette direction qui s’esquissait à travers noséchanges. Même aujourd’hui, après la création, j’ai vraiment l’impression que cette pièce est en fait très fidèle à cepremier temps du processus de travail. Nous ne sommes pas partis du texte, nous avions commencé avant. Mais nous avons immédiatement été tous les trois d’accord sur l’idée de le mettre en scène. Cette décision a évidemment enclenché un autre type de travail et de questionnement.&lt;br /&gt;Comment traiter par l’esthétique un propos aussi cru etdifficile, qui témoigne d’une histoire à laquelle nous sommes liés mais qui n’est pas la nôtre?&lt;br /&gt;Nous vivons dans cequ’on appelle un pays riche. Nous ne vivons pas en Afrique et en général l’idée que nous pouvons nous en fairepasse par les images diffusées par les médias. Nous avons cherché comment nous pouvions nous situer, quelleplace pouvait être la nôtre face à cette réalité.&lt;br /&gt;Fumiyo Ikeda: En fait, en reprenant ce texte à notre compte, ce que nous essayons de dire, c’est que nous sommestous concernés par la guerre et la violence. Cela n’arrive pas qu’aux autres. Nous ne pouvons pas faire comme sicela n’existait pas parce ce que cela se passe loin de chez nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous avez chacun un parcours différent et cette pièce vous réunit pour la première fois tous les trois, comment avez-vous travaillé avec Alain Platel?&lt;br /&gt;Benjamin Verdonck: Nous avons essayé de dire ce nœud qui nous prend au ventre quand nous nous tenons informésde ce qui se passe dans le monde. Très concrètement, Alain m’a demandé de jouer la réaction physique du texte,d’évoquer ce que j’en ressentais et non pas de jouer un enfant-soldat. De travailler plutôt sur ma propre relation,intime, au personnage de l’enfant-soldat. J’ai surtout étudié comment je réagissais à ce qu’il disait.Fumiyo Ikeda: C’est surtout un travail sur la distorsion. De la manière dont c’est écrit. On a l’impression qu’il y a toujoursun décalage entre les mots, le temps, les actions et les émotions. C’est un drôle de sentiment. C’est très physique. Le texte raconte assez, nous cherchons plutôt à tenir, à abstraire.&lt;br /&gt;Benjamin Verdonck: La position d’Alain nous accompagne beaucoup, il cherche surtout à écouter les gens avec lesquels il collabore, à faire émerger ce qu’ils ont en eux. Je pense qu’il a vraiment travaillé à partir de nos envieset de nos façons d’être. Dès le premier jour des répétitions, il était très clair que j’allais intervenir à partir du texte,avec un micro, Fumiyo avec la danse. Mais nous nous sommes beaucoup interrogés sur la manière de traiter cesujet. Nous avons cherché à préserver un mouvement même dans le jeu, entre être dedans et dehors, l’expression etla retenue. Cela nous semblait très important autour de ce sujet et aussi dans la relation au public car ce n’est pasune pièce faite pour plaire, le sujet est très dur, cru et direct. Il y a une sorte d’impossibilité à dire, à nommer avec un tel propos, que l’on essaie pourtant de donner à entendre, réfléchir, partager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fumiyo Ikeda: Nous avons sélectionné et intégré plusieurs séquences de texte. Ensuite, nous avons cherché commentmettre en relation le jeu et le mouvement, le théâtre et la danse, en évitant de simplement alterner, ou passer d’unlangage à l’autre. Il nous fallait trouver des liens entre les deux sans être illustratif et en restant entre des élémentsconcrets et des figures abstraites. Il est clair que même pour Alain, la présence du texte apportait une structure quenos travaux respectifs ne nous apportent pas d’habitude. On a travaillé avec le moins de matériel possible. Lesimprovisations, les listes de mots-clés, le travail avec les objets nous ont surtout aidé à chercher des possibilités, desmatériaux pour la pièce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fumiyo Ikeda est danseuse et Benjamin Verdonck, acteur. De quelle façon avez-vous traité ces différences de langage?&lt;br /&gt;Alain Platel: Ils ont surtout cherché ensemble comment trouver des liens. Ils voulaient aussi avoir des moments dansésà deux. Si Benjamin est un acteur très engagé physiquement, sa manière de bouger n’a évidemment rien à voir avec celle de Fumiyo, qui est très élaborée. Mais la confrontation entre les deux est très belle, touchante. Le matériel gestuel a été développé avec elle. De son côté, Benjamin a travaillé sur une manière de parler qui suggère plu-tôt qu’elle ne raconte. Elle est aussi liée à l’écriture. L’anglais utilisé par l’auteur est celui d’un enfant, un langage élémentaire avec beaucoup d’onomatopées. Les mots sont très liés aux sons. Ce qui nous a beaucoup intrigué. Parla suite, nous avons fait le choix des passages que nous voulions raconter, et qui sont devenus des scènes. En travaillant sur l’état de confusion donné par le texte, nous avons élargi la dimension de ce récit, qui est au singulier,en donnant à chaque scène une perspective plus générale. Le matériel gestuel et textuel a été redistribué entre euxdeux et la parole a été traitée au même niveau que le corps. Les mots sont relayés par le mouvement ou les actions. À travers cette pièce nous ne cherchons évidemment pas à convertir ou culpabiliser le public. L’idée c’est toujours de partager un sentiment.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span&gt;Propos recueillis par Irène Filiberti en février 2007&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-4989976786783787969?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/4989976786783787969/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=4989976786783787969' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4989976786783787969'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4989976786783787969'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/entretien-avec-alain-platel-fumiyo.html' title='Entretien avec Alain Platel, Fumiyo Ikeda et Benjamin Verdonck'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-7263947300002096594</id><published>2008-04-09T01:24:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:25:38.230+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Développement personnel'/><title type='text'>La personne de demain</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;En 1980, Carl Rogers consacrait un chapître de son dernier livre " A Way of Being " à de la prospective. Il pronostiquait les qualités requises pour la personne de demain, celle qui saurait relever les défis de la complexité des enjeux humains, économiques et écologiques. C'était, il y a presque 30 ans. Ressentant leur superbe adéquation aux exigences de notre 21 ème siècle débutant, prenons la liberté de les traduire en " qualités de la personne d'aujourd'hui " . 1) Ouverture: ouverture au monde, intérieure et extérieure, à de nouvelles manières de voir, de nouvelles expériences, de nouvelles idées, de nouveaux concepts. 2) Désir d'authenticité: dire les choses telles qu'elles sont, rejeter l'hypocrisie, la tromperie et le double discours. 3) Scepticisme à l'égard des sciences et de la technologie: rejet des sciences en tant que moyen de conquête de la nature ou de contrôle de l'homme mais soutien des solutions favorisant son développement. 4) Désir de complétude: n'aime pas vivre dans un monde compartimenté (corps/esprit, travail/jeu, santé/maladie), elle s'efforce de vivre sa vie en tant qu'expérience globale. 5) Un besoin d'intimité: recherche de nouvelles formes de proximité, de communauté d'intérêts reposant sur une communication à la fois sensible et raisonnée, non- verbale autant que verbale. 6) Adepte du changement: orientée flux et process, elle a une certitude: "la vie n'est que changement". Elle la vit pleinement et accepte la prise de risque inhérente. 7) Humaine: avide d'apporter son soutien aux personnes en réel besoin, sans aucune forme de jugement. 8) Proximité de la nature: dotée du sens de l'écologie, elle se sent l'alliée des forces de la nature et ne s'intéresse pas à sa conquête. 9) Anti-institutionnelle: pense que les institutions devraient être au service des personnes et non le contraire, rejette la bureaucratie hyperstructurée et inflexible. 10) L'autorité intérieure: a confiance en sa propre expérience, son propre avis et rejette l'autorié imposée de l'extérieure. 11) Distance vis à vis des contingences matérielles: les récompences et le confort matériel l'indifèrent, le statut et l'argent ne sont pas ses objectifs. 12) En quête de spiritualité: en quête, à la recherche de la paix intérieure. Elle désire trouver un sens à sa vie, être capable de transcender son "ego". Parfois en état modifié de conscience, elle expérimente l'unité et l'harmonie de l'univers.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-7263947300002096594?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/7263947300002096594/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=7263947300002096594' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/7263947300002096594'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/7263947300002096594'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/la-personne-de-demain.html' title='La personne de demain'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-4183043869210462933</id><published>2008-04-09T01:22:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:23:53.290+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Développement personnel'/><title type='text'>Une introduction à la notion de "développement personnel"</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Ce qui semble acquit, c'est l'engouement d'un public de plus en plus nombreux pour le développement personnel, qui semble être une tentative, plus ou moins désespérée, pour redonner du sens à son existence, sur une toile de fond sociale, politique, économique,pour certains plus ou moins inquiétante. Ainsi, le monde économique semblerait fou, ou du moins incontrôlable dans sa course au profit: il "broie" les êtres humains et fabrique de l'exclusion au niveau des nations du monde; des couches de population, des pays entiers sont hors-jeu, tandis que la spéculation bat son plein et que la consommation devient effréné. La gestion des ressources planétaires entraîne des séries de catastrophes dans le domaine écologique, la surpopulation bouche nos perspective mais encore le surarmement, les manipulations génétiques sur les plantes, les animaux et sur les humains sont autant de sources d'inquiètude.&lt;br /&gt;En ce qui concerne l'individu, le mode de vie occidental est générateur de stress et hypothèque la santé: on tombe malade, et surtout on s'ennuie. Vivre est-il devenu mécanique, et qui plus est, dans une solitude sociale, caractéristique de notre époque contemporaine ( 13 millions de célibataires en France et moins de 3 ans pour la durée moyenne de vie d'un couple). Force est de constater, en général, le peu de crédit pour les réponses globales, économiques ou politiques tandis que nous sommes, individuellement incapables de résoudre la plupart des problèmes qui se posent; quand nous ne rendons pas les situations pires par l'application de solutions qui ne permettent que de "réussir à échouer" selon l'expression de P.Watzlawick, en générant des complications imprévues, spirale sans fin de crises et de solutions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Science nous a amené, à travers l'injonction de Descartes " Rendez vous maître et possesseur de la Nature", à fragmenter la connaissance à l'infini avant de déboucher de manière paradoxale, sur les "rives" de la métaphysique. La recherche de l'infiniment petit, du disjoint, du distinct, a amené à travers l'évolution des sciences de la Nature et la physique quantique - dont le modèle pour une autre représentation de la Nature ne s'est toujours pas imposé depuis près d'un siècle - à l'opposé de là où elle pensait se rendre, mais plus encore, à une conception de l'univers radicalement différente, ainsi que l'a souligné E.Morin dans ses écrits ( La Méthode ) : " Sciences, techniques et sociétés sont devenues entraîneuses et entraînées dans un tourbillon où elles sont mutuellement dominatrices et dominées, asservisseuses et asservies. Ce tourbillon entraîne désormais l'avenir de la planète. Une fantastique aventure s'accélère dont la science de plus en plus élucidante et aveugle, omniprésente et impuissante est devenue la tête chercheuse. Elle conduisait, croyait-on, encore il y a un sciècle, à l'émancipation de l'humanité. Aujourd'hui, nous voyons qu'elle peut conduire à l'asservissement de l'homme et à l'explosion du monde. Rien n'est encore décidé ".&lt;br /&gt;Ainsi, pouvons-nous dire qu'une certaine vision du monde de ce paradigme rationnel, dominant, a produit notre civilisation occidentale, a promu son hégémonie, et bute actuellement sur ses propres limites? Ce qu'elle continue à produire peut-il nous précipiter collectivement vers notre perte, si rien n'est infléchi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Physique Quantique tente pourtant, aujourd'hui, de proposer- sans grande écoute, il est vrai - une vision unifiée du monde, qui pourrait nous permettre d'envisager d'autres compréhension. Peut-être aussi, à terme, cette vision nous permettra-t-elle de réunifier deux modes de vie très différents, qu'on peut globalement qualifier " d'occidental " et " d'oriental ", l'un fondé sur le contrôle et la technique, l'autre sur le sens et le plaisir du présent ainsi que le commente, en autre, Boris Cyrulnik, en 1995: " la culture occidentale a pris le pouvoir grâce à la technologie qui a le pouvoir grâce à une attitude séparatrice. En clivant en mille spécialités, chacun a creusé son sillon, fait des performances étonnantes et, a complètement atrophié les autres représentations du monde. D'autres cultures ont fait de moins bonnes performances, mais continuent à donner du sens aux choses, ce qui crée une très grande richesse du quotidien, un monde tout à fait épanouissant". Plus longuement, on peut poursuivre en citant D.Bohn ( cf " La plénitude de l'univers " ) qui ajoute: " il est clair que ces différentes voies développées par les deux sociétés conviennent à leurs différentes attitudes devant la mesure. Ainsi en occident, la société s'est principalement appliqué au développement de la Science et de la Technologie (qui dépendent de la mesure), pendant qu'en Orient, l'intérêt principal est allé vers la religion et la philosophie (qui sont dirigées vers l'incommensurable)...l'incommensurable constitue la réalité originelle...la mesure constitue une approche d'un aspect secondaire et dépendant, mais néanmoins aussi nécessaire de la réalité...la mesure identifiée avec l'essence même de la réalité, ceci est une illusion ". Même si l'occident a brillammant réussit à augmenter sa puissance technique et son pouvoir sur la Nature, dans le même temps, nous avons perdu la forme de liens directs avec elle, qui nous permettaient des visions plus fusionnelles, magiques, primitives. Nous avons choisi une voie et nous l'avons creusé non sans aveuglément, peut-être jusqu'au danger, jusqu'à l'absurde. D.Bohn: " Les distinctions largement répandues et pénétrantes entre les gens (races, nations, familles, professions, etc...) qui, à l'heure actuelle empêchent l'humanité de travailler dans son ensemble, pour le bien commun, ont à l'origine, un facteur clé dans une façon de penser, qui traite les choses comme divisées, de façon inhérente, déconnectées et "cassées" en d'encore plus petites parties constitutives. Chaque partie est considérée comme étant essentiellement indépendante et existant en elle-même ou auto-existante. Lorsque l'homme pense à lui-même de cette façon, il tend inévitablement à défendre les besoins de son propre ego contre l'ego des autres...Si il pense à la totalité comme constituée de fragments indépendants, alors ce sera la façon dont son esprit tendra à fonctionner, mais si il peut inclure tout de façon cohérente et harmonieuse dans un tout entier sans frontière (car toute frontière est une division ou un arrêt), alors son esprit tendra à se mouvoir d'une façon semblable et à partir de là, découlera une action ordonnée à l'intérieur d'un tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question serait alors: comment peut-on tenir ensemble différents niveaux de réalités c'est à dire vivre des expériences dans le domaine de la matière, du "physique" et leur donner du sens dans le domaine de l'esprit? On sait déjà que certaines de nos expériences sont si fortes qu'elles peuvent être vues comme des expériences émotionnelles "correctives" et qu'après les avoir vécues, certaines personnes changent radicalement leur relation aux autres et au monde. Ce sont nos expériences les plus exceptionnelles: l'art sous toutes ses formes, mais aussi les pertes de toutes natures, les naissances, les coups de foudre, les passions, les relations, les extases, les submersions dans la Nature. Mais des expériences plus quotidiennes (discuter, échanger, partager, communiquer), peuvent peut-être aussi permettre de sentir le reflet de quelque chose de plus vaste et ainsi donner une signification et une valeur nouvelle à ce que nous vivons. Pourrais-t-on ne pas voir les événements de nos vies comme l'univers dans son entier qui s'y déploie et qui s'y exprime d'une façon inséparable, à la fois matière et signification.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, le concept le plus clarifiant pour cette tentative d'introduction et/ou de définition du développement personnel ne serait-il pas celui d'auto-éco-organisation proposé par Edgar Morin en 1990, dans son ouvrage " Introduction à la pensée complexe " ? Une formation au développement personnel ne serait-elle pas un temps consacré à l'auto-éco-organisation? Un temps de recul, d'analyse, d'analogie, de prise de conscience de ce phénomène en nous, avec des méthodes pour le favoriser, pour en hâter la croissance, pour s'en donner l'appétit, pour le vivre plus intensément et savoir le transférer dans la vie ordinaire, quotidienne. Temps spécifique, à l'intérieur d'un organisme de formation qui propose d'aider à acquérir des comportements, de faire des actions, dans un domaine particulier et aussi une nouvelle façon de voir le monde, la pensée; un autre mode de relation à ses émotions, les sentiments.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-4183043869210462933?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/4183043869210462933/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=4183043869210462933' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4183043869210462933'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4183043869210462933'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/une-introduction-la-notion-de.html' title='Une introduction à la notion de &quot;développement personnel&quot;'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-688833142975157310</id><published>2008-04-09T01:21:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:22:18.610+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Développement personnel'/><title type='text'>Le développement personnel: un cours de rattrapage?</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Les conditions du développement personnel sont disposées dans l'environnement car chacun de nous, dans la vie quotidienne est amené à rencontrer, communiquer, négocier, prendre les autres en compte de la manière la plus agréable possible, se donner des lignes d'action, les évaluer. En effet, la vie est une suite d'expériences formatrices, ou plutôt, chaque expérience constitue un potentiel d'apprentissage. Encore faut-il pendant qu'on la vit, ou après l'avoir vécue, l'interpréter et en tirer des enseignements. C'est-à-dire, au cours et par une vie active, être en prise sur l'environnemment, avec les autres, sur son passé, son présent, son avenir, sur sa vie intérieure,bref, vivre une "vie vivante". C'est là aussi la différence entre l'accumulation de savoirs formels et l'accumulation de connaissances directement tirées de l'expérience personnelle plus dynamiques.&lt;br /&gt;C'est pourquoi, on peut dire que les conditions existent déjà bel et bien pour chaque individu. En même temps, c'est un processus tellement long, douloureux, tâtonnant, plein d'impasses et de chausse-trappes qu'un organisme de formation en développement personnel peut souhaiter, sinon baliser un chemin, du moins donner des repères, des outils, des méthodologies pour que se soit plus confortable. Il s'agit en fait, d'une sorte d'accélération du processus " d'éducation à la vie, de cours de rattrapage " - pour ceux qui ne sont pas assez satisfait de leur propre rythme et de leur manière d'exploiter les opportunités - de construire du sens, ou simplement pour ceux qui ont envie d'explorer, de découvrir, et au bout du compte d'être sans doute, selon la formule toute faite, d'être plus heureux de rendre heureux.&lt;br /&gt;Le développement personnel est fondé sur la compréhension et l'intégration des expériences vécues: tous les efforts déployés pour acquérir une meilleure connaissance de soi et de l'environnement, constituent une démarche qui vise à instaurer (ou parfois à restaurer) l'interaction la plus harmonieuse possible entre évolution personnelle (et ce sur tous les plans: physique, affectif, émotionnel, intellectuel, spirituel) et les processus extérieurs. Autrement dit, le développement personnel renvoie à une façon d'être au monde. Comme point commun à tous les processus d'apprentissage, il y a progressivité des processus d'une nature auto-organisationnelle où les notions de lien, d'ouverture, et de projet qui fassent sens, sont fondamentaux. Enfin, si la présence ou l'instructeur lui-même ne rend pas l'apprenant passif.&lt;br /&gt;Mais à tout cela s'ajoute des conditions particulières (au développement personnel). Une non dualité: la dimension duelle n'est pas niée, mais elle est vue simplement comme un niveau de la réalité ou du regard qu'on peut porter sur elle. Mais c'est un regard "borgne" pour celui qui, prenant un niveau de réalité pour toute la réalité, est trompé en quelque sorte, sans le savoir, par un niveau de perception et par des croyances et schémas de pensées qui s'y rattachent et qui nient par là même, une ontologie des autres ou d'autres possibles, virtuels et potentiels. Le processus d'apprentissage, un "au delà des mots", tend à dépasser ce niveau sans le nier, mais en l'englobant au sein d'un processus de connaissance plus direct, plus mobile et plus vaste, niveau fondateur d'un autre rapport avec les mots, les signifés, les concepts. Plus loin que des significations conventionnelles, académiques ou contextuelles, c'est l'expérience directe qui fait que les mots signifient autrement, ceux-ci alors reliés à l'expérience de développement intérieur, au "voir et entendre actif", sur le chemin de l'expérience de la relativisation de l'identité personnelle. Enfin, dernier point parmi les plus difficiles, il s'agit de dépasser la notion même de projet, indissociablement liée à l'expérience illusoire d'une identité stable et indépendante ou même de l'identité sauvegardée et aménagée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-688833142975157310?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/688833142975157310/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=688833142975157310' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/688833142975157310'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/688833142975157310'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/le-dveloppement-personnel-un-cours-de.html' title='Le développement personnel: un cours de rattrapage?'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-127186458420542475</id><published>2008-04-09T01:19:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:20:54.567+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Développement personnel'/><title type='text'>Compétences personnelles et activité professionnelle</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Peut-on dire que les compétences personnelles sont des métacompétences, et que le champ de l'activité professionnelle n'en est qu'un terrain d'application?&lt;br /&gt;Une piste qui paraît intéressante, est celle consistant à considérer les logiques propres au développement personnel et professionnel. En effet, si ces champs ont leurs logiques propres, et qu'ils servent chacun leurs buts avec chacun leurs moyens, peut-être pourra-t-on mieux les différencier.&lt;br /&gt;Une représentation cyclique du développement peut être envisagée. Ce cycle est pris dans une spirale et les choses se déroulent selon une logique propre, interne au système. Et ensuite, elles atteignent un sommet par exemple. Mais il n'y a pas reprise du cycle tel quel car tout est pris dans le mouvement et les choses évoluent; elles ont évolué: la spirale impose sa logique dans le cycle qui reprend de manière ciculaire mais pas totalement circulaire. La logique, qui pouvait être un support, une aide à la réalisation, finalement n'en est pas vraiment une. On peut faire le constat que la suite des choses à varier et s'invente d'elle même. Le sens des choses change imperceptiblement et s'il y avait un but à poursuivre, il serait toujours à atteindre.&lt;br /&gt;Ce qu'on peut prédire maintenant, c'est que ce n'est pas leur logique propre qui est à considérer mais plutôt leur processus d'évolution ou les limites de leur mode d'expansion. Un des symboles sociétales forts est bien entendu l'argent, symbole de puissance qui se traduit dans la logique de la spéculation. Actuellement, ce mode d'expansion approche de ses limites: chacun souhaite sa place au soleil, mais la logique de conquêtes n'est-elle pas à terme une logique d'exclusion qui tourne en rond ?&lt;br /&gt;Que constate J. de Ronay : " Un renversement des procédures actuelles de nature descendante (politiques, technocratiques, plans, programmes) vers des approches ascendantes (mouvements associatifs, vie communautaire, démocratie participative) basées sur d'autres valeurs sont de nature à fonder le nouveau sens de la collectivité ". De nouvelles conceptions sont aussi en germe dans le monde des entreprises, par exemple, les entreprises apprenantes. A ce sujet, E. et C.Laszlo écrivent: " La culture des entreprises a commencé à passer d'une concentration exclusive sur les potentialités du marché et de la rentabilité de l'investissement à des considérations relatives à ce qui peut le mieux servir les intérêts de l'entreprise dans le cadre de son milieu sociale et écologique. Au vue des liens étroits qui s'intensifient rapidement entre les entreprises actuelles, la société et la Nature, ce déplacement n'est pas une poussée d'idéalisme, mais constitue une évaluation nouvelle et plus éclairée de ce qui est vraiment l'intérêt le plus grand des entreprises ". La question du passage d'une école de la sélection à une école de la vie révèle tout son intérêt au moins dans le fait de l'avoir posé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-127186458420542475?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/127186458420542475/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=127186458420542475' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/127186458420542475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/127186458420542475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/comptences-personnelles-et-activit.html' title='Compétences personnelles et activité professionnelle'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-6153882983117318489</id><published>2008-04-09T01:18:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:19:25.199+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Développement personnel'/><title type='text'>La contribution du développement personnel au développement des compétences professionnelles</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;A l'echelle humaine, on peut dire que la naissance ouvre une période où nous aurons à " subir pour avoir " . C'est la logique interne de cette tranche d'âge, jusqu'à l'adolescence. Subir, c'est-à-dire être dépendant pour l'obtention des choses nécessaires à notre survie: biens matériels, soins, affection, informations. Et selon notre contexte, cette phase peut nous pourvoir plus ou moins bien.&lt;br /&gt;Puis survient l'adolescence, dans une évolution normale où on entre dans une logique " d'avoir pour agir " . L'adolescent mobilise ses ressources pour passer à l'action, et se faire sa place dans la vie, hors du lien familial. Puis c'est l'âge adulte et ses conquêtes, dans une compétition avec les autres, et le besoin de prouver son existence, sa valeur et d'être reconnu par l'extérieur. C'est par la comparaison aux autres que cette reconnaissance s'obtient; nous sommes poussés à faire mieux que les autres, nos références sont externes.&lt;br /&gt;A quarante ans, se pose en général et de manière radical, la question du sens de la vie: à quoi sert ce que j'ai fait jusqu'ici ? Le regard des autres ne suffit plus et c'est par rapport à nos désirs les plus profonds que l'attribution du sens se fera. C'est le moment où on désire identifier nos " vraies " valeurs, nos aspirations essentielles, en s'appuyant sur une reconnaissance sans cesse affinée des émotions, des sentiments, de l'intuition, des convictions les plus intimes et de décider alors des actions et réalisations qui soient vraiment en accord avec ce niveau-là de perception de soi. Ainsi, on ne se compare plus aux autres, mais à soi-même, nos références sont internes.&lt;br /&gt;Le développement professionnel tient plutôt de la logique du " avoir pour agir " alors que le développement personnel tient sans doute plus de la logique du " agir pour être ". L' un est au service de l'action, il vise l'efficacité, l'utilitaire, il participe à l'accumulation de l' avoir, il est de l'ordre de la production, de la compétitivité, de la conquête, de la conquête de marchés entre autre, pour le développement des richesses matérielles, de l'individualisme. Il est une étape incontournable. L'autre, la logique du " agir pour être ", c'est entrer dans le monde de la création. Création de richesses non plus matérielles, mais sensibles, telles que les relations humaines, la création de soi, de valeurs et de projets. C'est de l'ordre de la singularité, de l'individuation et de la parité. C'est par une comparaison à soi-même, par rapport au chemin parcouru ou à un idéal représenté par la direction qu'on souhaite s'aligner au monde du sensible, aux sentiments intimes et intérieurs.&lt;br /&gt;Ainsi, on peut mieux comprendre comment s'articulent " développement des compétences professionnelles et développement personnel, de la même manière que s'articulent " procédures et processus ". Entre les deux, le même changement radical de plan. On passe ici, du concret, du matériel, " le monde de l'avoir ", à l'abstrait, au subtil, " le monde de l'être ". Lequel monde va évidemment se manifester aussi sur le plan concret et donc modifier les anciennes manières de voir, de percevoir, de sentir, et engendrer un comportement nouveau.&lt;br /&gt;Par différence entre " avoir pour agir " et " agir pour être ", on constate que le développement personnel relève de l'être, de l'intérieur et de la référence interne qui se manifeste à travers les émotions, sentiments, intuitions, aspirations et valeurs, manifestations extrèmement précieuses de ce qui est le plus profond et qui est encore plutôt réprimé. Les émotions vont donc être au centre des formations, des stages de développement personnel; en somme, on va apprendre à les écouter (prendre connaissances), à les reconnaître (possibilité de se projeter) et à les traduire (analyser pour mieux communiquer). D'autre part, les émotions sont aussi le résultat, la conséquence de l'action: la reconnaissance du " professionnel " engendre la satisfaction du " personnel ". La satisfaction du plan personnel engendre des actions de régulation interne qui sont de plus en plus reconnues dans le monde professionnel ce qui rejoint ce qui a été dit précédemment. Le plan émotionnel de l'être humain, dont la valeur sous-jacente est construite sur la notion du choix de l'être - avec la maturité comme référence - semble être un plan qui prend une dimension nouvelle. Une meilleure connaissance de soi, de ses valeurs et une position de référence intérieure permettent une meilleure articulation avec des projets qui aient une signification forte et du même coup, facilite le passage à l'action.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-6153882983117318489?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/6153882983117318489/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=6153882983117318489' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/6153882983117318489'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/6153882983117318489'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/la-contribution-du-dveloppement.html' title='La contribution du développement personnel au développement des compétences professionnelles'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-2638856007413676651</id><published>2008-04-09T01:16:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:17:36.647+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Développement personnel'/><title type='text'>Le développement personnel: une construction...</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Le développement personnel permet la compréhension et l'intégration des expériences vécues qui visent à instaurer ou à restaurer l'interaction la plus harmonieuse possible entre évolution personnelle et processus extérieurs. En plus des valeurs d'authenticité et de reconnaissance des autres, on peut ajouter qu'il est un outil de connaissance au sens le plus large du terme puisqu'il s'inscrit dans un processus d'apprentissage et d'évolution plus direct et plus mobile qui a des effets sur 1) les priorités dans le passage à l'action 2) sur le style relationnel 3) sur la conscientisation des rapports de cause à effet 4) sur la régulation émotionnelle et le développement d'émotions plus agréables 5) sur la capacité d'engagement dans une action et dans le sentiment d'appartenance à une catégorie plus vaste d'individus. Qu' il fasse appel à plusieurs disciplines, la PNL, l'analyse transactionnelle, le MTBI et bien d'autre, le développement personnel est un outil de l'appropriation du changement, de l'image, de la communication, de la performance, de management, questions réccurrentes des entreprises d'aujourd'hui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-2638856007413676651?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/2638856007413676651/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=2638856007413676651' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2638856007413676651'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2638856007413676651'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/le-dveloppement-personnel-une.html' title='Le développement personnel: une construction...'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-1875600860193590146</id><published>2008-04-09T01:14:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:15:50.034+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Développement personnel'/><title type='text'>Méta-PNL ou une Méta-pratique.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Les dernières décennies ont vu fleurir les techniques de communication et de développement personnel. Parallèlement, les sciences cognitives et les neuro-sciences ont connus des développements significatifs venant tantôt renforcer tantôt infirmer les hypothèses émises par les différentes écoles. Parmi les différentes approches, la PNL n'est pas la moins contestée. Si elle est connue pour ses techniques de communication largement reprises dans les séminaires de communication, son évolution est diversement interprétée. C'est dans ce contexte qu'est née dans le cadre d'ateliers de pratique l'idée de mettre l'accent sur le caractère de méta-approche et sur le processus de modélisation qui est à la base de la naissance de la PNL. Cette démarche propose de développer des aptitudes à l'identification de nos modèles mentaux, ces schémas cognitifs qui nous permettent de donner sens à notre expérience. L'objectif poursuivi est de se donner les moyens de changer dans un environnement en changement permanent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Méta-PNL a été définie en 2004 par Christian Vanhenten dans l'intention de recentrer la Programmation Neuro-Linguistique sur le processus qui lui donne sa spécificité. Etant donné que la PNL est déjà très largement répandue, il est difficile de la redéfinir et il a été choisi de faire usage du terme de méta-PNL pour distinguer les niveaux d'utilisation de la PNL. Notez ici que le P devient ici le P de pratique et plus le P de programmation. Méta-PNL est donc une méta-pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’existe pas de définition claire de la PNL. De nombreux auteurs aiment à rappeler la citation de son co-créateur Richard Bandler qui définit la PNL comme étant « une attitude et une méthodologie qui laisse derrière elle une trainée de techniques ». La PNL est un domaine qui a pour objet la modélisation de l’expérience subjective de l’être humain. Au centre de la PNL on trouve donc un processus de collecte d’information en vue de définir des modèles. Un modèle se distingue d’une théorie par le fait qu’il ne s’agit pas de prouver sa véracité. Seule compte la notion de pertinence ou d’utilité. Je fais comme si le modèle est opérant. Je le teste et si j’obtiens le résultat attendu alors le modèle est pertinent. Dans la négative j’adapte le modèle ou je le remplace. La PNL est donc avant tout, comme Bandler le déclare, une attitude, une démarche mais le grand public n’en connaît généralement qu’un ensemble de techniques présentées la plupart du temps à coups de slogans accrocheurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après 20 années d’existence on peut se demander ce qu’est devenue la PNL. Suivant une évolution assez courante on peut se demander si la PNL ne s’est pas réifiée et ne s’est pas progressivement enfermée dans un paradoxe étonnant: celui qui consiste à prendre la carte de ses modèles "classiques" pour le territoire. Les livres et formations PNL se résument le plus souvent à un ensemble de modèles et de techniques exposés comme s'ils étaient "la" vérité, comme si les croyances et les stratégies existaient vraiment, comme si nous construisions réellement des images dans notre esprit (visuel construit), comme si nous entendions une voix intérieure (Auditif interne),… Dès lors la carte PNL devient le territoire de notre expérience humaine et nous risquons de "rigidifier notre flexibilité". Sans remettre en cause l'efficacité de la plupart des modèles et techniques PNL, ce que propose la méta-PNL c'est de revenir à l'attitude de flexibilité caractéristique de la PNL et de générer un processus récursif qui consiste à appliquer la PNL à la PNL. On peut ainsi revenir au processus central qu'est la modélisation et se recentrer sur la fameuse attitude de flexibilité et de curiosité définie par Bandler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le terme méta indique que l'on se place à un niveau logique supérieur par rapport à la PNL. Il ne s'agit pas d'un jugement de valeur mais, plutôt de la notion de classe logique. Robert Dilts définit les niveaux logiques ainsi: « Dans la structure de notre cerveau, de notre langage et notre système perceptuel, il y a des niveaux ou hiérarchies naturelles d'expérience. L'effet de chaque niveau est d'organiser et contrôler l'information des niveaux inférieurs. Changer quelque chose à un niveau supérieur entraîne nécessairement des changements dans les niveaux inférieurs, alors qu'un changement à un niveau inférieur pourrait ne pas affecter les niveaux supérieurs »(Dilts, Epstein, Dilts 1991)&lt;br /&gt;Dès que nous créons des classifications ou des catégories, nous créons des niveaux logiques. Le chien qui traverse la rue n'est pas au même niveau logique que la classe des chiens. Lorsque nous parlons de notre conversation, nous créons une méta-communication qui a pour objet notre communication. Cette méta-communication se situe à un niveau logique différent de la communication proprement dite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Méta-PNL se situe donc à un niveau logique différent de celui de la PNL telle qu'appréhendée aujourd'hui. Elle aborde des aspects qui forment le cadre dans lequel la PNL évolue. Un des points centraux de la Méta-PNL est la création de modèles génératifs. La modélisation au sens large du mot est replacée au centre du débat. Ce processus relève d'une démarche créative et sans tabou dans un état d'esprit qui semble comparable à ce qu'ont pu vivre les créateurs de la PNL des premières heures.&lt;br /&gt;Il est intéressant de rappeler que John Grinder et Richard Bandler, les co-créateurs de la PNL ne disposaient pas de la PNL pour créer leurs modèles. Ils sont partis d'un travail d'observation. Leur bagage intellectuel et leur expérience leur a permis de développer des modèles qui sont devenus les références actuelles de la PNL. Remarquons en passant que Grinder et Bandler n'ont à proprement parler rien inventé ex nihilo. Ils ont combiné et assemblé des idées circulant à cette époque et ont ainsi générés des modèles opérants. Ces modèles de base sont le méta-modèle du langage, les stratégies, le Milton-modèle, les systèmes de représentation et les clés d'accès oculaires. Ils ont donc inventé ces modèles à partir d'informations, d'idées, de concepts, le tout émergeant d'un travail précis d'observation et d'imitation des comportements efficaces des thérapeutes d'exception que furent Fritz Perls, Virgina Satir et Milton Erickson. A partir de ces modèles, des techniques diverses ont été développées en assemblant et en réassemblant de toutes les manières les briques de base. Entre-temps d'autres modèles sont venus compléter les premiers. Citons en vrac les méta-programmes, les sous-modalités, le travail sur la ligne de temps. Les quelques nouveaux modèles réellement innovant ne sont que les exceptions qui confirment la règle (citons par exemple le modèle des niveaux neuro-logiques de Dilts devenu entre-temps un 'classique' ou des techniques de la ligne du temps et plus récemment les méta-états). Progressivement la PNL s'est enfermée dans un univers dominé par les modèles de base devenus les piliers d'un paradigme incontournable et incontesté recréant ainsi les limitations mêmes qu'elle se prétendait dénoncer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans de nombreux domaines des paradigmes sont définis qui sont des modèles explicatifs permettant de donner sens aux phénomènes observés. Ces modèles sont appliqués de plus en plus largement et progressivement on se rend compte que les modèles présentent des lacunes. De là découle une insatisfaction et des tensions naissent entre les défenseurs du paradigme en place et les voix qui s'élèvent pour dénoncer les faiblesses du paradigme. C'est en général à ce moment qu'une personne, dont le regard n'est pas encore déformé par le paradigme en cours, débarque. Il voit ce que les autres ne voient pas ou ne voient plus et propose un nouveau paradigme qui répond aux questions restées sans réponse. C'est le point de départ d'une révolution scientifique.&lt;br /&gt;On peut appliquer ce raisonnement à la PNL qui est née du regard innovateur et anticonformiste de ses deux co-créateurs. Ensuite des modèles et techniques d'intervention ont été développés pour répondre aux "résistances" qui rendaient les techniques antérieures inefficaces. Les modèles ont gagné en complexité pour n'avoir pas orienté le débat sur les questions-clés. Les modèles dits 'classiques' ont engendré une certaine raideur de la PNL. Les techniques et modèles de base sont réifiées et les praticiens PNL manquant d'expérience sont tentés de se limiter à décoder l'expérience humaine uniquement au travers des grilles PNL et d'oublier la citation que l'on attribue à Maslow qui dit: "Si pour seul outil je n'ai qu'un marteau, tous les problèmes ressembleront à des clous".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est fort heureusement des praticiens flexibles et créatifs. Beaucoup de formateurs ont conservé les qualités inhérentes à l'attitude PNL. Il est également vrai que beaucoup de modèles et techniques sont efficaces et qu'une pratique correcte amène une souplesse d'esprit tout à fait remarquable. Dès lors plutôt que jeter le bébé avec l'eau du bain et de rejeter d'une manière simpliste l'ensemble de l'acquis actuel du domaine de la PNL ou de réinventer l'eau chaude, Christian Vanhenten propose avec la démarche de la Méta-PNL de remettre à l'avant plan l'attitude PNL plutôt que ses techniques.&lt;br /&gt;La PNL offre des outils, des grilles extraordinaires; abordons les sous l'angle de la Méta-PNL et élargissons notre regard dans toutes les directions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une première direction est celle des modèles proprement dits. Grinder déclarait:&lt;br /&gt;« Créez votre propre code! Jetez les vieux modèles ou du moins trouvez de nouvelles manières de décrire les vieux schémas (patterns) pour les rendre plus transportables, plus faciles à apprendre…Réaliser les mêmes objectifs mais plus simplement qu'auparavant. Trouver les similarités des anciens modèles (codes) - quelles variables se cachent derrière les schémas (patterns). Quelles variables rencontrez-vous systématiquement ? Demandez-vous: comment puis-je faire la même chose autrement ? »&lt;br /&gt;Beaucoup de techniques actuelles de la PNL sont des assemblages de modèles plus anciens. De nouveaux modèles sont développés qui sont de plus en plus complexes ou de plus en plus spécialisés. La quantité de modèles et de techniques augmente à mesure que le nombre de praticiens-développeurs augmente mais les modèles réellement innovateurs sont rares. On peut comparer cette situation au développement de certains jouets, et notamment des très célèbres blocs de construction de la firme Lego qui au début proposait des blocs simples de multiples couleurs et de tailles différentes. Les enfants pouvaient construire et élaborer des montages grâce à leur imagination et leur ingéniosité. Puis Lego a proposé des boîtes de jeu de plus en plus élaborées et de plus spécialisées. Les pièces devenaient spécifiques et n'étaient plus universelles. Telle boîte permet de construire des vaisseaux spatiaux, telle autre des maisons, telle autre représente des animaux ou des objets spécifiques tels que des tasses, du mobilier, etc. Le développement a continué dans ce sens et actuellement la firme danoise commercialise des boîtes de robotique qui ne sont carrément plus à la portée des plus jeunes. La PNL a en quelque sorte suivi une voie équivalente. (note Lego est une marque déposée de Lego Group)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième direction est la modélisation.&lt;br /&gt;On sait peu de choses des travaux de recherche qui ont mené Bandler et Grinder à définir les premiers modèles de la PNL. La rencontre de Bandler et Grinder s’est faite dans une conjonction d’éléments favorables : un contexte contestataire, un jeune étudiant doué pour l’imitation donnant des formation à la Gestalt, un jeune professeur en linguistique maîtrisant la grammaire transformationnelle de Chomsky le tout dans un climat où toutes les audaces sont permises. Des séances d’expérimentation durant lesquelles des modèles sont testés par des étudiants, la rencontre de personnalités hors du commun tels que Gregory Bateson, Virginia Satir ou Milton H. Erickson sont le terrain fertile de l’éclosion de la PNL. Les 4 premiers livres des co-créateurs sont les marques de cette période extraordinaire. Ils montrent clairement que les premiers travaux n’étaient qu’une tentative d’étendre les concepts de la grammaire transformationnelle au champ de la thérapie en partant de la notion centrale de modèle du monde que nous créons pour interagir avec notre environnement. A partir de nos expériences que nous percevons sensoriellement, nous créons nos modèles du monde en faisant appel à trois processus linguistique : l’omission, la distorsion et la généralisation. Le premier modèle qui est développé dans le premier livre (Structure of Magic I) est le méta-modèle du langage pour la thérapie. Il permet de démonter nos modèles du monde en partant de sa structure de surface composée du langage verbal (qui sera dans le tome 2 étendu au non verbal) pour mettre en évidence la structure profonde qui est notre représentation plus ou moins consciente de tout ou partie de notre expérience (ou structure de référence). La manière d’aborder la pratique thérapeutique est essentiellement basée sur une observation attentive (la calibration) du sujet. Partant de cette observation attentive tant sur le plan verbal que non verbal, le thérapeute peut distinguer ce qui est particulier à l’individu et l’intervention sera focalisée sur ces informations plutôt que sur un modèle d’intervention-type qui serait connue a priori par le thérapeute. Partant du principe que les processus de généralisation, distorsion et omission tendent à appauvrir notre modèle du monde, l’intervention consistera donc à fragiliser ce modèle pour ensuite l’enrichir de nouvelles perspectives qui nous permet d’avoir plus de choix.&lt;br /&gt;Ces premiers développements seront développés en appliquant les principes de la systémique et notamment la notion de rétroaction matérialisée par la boucle composée de l’expression du langage verbal et non verbal du sujet, de la calibration par le thérapeute, de son intervention, de l’impact de celle-ci sur le sujet qui donne lieu à une nouvelle expression verbale et non verbale et ainsi de suite jusqu’à atteindre l’objectif thérapeutique fixé.&lt;br /&gt;Il s’en est suivi une autre période de développement marquée par des personnalités telles que David Gordon, Robert Dilts, Leslie Cameron-Bandler, Judith Delozier qui a vu la PNL trouver son acronyme et s’enrichir de nouveaux modèles. Progressivement pourtant la dimension business a pris le pas sur la dimension scientifique et les procès entre les deux co-créateurs sont autant de confirmation de la fin du premier âge de la PNL.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La troisième direction est l'ouverture d'esprit La PNL se limite trop à son champ de connaissance actuel. Le développement des sciences cognitives et des techniques corporelles offrent un champ immense de nouveaux développements. La Méta-PNL permet d'adopter une position méta par rapport à la PNL et d'englober dans notre espace de perception les autres approches et courants de pensée. Notons également l'intérêt d'approfondir les paradigmes déjà adoptés par la PNL mais qui méritent d'être approfondis. C'est entre autre ce qu'à fait Michaël Hall avec la sémantique générale de Korzybski.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre direction est l'attitude Cette attitude est sans doute la clé de voûte de la Méta-PNL. Elle est déjà adoptée par ceux qui vivent une PNL ouverte, flexible et ont intégré ses principes dans leur comportement au quotidien. Cette attitude devient avec la Méta-PNL une philosophie, un art de vivre un méta-regard sur notre carte du monde. Construire notre réseau de connaissances de manière souple et dans un processus récursif c'est-à-dire appliquer les modèles sur les modèles, réexaminer les présupposés à la lumière des présupposés et développer ainsi un processus mental dynamique seul a même d'appréhender la complexité. La PNL actuelle manque de congruence quand elle prétend avec des outils rigides nous apprendre à développer notre souplesse. La Méta-PNL veut tendre vers un apprentissage de niveau 3.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Communauté de praticiens [modifier]&lt;br /&gt;Enfin (et la liste n'est pas exhaustive) une direction non moins intéressante consiste à agir pour sortir la communauté PNL de son train-train. Formateurs, développeurs maîtres et praticiens forment une communauté dont les rôles se figent de plus en plus. Le système tend à devenir une pyramide alimentée par les personnes extérieures qui "entrent en PNL" et viennent grossir les rangs des potentiels clients de séminaires. Ensuite viennent la cohorte des initiés, des praticiens, puis les maîtres-praticiens. Au sommet de cette pyramide on trouve les formateurs qui vivent de la certification et parmi ceux-ci une poignée de développeurs qui évoluent dans un climat hautement concurrentiel et jouent des coudes pour imposer leurs modèles et vision de la PNL.&lt;br /&gt;La Méta-PNL a pour ambition de faire de chaque méta praticien un praticien et un créateur. Pour ce faire la communauté PNL pourrait s'inspirer de la dynamique de l'Internet et encourager la circulation d'information. De la même manière que la notion d'open source a permis aux développeurs de contribuer au développement d'un logiciel tels que Linux qui a réussi à ébranler le monopole du géant Microsoft, la Méta-PNL propose de construire une communauté de praticiens-développeurs qui vivent la PNL de manière dynamique et ouverte. Pour ce faire, il est indispensable de contribuer à une circulation maximale de l'information et des modèles et techniques développés. Le principe du copyleft développé par Richard Stallman semble être un moyen tout à fait adéquat pour favoriser la circulation des modèles tout en respectant aux auteurs la paternité de leurs développements. Le terme "copyleft" a été créé sur base d'un habile jeu de mot avec le terme "copyright". Conçu au départ pour les logiciels informatiques il s'étend progressivement à d'autres domaines. Un modèle développé et protégé par une convention de copyleft reconnaît à son auteur la paternité de sa création et autorise la circulation du modèle moyennant l'obligation de mentionner l'auteur. La personne qui entre en possession d'un modèle protégé par un copyleft s'engage à ne pas empêcher la circulation du modèle. Le modèle peut être modifié ou amélioré et dans ce cas le nom des auteurs des modifications est ajouté au nom du premier auteur et le modèle dérivé ainsi créé doit être placé sous la protection copyleft. Le modèle protégé par le copyleft est un modèle libre c'est-à-dire un modèle que l'on ne peut empêcher de circuler. Mais libre ne veut pas dire gratuit. La formation à un modèle, la publication d'un livre ou de cassettes videos ou audios peuvent donner lieu à paiement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On le voit, les pistes sont nombreuses et peuvent toutes donner lieu à un développement créatif d'une PNL qui trouvera une nouvelle dynamique de réseau souple et ouvert pour une diffusion beaucoup plus large en tant que démarche de communication et de développement personnel ou en tant que terreau fertile à la création de techniques efficaces dans tous les domaines d'application.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-1875600860193590146?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/1875600860193590146/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=1875600860193590146' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/1875600860193590146'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/1875600860193590146'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/mta-pnl-ou-une-mta-pratique.html' title='Méta-PNL ou une Méta-pratique.'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-2655931966414492384</id><published>2008-04-09T01:10:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:12:29.084+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Les mutants sont parmi nous!</title><content type='html'>&lt;i&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;Marc Halévy&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Quoiqu'il en soit, les mutants sont déjà parmi nous. Des enquêtes récentes montrent que 25% des adultes en Europe et aux USA ont déjà renoncé à l'ancien paradigme. Ils seront majoritaires avant 2015.&lt;br /&gt;Ils ont déjà largement dépassé les modes de vie basés sur la consommation, sur la non-écologie, sur l'assistanat et les institutions. Ils ont déjà réinventé l'école hors des écoles et la santé loin des officines. Ils vivent sans télévision, loin des villes et de leurs spectacles vides et de leurs mondanités stériles.&lt;br /&gt;Ils cultivent la simple et frugale joie de vivre leur vie, ici-et-maintenant. Ils respectent la vie sous toutes ses formes. Ils réenchantent le monde et ils resacralisent le réel en s'en émerveillant.&lt;br /&gt;Ils ne comprennent déjà plus la bêtise et la violence, l'orgueil et l'ego, le paraître et la possession.&lt;br /&gt;Ils sont déjà d'un autre monde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-2655931966414492384?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/2655931966414492384/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=2655931966414492384' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2655931966414492384'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2655931966414492384'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/les-mutants-sont-parmi-nous.html' title='Les mutants sont parmi nous!'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-8418232130631905073</id><published>2008-04-09T01:08:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:10:26.607+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Les "Créatifs Culturels"</title><content type='html'>&lt;span&gt;&lt;strong&gt;Marc Halévy 14/12/2002&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Depuis toujours, nativement, l'homme, parce qu'il est animal pensant et conscient, cherche à donner un Sens à l'existence et au monde, à la souffrance et à la mort, à la peur et à l'amour, ne serait-ce que pour survivre un peu moins mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Occident mais ailleurs autant, en ce début de troisième millénaire, se ferment les voies qui avaient forgé toute la Modernité : on sait aujourd'hui que ces voies étaient des impasses puisque nous avons atteint leur cul-de-sac.&lt;br /&gt;Ni les sciences dures ou molles et leurs filles techniciennes, ni les religions instituées et leurs chapelles dogmatiques, ni les idéologies et leurs politiques partisanes ne pourront donner à l'homme de demain le Sens dont il a besoin.&lt;br /&gt;Toutes ces malheureuses tentatives de réponse à sa quête effrénée et immémoriale, lui venaient de l'extérieur et en épuisaient les possibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait à présent qu'il n'y a pas d'ordre mécaniste et déterministe qui puisse libérer l'homme de la responsabilité de son destin. Les sciences ne répondent à aucun "pourquoi" fondamental et "les paradis artificiels" de la technique ne sont que d'amers ersatz, des gadgets hédonistes qui euphorisent parfois mais n'illusionnent plus guère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait à présent qu'il n'y a pas d'ordre transcendant et immuable qui puisse sauver l'homme dans un "autre monde" résolument distinct de ce monde-ci. Si un Dieu personnel existe, il est soit résolument imparfait, souffrant et ignorant des choses de ce monde, soit définitivement sadique, cruel et psychopathe. Les religions instituées ne sont plus que les momies, les fossiles dogmatiques et archaïques de traditions spirituelles oubliées ou perdues. L'immense succès, parfois baroque, des spiritualités extrême-orientales en est la meilleure preuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait à présent qu'il n'y a pas d'ordre éthique ou politique absolus, quelque louables soient la très occidentale tentative de "Déclaration des Droits de l'Homme" et les très fallacieuses illusions qui se cachent derrière les mots "Démocratie" et "Justice". Toutes les idéologies, qu'elles soient totalitaires ou socialo-libérales, sont mortes ou moribondes pour avoir cru pouvoir dissoudre les individus dans le moule absurde du citoyen. Le monde découvre que la société est un mal (provisoirement encore un peu) nécessaire sur le chemin de l'accomplissement de l'individu humain libre et responsable de soi. On découvre enfin que l'homme n'est pas un animal social. Tous les régimes qui ont tenté de le faire croire, n'ont semé que mort et souffrance, chez eux ou chez les autres, par la violence ou par la misère, par la guerre ou par l'argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Force est d'en conclure qu'il serait vain de chercher encore sur les chemins de l'extériorité les nutriments de la quête du Sens. Rien ne viendra du dehors, ni de la Science, ni de Dieu, ni de l'Etat.&lt;br /&gt;S'il y a un Sens, c'est en chacun qu'il est et nulle part ailleurs, et pas forcément le même pour tous (au diable, donc, les illusions normatives égalitaires).&lt;br /&gt;Ce troisième millénaire qui débute, a été prédit religieux ou spirituel par Malraux ou par d'autres. Dont acte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des enquêtes récentes (notamment celles que Paul Ray du "Institute of Noetic Sciences" de Sausalito, a faites aux USA, mais aussi en Europe à la demande de la Commission Européenne) montrent qu'un tiers, au moins, de nos contemporains américains et européens, n'est "ni à gauche, ni à droite, mais en-avant".&lt;br /&gt;Cette mouvance, appelée par les sociologues américains les "créatifs culturels", est passée de l'autre côté, a changé de paradigme, a abandonné définitivement les repères et valeurs cartésiens matérialistes, pour reconstruire un nouveau paradigme, clairement holistique, qui rend sa place à l'intériorité, à la spiritualité, à la frugalité, à la simplicité, à l'écologie (loin de tout écologisme idéologique), à la créativité, à la fraternité, à la qualité de vie, à la sensibilité, à la bonne santé, etc …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas d'une nouvelle utopie sociale ou politique puisque cela n'implique que la personne elle-même qui s'engage librement sur ses propres chemins intérieurs, hors de toute société et de toute politique.&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas d'institutionnaliser de nouvelles normes de vie sociale puisqu'il s'agit de vivre pleinement et librement au-delà (et non contre) toute norme sociale.&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas de "secte" puisqu'il revient à chacun de parcourir son propre chemin spirituel personnel, unique et incommunicable, au-delà de toutes les religions et sectes : se créer son propre Dieu pour que ce Dieu nous crée.&lt;br /&gt;Bref, il ne s'agit pas de combattre les Sciences, les Religions ou les Etats, mais de les dépasser puisque l'essentiel, le Sens, est clairement au-delà d'eux.&lt;br /&gt;Les siècles passés l'ont suffisamment démontré, les révolutions ne font que remplacé une tyrannie ancienne par une nouvelle tyrannie.&lt;br /&gt;On ne peut donc parler ici de "révolution en marche".&lt;br /&gt;Il s'agit plutôt d'un changement de priorité.&lt;br /&gt;La Science, la Religion ou l'Etat naguère centraux, maîtres et pilotes de toutes les vies individuelles, se retrouvent désormais peu à peu marginalisés, à la périphérie lointaine de nos vies personnelles, avec aussi peu d'impact ou d'importance qu'une carte de crédit ou qu'une police d'assurance certes utiles mais guère passionnantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis peu, pour beaucoup, l'essentiel est ailleurs !&lt;br /&gt;Voilà qui peut rendre un peu optimiste quant à la survie du genre humain sur cette Terre. Car, comme pour les dinosaures, ne pas évoluer, c'est se condamner à disparaître.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-8418232130631905073?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/8418232130631905073/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=8418232130631905073' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/8418232130631905073'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/8418232130631905073'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/les-cratifs-culturels.html' title='Les &quot;Créatifs Culturels&quot;'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-6640594203748532734</id><published>2008-04-09T01:05:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:07:42.747+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Internet, catalyseur d'un changement de paradigme</title><content type='html'>&lt;i&gt;&lt;span&gt;t&lt;/span&gt;&lt;span&gt;iré du livre de Michael Strangelove, How to Advertise on the Internet, Chapter 22, pp. 205-211.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;Introduction&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Le réseau Internet, dont la taille double chaque année, a eu l'effet d'une bombe dans la culture populaire. Depuis l'avènement de l'ordinateur personnel il y a plus d'une décennie, aucune nouvelle technologie n'avait provoqué une fascination aussi intense et prolongée dans les médias. C'est la première technologie de ce type qui se mérite un auditoire mondial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que les milieux d'affaires ont désespérément besoin d'apprendre à propos d'Internet, ce n'est pas d'abord comment s'en servir, mais plutôt comment le comprendre. Quelle est la nature véritable d'Internet? Pour monter une campagne efficace de publicité et de commercialisation, il faudra d'abord bien comprendre Internet et ce que sa nature implique. Internet est à la fois une technologie, une culture et un outil. Il faut comprendre chacun de ces aspects pour bien saisir la nature d'Internet et sa place dans l'espace cybernétique.&lt;br /&gt;La technologie d'Internet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La technologie d'Internet repose sur des systèmes ouverts et décentralisés. Comme son nom l'indique, un système décentralisé est un système qui n'est pas centralisé dans un endroit précis; en outre, un système ouvert signifie que les codes de fonctionnement ne sont pas secrets ou brevetés. Chacun peut contribuer à la conception et à l'expansion du réseau global.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'une des grandes ironies de l'histoire est qu'Internet a été créé à partir d'un plan digne du docteur Folamour, pour créer un système de communications qui survivrait à l'holocauste nucléaire. Conçu au départ pour servir de système de communications à l'élite du complexe militaro-industriel qui survivrait à la bombe, ce réseau a donné naissance à un genre de mutant, une cyberculture subversive et néo-démocratique (en fait, anarchiste). Le caractère unique de la technologie d'Internet lui confère une nature fondamentalement subversive. Dans ses vingt-cinq dernières années de croissance, Internet a fait la preuve qu'il échappe à la privatisation, à la centralisation ou au contrôle. Cette situation est en opposition complète avec la dynamique historique du capitalisme et du commerce. L'architecture technologique originale d'Internet a produit une force culturelle singulière à contre-courant du discours économique contemporain.&lt;br /&gt;Génétique de la culture d'Internet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe un lien de type génétique entre la technologie de base d'Internet et les grandes caractéristiques de sa culture. L'arrivée d'une nouvelle technologie dans une société s'accompagne toujours d'un impact systémique latent, à la manière dont nos gènes déterminent en grande partie notre nature. Lorsqu'une technologie radicalement différente, comme Internet, devient suffisamment répandue, elle a un effet aussi radical sur les structures sociales, économiques et politiques des cultures touchées. À mesure que les cultures intègrent Internet dans leurs structures sociales, elles adoptent graduellement ses caractéristiques systémiques. Voici un survol des changements systémiques possibles qu'Internet peut amener dans les structures sociales en contact avec l'espace cybernétique.&lt;br /&gt;Nouveau paradigme de production et de distribution Culture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La principale contribution historique du capitalisme n'est pas d'ordre économique, mais plutôt d'ordre social. Le capitalisme a réussi à définir la durée et le lieu de travail de chaque travailleur, avec un degré de précision inégalé dans l'histoire culturelle de l'humanité. Le capitalisme occupe une place unique dans l'histoire, par sa capacité d'imposer à des centaines de millions de gens les exigences spatiales et temporelles d'entreprises privées manufacturières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'avènement des usines dans l'ère industrielle a provoqué la centralisation graduelle des moyens de production. Cette évolution a déplacé des millions de personnes de la campagne vers la ville et transformé la perception du temps, qui est passée du cycle des saisons à la cadence des secondes. Le capitalisme manufacturier a permis à l'élite d'obtenir un contrôle ferme des moyens de production (les usines) et de distribution (navires, avions, trains, automobiles). Cette même élite a ensuite fait appel à l'État pour s'assurer que toutes les ressources naturelles ne soient plus du ressort public, mais soient confiées à la gestion de l'industrie privée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au seuil d'un nouveau millénaire, un nouveau paradigme émerge, celui de l'ère de l'information, numérique et branchée, qui commence à miner les liens structurels du capitalisme manufacturier. Dans l'ère de l'information, les économies dépendent de moins en moins de la fabrication centralisée, pour se tourner vers la création, le traitement et la diffusion de l'information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le capitalisme occidental, l'information est devenue la denrée principale et l'ère de l'information est maintenant une réalité. Cette transformation économique se déroule en parallèle avec l'évolution structurelle de la nature de l'information. Dans l'ancienne économie, l'information était consignée sur papier, centralisée et isolée. Dans la nouvelle économie, l'information est numérique, branchée (en réseau) et décentralisée (répartie).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ici que se trouve le point crucial. Le paradigme économique en voie de disparition repose sur la propriété, par l'élite, à la fois des moyens de production et des moyens de distribution. À l'opposé, le paradigme naissant de l'ère de l'information numérique et branchée enlève les moyens de production centralisés à l'élite pour les confier directement au travailleur intellectuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette ère de l'information, le moyen de production principal n'est plus l'usine, mais plutôt un esprit créatif et indépendant jumelé à un ordinateur de 1 000 dollars (le système de stockage et de traitement de l'information). Mais comment le travailleur intellectuel pourra-t-il mettre en marché ses produits basés sur la connaissance sans être sous la coupe d'un ou de plusieurs intermédiaires?&lt;br /&gt;L'économie de l'autoroute de l'information&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dilemme du travailleur intellectuel qui veut lancer ses produits sur le marché ne sera pas résolu par l'autoroute de l'information qu'on nous annonce. L'autoroute de l'information sera construite, possédée et contrôlée par un consortium de géants des télécommunications et du divertissement. L'accès à cette infrastructure privée sera aussi contrôlé, bureaucratique et dispendieux que l'accès actuel à la télévision grand public. Malgré les messages rassurants des leaders politiques et industriels, l'autoroute de l'information n'offrira pas un accès égal aux fournisseurs de contenu. Elle ne servira qu'à renforcer les monopoles et les modèles économiques actuels. C'est une certitude, tout comme c'est une certitude que le fondement technologique de l'autoroute de l'information sera constitué d'une architecture en propriété exclusive. Ces facteurs garantissent que l'autoroute de l'information, par sa structure même, ne pourra pas permettre un changement du paradigme économique.&lt;br /&gt;L'économie d'Internet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'ère de l'information n'avait pas également produit un moyen de distribution aussi nouveau, le travailleur intellectuel serait encore soumis à ceux qui contrôlent les canaux de distribution. Tant qu'il y a un intermédiaire entre le marché et les produits et les connaissances du travailleur, ce dernier ne retire que des avantages marginaux de son travail. Ce n'est toutefois plus le cas depuis l'avènement récent des réseaux numériques mondiaux. Dans un monde branché, le travailleur intellectuel peut devenir un distributeur indépendant de produits basés sur la connaissance, dans une économie de l'information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contrairement à l'autoroute de l'information, Internet démocratise l'accès au marché mondial et aplanit les difficultés de l'accès international. Dans le nouveau paradigme d'un monde de l'information numérique et branché, Internet offre à chacun un moyen de distribution qui rejoint trente millions de consommateurs aujourd'hui, un demi-milliard au tournant du siècle, et ce, à un coût risible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet n'aurait aucune importance dans l'ancien paradigme économique, parce qu'il ne permet pas de distribuer efficacement les produits et les services. Toutefois, la nouvelle économie de l'information bouleverse la dynamique temporelle et spatiale des systèmes monopolistiques et élitistes de production et de distribution. À l'aube du nouveau millénaire, le capitalisme aura perdu sa principale force de contrôle social.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travailleur intellectuel n'est plus assujetti au choix de temps et de lieu dicté par le propriétaire d'usine. Il échappe aussi maintenant aux monopoles de production et de distribution. Nous assistons au début d'un exode massif, alors que les entrepreneurs quittent l'univers corporatif pour l'espace cybernétique.&lt;br /&gt;Une nouvelle forme de communication de masse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La technologie ouverte et décentralisée d'Internet a donné naissance, de manière tout à fait fortuite, à une forme entièrement nouvelle de communication humaine et de participation de masse, par un médium bidirectionnel qui ne connaît aucune censure. On mentionne souvent la nouvelle culture d'Internet. Cette nouvelle culture a vu le jour parce que la communication est le fondement d'une culture. Une nouvelle forme de communication crée un nouveau paradigme culturel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet est une nouvelle forme de communication de masse. La communication de masse, elle-même un phénomène relativement récent, a toujours reposé sur le contrôle des communications visant des auditoires passifs. Ceux-ci n'ont jamais pu apporter de contribution notable au contenu des communications ou exercer un contrôle quelconque à cet égard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet a transformé à tout jamais ces caractéristiques des communications de masse. Sur Internet, des quantités phénoménales de gens échangent de l'information. L'invention de la presse à imprimer par Gutenberg a rendu la communication de masse possible pour le nombre très restreint de gens qui avaient les moyens de se procurer une presse à imprimer, mais Internet permet à quiconque possède un ordinateur, un modem et une ligne téléphonique de lancer une maison d'édition, un poste de radio et même, bientôt, un studio de télévision. C'est la révolution qui succède à celle de Gutenberg. C'est la nouvelle économie de l'information.&lt;br /&gt;La démocratisation de la communication&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grande évolution économique et sociale que l'on constate dans l'espace cybernétique est celle de la démocratisation des communications de masse. La communication est non seulement bidirectionnelle, réunissant le fournisseur de contenu (multidestination) et son auditoire, elle est aussi soustraite à la censure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur Internet, chacun est libre de dire ce qu'il veut, dans le contexte très large des lois sur le libelle diffamatoire, de l'autocensure et des critères d'une collectivité libérale. La seule restriction insurmontable à la liberté d'expression dans l'espace cybernétique est qu'une conversation doit respecter le thème défini d'une conférence en direct. Chacun peut dire ce qu'il veut, mais il doit le dire dans le forum désigné pour le thème choisi. Cette restriction n'enlève pas à Internet son importance à titre de premier forum de communication de masse libre de toute censure et son rôle de dernier bastion de la liberté d'expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout au long de l'histoire, l'élite dirigeante a exercé un strict contrôle de la communication de masse. Dans l'Antiquité, la foule était perçue comme un danger par l'élite dirigeante et elle était rapidement dispersée (habituellement par la force). À l'époque moderne, toutes les formes de communication de masse ont été assujetties soit à la propriété directe du gouvernement, soit au contrôle indirect, à la manipulation ou à la censure par l'entremise d'organes de réglementation comme le CRTC ou la FCC, avec une forme supplémentaire de contrôle indirect découlant de la commandite corporative des médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La communication de masse est l'une des plus grandes forces jamais créées. C'est pourquoi son contrôle a toujours été le privilège de l'élite. Ce lien a pris naissance avec l'invention de la presse de Gutenberg. Dès que les rois de la dynastie Tudor ont constaté le pouvoir latent de l'imprimé, ils ont immédiatement imposé la censure et le contrôle de l'impression de masse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La technologie d'Internet lui a permis de devenir une ressource publique qui échappe à la dynamique capitalistique de la privatisation, et de devenir aussi un média de masse qui échappe à la censure des barons contemporains de la presse écrite et électronique. Sur Internet, on peut aujourd'hui avoir accès légalement à de l'information interdite dans de nombreux pays, Canada et États-Unis compris. Qu'il s'agisse du guide du terroriste, d'information frappée d'interdit de publication par les tribunaux, d'articles censurés ou d'instructions détaillées pour la culture ou la fabrication de drogues illégales, on peut trouver tout cela sur Internet. Personne ne peut vous empêcher de trouver ce genre d'information, de la récupérer et de la lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet permet actuellement d'obtenir de l'information qui est quotidiennement bloquée par nos censeurs et nos douaniers. Pour moins de 1 000 dollars de matériel et de logiciels, on peut lancer sur Internet un poste de radio qui n'est pas assujetti à la réglementation du CRTC ou de la FCC. Le nouveau paradigme de l'espace cybernétique fait éclater toutes les vieilles catégories de nos institutions périmées et agonisantes. Internet se rit des structures bureaucratiques traditionnelles et des relations hiérarchiques du pouvoir. L'espace cybernétique s'avère une ressource qui échappe à la « gestionnite » du gouvernement ou de l'élite corporative.&lt;br /&gt;La libération du contenu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans ce domaine que l'on peut percevoir le conflit entre la nature d'Internet et celle de la publicité (comme elle se pratique habituellement). Internet libère l'auditoire du contrôle exercé par les fournisseurs étatiques et corporatifs sur le contenu. Dans l'espace cybernétique, la relation fondamentale entre la programmation, le contenu et la publicité n'existe pas. Jusqu'à maintenant, Internet est la première forme de communication de masse à se développer sans la commandite des publicitaires. Dans l'espace cybernétique, c'est le contenu qui a une importance suprême et il n'est pas contrôlé. Le défi des milieux d'affaires est de s'adapter à ce nouveau médium et au paradigme qui en émane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La publicité continuera d'exister dans l'espace cybernétique, mais elle ne pourra plus exercer sur le contenu le contrôle qui lui était acquis dans d'autres contextes. Les difficultés actuelles des publicitaires sur Internet découlent principalement de leur lenteur à prendre conscience de la nature de la collectivité virtuelle, laquelle, et non plus les milieux d'affaires ou les gouvernements, a le dernier mot dans cet environnement bidirectionnel et libre de censure.&lt;br /&gt;La véritable nature de la publicité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pouvoir, la publicité et Internet sont liés de façon inextricable. La publicité classique ne se limite pas à payer pour diffuser un message. On oublie souvent que la publicité sert à exclure certains messages des médias. La publicité est une industrie de plusieurs milliards de dollars qui finance toutes les formes importantes de communication de masse, ce qui lui confère un grand pouvoir. Sans l'ombre d'un doute, la dépendance financière découlant du lien entre la publicité et un média exerce une forme de contrôle sur le contenu global de celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'industrie de la publicité a toujours nié cette influence sur le contenu et la plupart des éditeurs nient également que les commanditaires puissent influencer le contenu éditorial. La négation constante de ce lien incestueux évoque la situation des cadres de l'industrie du tabac, qui tentent de convaincre des commissions gouvernementales que la cigarette n'est pas nuisible pour la santé. Pourtant, les études des trente dernières années sur les communications ont amplement démontré que les médias sont influencés par leurs grands commanditaires et leurs préjugés. Ces mythes de non-ingérence sont nécessaires pour susciter la confiance et maintenir l'apparence de la légitimité.&lt;br /&gt;Les bénéfices à tirer de l'anarchie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'explosion des connaissances et des nouvelles technologies est sur le point de faire éclater en mille fragments l'industrie de la publicité. Les grandes théories générales ne dominent plus l'industrie entière. Les grandes lois, théories ou techniques ne garantissent plus le succès commercial. Le marché postmoderne a détruit toutes les catégories classiques de Madison Avenue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le contexte anarchique de l'espace cybernétique n'est pas entièrement négatif pour l'entreprise traditionnelle. Internet est un outil qui présente des possibilités inégalées de publicité efficace. Internet donne accès à des micro-clientèles pour la commercialisation verticale de produits très spécialisés, et ce, d'une manière économique qui était auparavant inexistante pour les fabricants, les détaillants ou les fournisseurs de services. L'un des effets de l'intégration d'Internet et des milieux d'affaires sera la croissance rapide des ventes de produits à faible volume, commercialisés efficacement auprès de petits groupes de consommateurs répartis partout dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prenons l'exemple du ciblage précis de la clientèle dans l'industrie des magazines, caractérisée par son aptitude à offrir aux publicitaires des groupes présentant une communauté d'intérêts; en multipliant ce ciblage à l'infini, on peut esquisser l'avenir d'Internet, c'est-à-dire la possibilité, pour les milieux d'affaires, de rejoindre à coût raisonnable une foule de créneaux particuliers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet est le nouvel outil le plus important pour l'entreprise, en particulier celles de petite et moyenne taille. Ce qui rend Internet tellement puissant pour l'entrepreneur et la petite entreprise, c'est qu'il offre la possibilité de communiquer avec un auditoire mondial qui compte déjà des dizaines de millions de personnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant qu'Internet ne s'intègre à l'imaginaire collectif, la plupart des petites entreprises avaient seulement accès au marché local. Les coûts de publicité demandés par les médias classiques restreignaient manifestement la croissance possible de la plupart des entreprises locales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aptitude d'Internet à faciliter à faible coût la communication mondiale, un précédent dans l'histoire, aura un effet généralisé sur la nature des économies nationales et internationales. Il n'y a qu'à songer à la nature élitiste du comportement économique des multinationales ces trente dernières années, pour transposer ce pouvoir à toutes les petites entreprises, et l'on constate que l'espace cybernétique permet la démocratisation du marché mondial. C'est en cela qu'Internet apporte un changement du paradigme économique. Aucune entreprise n'a encore maîtrisé Internet à titre d'outil de publicité et de commercialisation, mais il ne faudra pas se surprendre des changements qui surviendront lorsque le paradigme actuel cédera sa place à l'ère de l'information numérique et branchée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-6640594203748532734?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/6640594203748532734/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=6640594203748532734' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/6640594203748532734'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/6640594203748532734'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/internet-catalyseur-dun-changement-de.html' title='Internet, catalyseur d&apos;un changement de paradigme'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-428050025091620891</id><published>2008-04-09T01:02:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:04:48.506+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Vivre ensemble sans autrui</title><content type='html'>&lt;span&gt;&lt;i&gt;Colloque "A tout Psy, quelles limites ?", Epinal le 11 octobre 2007&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Lebrun - 13/02/2008&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Pour entamer ce propos, je voudrai vous proposer une phrase de Marcel Gauchet dont je trouve qu'elle rend bien compte du monde dans lequel nous vivons. En tout cas, c'est comme cela que je vais articuler mon propos : "Nous jouissons désormais d'une liberté inégalée de nous gouverner nous-mêmes, chacun dans notre coin et pour notre compte. Mais l'horizon du gouvernement en commun lui, s'est évanoui. L'idée d'une prise d'ensemble sur l'organisation de notre monde n'a plus ni support, ni instrument, ni relais. Nous ne pouvons plus guère imaginer l'action historique que comme la résultante d'une myriade d'initiatives dispersées, toutes légitimes et toutes fermement décidées à ne rien céder sur leur indépendance".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une liberté inégalée de nous gouverner nous-mêmes"... Je ne sais pas si vous percevez l'évolution qu'il y a eue depuis des siècles mais ce n'est que depuis deux, trois siècles que l'on accepte de penser qu'il y a une dialectique entre le collectif et le singulier ; je veux dire par là que dans la société grecque, la société romaine, la société moyenâgeuse, jusqu'à la modernité, il n'était pas question que vous soyez en dehors de la place qui vous était prescrite, un point c'est tout. Bien sûr certains ont transgressé, mais la place était donnée à l'avance et était toujours entièrement tributaire de ce qu'elle devait pour assurer le fonctionnement du collectif. Autrement dit, le collectif prime, a toujours primé sur l'individu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous voyez du coup que notre société d'aujourd'hui, néolibérale, dont on pourrait dire que le slogan serait "tous égos !". Dans ce contexte-là, repérez que nous sommes sur une impasse, voire même sur une véritable aporie, car qu'est ce qui se passe lorsque l'orientation du collectif c'est de laisser et de promouvoir uniquement l'individu. Il y a là une difficulté majeure, parce qu'à ce moment-là c'est toute l'articulation du collectif et du singulier qui de fait est menacée. Autrement dit, qu'est-ce qui se passe lorsqu'un discours social ne prend plus sur lui cette prévalence d'assurer la prévalence du collectif ? Vous savez par exemple qu'on vise de moins en moins d'état, je ne vais pas développer tout ça, j'imagine que vous voyez très bien ce que je veux dire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hé bien cela a des conséquences que je voudrais un petit peu développer : une société qui se présente comme telle, dévisibilise, ne rend plus du tout perceptible que la condition humaine suppose bien la nécessité de perdre ce qu'il faut penser comme une jouissance qui serait totale. Hier c'était la perte du paradis, hé bien nous n'y sommes plus, ça n'a jamais été le lot de la condition humaine, l'entière satisfaction n'est pas au programme, même si l'ensemble de notre discours social laisse entendre que si vous n'avez pas trouvé aujourd'hui l'objet de satisfaction qui va vous permettre de vous satisfaire entièrement, c'est parce qu'on ne l'a pas encore mis au point. Tout est fait pour vous donner l'illusion, l'espoir, qu'il y a moyen de produire un tel objet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si donc, la nécessité de cette perte qui est, on va le voir après, impliquée dans le fait même de la parole, dans le fait même d'être des êtres de langage, si la société ne rend plus cela perceptible, du coup, elle enlève la légitimité à quiconque a la charge de rappeler que c'est le lot de la condition humaine. Si aujourd'hui, des parents sont en difficulté pour dire "non" à leurs enfants, cela me semble relever de cette délégitimation-là. Je vous signale par exemple que dire "non" à votre enfant dans un grand magasin, c'est risquer que votre fiston fasse une crise de colère parce que vous lui avez dit "non", c'est aussi risquer de voir tous les témoins regarder comment vous vous débrouillez, forcément mal, avec cette crise de colère de votre fiston, tout cela risque bien de vous pousser à lâcher prise et à acheter ce qu'il demande. Et comme me le disait un ami enseignant il y a quelques jours : "je plains les jeunes d'aujourd'hui parce que je me demande comment ils peuvent se tenir à quelque chose avec tout ce qui leur est proposé". On ne devrait appeler aujourd'hui la société de consommation, la société de consolation, il faut toujours quelque chose pour vous consoler du malheur d'être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ceux qui ont la charge de rappeler que ce n'est pas comme cela la condition humaine, à commencer par les parents, puis les enseignants, les éducateurs, les travailleurs sociaux, les directeurs aussi, qui ont la charge de venir rappeler que c'est le collectif qui prime par exemple, hé bien tout cela, à cause de ce contexte général, se trouve comme délégitimé. Du coup, ils tremblent sur leur base pour occuper franchement leur place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce type de discours social induit... je vais caricaturer le trait bien sûr, mais il me semble quand même, il y a encore 25, 30 ans... ce n'est pas que je tienne à la nostalgie mais il faut appeler un chat un chat, il y a encore 25, 30 ans, il était affiché au programme que cette donne de la condition humaine, vous n'y coupiez pas, débrouillez-vous, faites ce que vous voulez, hurlez, criez, lamentez-vous, pleurez, ça ne changera rien. Aujourd'hui, ce qui est inscrit au fronton c'est plutôt : "Attends, il y a moyen d'éviter l'affaire, il y a moyen d'éviter la coupure". J'en prends pour fait un symptôme qui apparaît de plus en plus fréquemment chez les jeunes adolescents qui parlent une langue éminemment pâteuse où l'articulation et la coupure n'ont plus l'air d'avoir tout à fait leur place. Allez voir le film "L'esquive", dans le début vous n'y comprenez rien, tellement il s'agit d'une langue qui est machonnée. Comme si aujourd'hui, rappeler la coupure et l'articulation ne serait plus à l'ordre du jour, au contraire, la formule serait plutôt du style : "je sais bien que c'est incontournable mais quand même".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, dans la rencontre de quelqu'un qui est un peu ébranlé dans sa place, pour faire entendre à l'autre qu'il n'y a pas moyen d'y couper, avec un autre qui lui veut profiter de tout un discours social pour dire que : "de toute façon moi je peux éviter le système, je peux éviter la confrontation à cette coupure, à cette perte irréductible, à cette soustraction que me demande la condition humaine", la rencontre de ces deux-là produit un flou, quelque chose que j'appellerai volontiers un cancer, un cancer parce que ça vient précisément mettre en place dans l'appareil psychique quelque chose qui justement n'est pas mis en place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui n'est pas mis en place dans l'appareil psychique, c'est ce que j'appelle la notion d'autrui, pas seulement de l'autre, mais de l'autrui. Il y a un exemple de cela que je trouve tout à fait intéressant, chez ces jeunes qui, comme vous le savez, ont brûlé des autobus à Marseille pour passer à la télé. Ils ont bien préparé leur coup, mais ils ont vu un premier bus passer et l'un d'entre eux a dit : "non pas celui-là", parce qu'il avait reconnu quelqu'un dans l'autobus. Dans le second, il y a quelqu'un qui n'a pas pû s'en sortir assez rapidement et qui se trouve à l'hôpital avec 60% de brûlures. Ça veut dire quoi ? Je lis ce symptôme lié au fait qu'aujourd'hui, ce jeune avait besoin pour avoir accès à ce que c'est qu'un autrui, de la présence réelle de cet autrui. Cela n'était pas vraiment intériorisé psychiquement parce qu'une fois qu'il ne voyait plus un autrui qu'il connaissait, il n'y avait plus d'autrui dans l'autobus, avec toutes les conséquences qui s'en sont suivies ; jusqu'à dire pour leur défense qu'ils n'avaient pas voulu cela, qu'elle n'avait qu'a sortir plus vite...il y a une certaine logique à ce propos car si je n'ai pas la sensibilité à ce que c'est qu'autrui, intériorisé dans mon appareil psychique, du coup, il me faut tomber sur un os pour m'en apercevoir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette structure que j'appelle autrui, c'est ce qui en principe s'est inscrit dans le psychique du fait de la rencontre réalisée en son temps - il y a un moment pour cela, un moment d'empreinte - avec un autre concret dont le sujet a toléré qu'il l'entame, qu'il le limite, qu'il lui fasse consentir à cette soustraction, à cette perte que suppose la condition humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière conséquence c'est que ces sujets-là, qui ont le sentiment qu'on peut éviter la confrontation, et qui donc s'immunisent contre la rencontre avec quelqu'un qui peut venir le leur rappeler, ces sujets-là, mine de rien, ils se retrouvent à éluder le travail de subjectivation pourtant nécessaire à chaque être humain, parce qu'il ne suffit pas que vous naissiez humain pour faire partie de l'espèce humaine, il faut encore que vous vous réappropriez - c'est le temps donné à l'enfance et à l'adolescence - les conditions de ce que c'est que l'humanité. Si ce travail de subjectivation n'est plus demandé, si on peut l'éluder, on se retrouve avec ceux que j'ai appelé "les sans autrui", atteints d'une "mère-version", c'est-à-dire - pour reprendre les propos de Melman tout à l'heure - faisant l'impasse sur l'instance paternelle d'une certaine manière, ils sont du coup plongés dans de l'archaïque (pour employer un mot général).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, on a affaire à une inflation galopante de pathologies qui relèvent d'une psychiatrie médico-sociale qui doit faire face à ce type de sujets pour qui au fond l'indistinction reste de mise et pour qui c'est plutôt le corps qui prend la charge d'indiquer qu'il n'y a pas eu de vraie séparation, de vrai processus de grandir. Quand on en est à 15% de taux d'obésité infantile, il ne faut pas le lire autrement que comme la conséquence de ce que la loi du désir n'est plus tout à fait mise à sa place et une bonne manière de couper la mécanique du désir c'est de saturer par l'oral.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a affaire du coup à des temps d'errance extrêmement longs, tout le monde connaît ces étudiants qui doivent faire d'innombrables années d'études, passant d'une discipline à l'autre, avant 30 ans, ils ne sont pas sortis de ce temps extrêmement long qu'est devenu celui de l'adolescence. Ce temps, c'est le temps d'errance de ces sans autrui, c'est le temps que ces sujets vont prendre pour se confronter à ces invariants de la condition humaine et pendant lequels il sont comme sans mode d'emploi, sans demande parce que sans adresse, mais par ailleurs se montrant - soit dans les pires difficultés, ce qui est parfois le cas, soit dans le refus de toute intervention - mais j'insiste : en se montrant, en exigeant d'être visibles "comme à la télé", parce que faute de cela on ne se sent pas exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hé bien je crois que c'est cette errance-là, c'est ce type de difficultés-là, qui sont responsables de cette augmentation de la psychiatrie comme on l'appelle aujourd'hui "psychiatrie médico-sociale", ce qui se fait au détriment des vrais pathologies qui n'intéressent aujourd'hui plus grand monde. Nous n'avons plus le temps pour eux car il faut que l'on prenne maintenant en compte celui dont Melman a donné l'exemple clinique à qui il a dédié son exposé de tout à l'heure, mais je vous signale que celui- là, c'est encore quelqu'un qui va dans le cabinet d'un analyste ! Quand j'entends la clinique de ceux qui sont dans les supervisions, de ceux qui sont confrontés à ces cas-là, il s'agit de Messieurs comme celui-là mais qui ne s'adressent plus à personne ! Et on se demande comment faire pour essayer de les sortir de cela. Si vous allez vous précipiter un peu trop pour l'en sortir, il va crier à la phobie sociale, à la phobie scolaire ou je ne sais plus trop quoi, il va bien nous faire entendre qu'il s'agit surtout pas d'intervenir dans ses affaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Face à cela, à cette évolution, va-t-on devoir préconiser le retour au modèle d'hier ? Le patriarcat ayant été une manière de faire pour arriver à faire entendre dans le collectif cette prévalence du collectif d'abord et cette nécessité de soustraction de jouissance inscrite comme le lot de l'être parlant, je ne pense pas que ce soit ni une solution - même si elle va peut être nous être proposée - ni que cela tiendrait la route parce qu'une fois qu'on a démonté une fiction, qu'on a montré à tout le monde sa dimension de fiction, je ne vois pas très bien comment on pourrait la remettre en place, ce n'est donc pas de ce coté-là qu'il faut aller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-on alors du coup condamné à une société qui en méconnaissant la teneur de ce que c'est que le lien social, puisqu'en privilégiant tellement l'individu, elle en oublie la tâche qu'elle doit accomplir pour l'entamer, est-on alors condamné à une jouissance à tout prix d'un lien de plus en plus addicté à l'objet, ce que témoignent les addictions de plus en plus nombreuses. C'est ce que j'appelle "le vivre ensemble sans autrui" avec cette subjectivité néo-libérale qui est celle d'un sujet qu'on suppose né de lui- même, auto-engendré et pour lequel l'État n'a plus d'autre rôle que de "gérer ses conflits", gérer ses allers et venues, de ne pas l'arrimer à la perte dans laquelle nous sommes tous inscrits, ce qui provoque des revendications identitaires à n'en plus finir. Ce sont des choses auxquelles nous avons aussi affaire avec ces sujets-là, pouvons- nous nous contenter de devenir des organisateurs de carrefours, d'échangeurs d'autoroute, et de faire en sorte - comme dans le film de Gus Van Sant, "Éléphant" - où l'on voit bien les jeunes qui s'arrangent pour surtout ne pas se rencontrer et ne pas rencontrer de l'autrui, est-ce cela qui nous pend au nez ? Ce n'est pas ce que nous pourrions espérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que va t-on faire ? Nous pourrions peut-être en profiter pour préciser davantage encore ce qui fait la spécificité du lien social inter-humain. Cela serait pas mal d'en profiter pour aller voir plus loin dans cette affaire-là et ne pas nous laisser leurrer par ce qui est présenté comme un type de discours social. Là-dessus, les choses sont relativement simples, l'être humain semble bien être un être de langage et ce langage cela veut dire renoncement à l'immédiat. Si vous n'introduisez pas quelque chose qui vous décale, qui vous met dans une position où le tout, tout de suite, est inacceptable, impossible, vous n'arriverez pas à parler, on peut penser que tout être humain a consenti - sans même qu'on lui ait demandé son avis dans un premier temps - à accepter cette donne du langage et celle-ci n'est pas naturelle mais elle implique cette distance, ce détour. Cela se met en place très simplement pour chaque enfant, l'enfant étant par définition un "non parlant", il faut donc qu'il apprenne à parler, pas seulement à lire des mots, il faut encore qu'il apprenne justement, ce quelque chose qui va nouer le collectif et le singulier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes tout de même de drôles de cocos ! Ici, dans cette salle, nous sommes chacun singulier, chacun spécifique ; comment allons-nous faire pour que cette singularité arrive à se faire connaître par les autres ? Hé bien justement, c'est parce que nous parlons que la chose est possible. Le langage est cette extraordinaire potentialité humaine qui noue le singulier et le collectif. Parce que pour dire ce qui est le plus spécifique de ce que vous avez à dire vous, vous allez être contraints de le dire dans une langue que nous partageons tous, nous n'allons pas nous contenter de votre babil d'enfant, nous allons exiger que vous ayez été capables, tous, de parler notre parole à tous. Du coup il y a quelque chose qui est possible à la condition que vous reconnaissiez que pour passer de ce singulier, sensible, continu, à ce dire qui est discontinu et qui nécessite qu'on reconnaisse la place de l'inter-dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'inter-dit est structurant, c'est une norme grâce à laquelle il y a la reconnaissance de ce que pour un être humain, on passe du continu du sensible au discontinu de la parole et du dire, cela demande une opération psychique qui doit être réappropriée par le sujet. Comment cela ? En profitant d'un premier autre auquel il est attaché, aliéné, qui est sa mère, et petit à petit, c'est la loi universelle de l'interdit de l'inceste dans son sens analytique qui va faire qu'on va petit à petit lui demander de lâcher prise et de profiter pour ce faire de quelqu'un d'autre dont on dira dans l'après coup que cela aura été son père, ou un père pour lui. Autrement dit, quelqu'un qui l'aura aidé à pouvoir se détacher de la jouissance maternelle qui, pour nous, présentifie cette jouissance absolue que la condition humaine exige de laisser tomber, au sens fort du terme puisque même dans la tradition biblique vous avez : "tu abandonneras tes père et mère". Il ne s'agit pas seulement d'ailleurs d'abandonner la mère et de rester collé au père, parce que le père est là comme "un coup de main" pour prendre place dans le discours social et lâcher ce à quoi vous avez collé. Hé bien ce travail-là, aujourd'hui, a du plomb dans l'aile à cause du discours social auquel il se confronte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est là que nous en sommes, à un point de bascule extrêmement important, qui nous donne les conséquences à tirer : allons-nous être oui ou non capables de démontrer, de rationaliser, grâce à ce que avons découvert, psychanalyse, psychiatrie aidant, allons-nous être capables de nouer le symbolique de la parole et du langage avec le réel et le sensible d'un sujet, allons-nous être capables de le nouer alors que nous n'avons plus les moyens tels qu'ils étaient favorisés dans le social d'hier pour le faire ? Mais le fait que nous n'en n'ayons plus les moyens, comme hier, ne veut pas dire que nous n'ayons plus cette tâche à faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela va nous imposer une "biglerie", nous allons devoir loucher un petit peu, c'est-à-dire ne pas prendre ce discours social actuel pour vérité, mais chercher dans nos ressources propres de sujet humain ce que le discours social ne présentifie plus. Il n'y aura pas d'autre solution. Concrètement, cela peut vouloir dire - je prends cet exemple-là - cela peut vouloir dire supporter d'être un peu "salope". Aujourd'hui, tout le monde veut être une bonne maman, qui apporte tout à l'autre, hé bien ce n'est pas toujours la meilleure des voies et il faut bien parfois rappeler au sujet que ce n'est pas comme cela que ça peut marcher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les équipes, en institution, on attribue aujourd'hui beaucoup d'importance à ce que chacun ait son avis, c'est tout à fait important que tout le monde donne son avis, le problème c'est de ce qu'on en fait après, va t-on finir par savoir décider ? Hier c'était simple, on avait le dos d'un père, d'un patriarche, d'un directeur d'institution, qui prenait la décision, on était tranquille ! À partir du moment où nous nous sommes horizontalisés, il va bien falloir que chacun assume une part de la responsabilité de cette dimension collective, ne fût-ce que pour dire qu'il y a quelqu'un à cette place de décidé, et s'il décide quelque chose que je n'aurais pas décidé, il faut que j'accepte que ce soit celà qui soit décidé, du fait qu'il occupe cette place légitime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela change notre façon de fonctionner, je vous assure. Je dois un peu renoncer à ma jouissance de pouvoir d'office critiquer l'autre dans la mesure ou il fait autre chose que ce que j'aurais fait. Il y a là de grosses questions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces patients du quotidien auxquels les équipes sont confrontées, ceux qui sont complètement enlisés dans ce machin et qui ne s'en rendent même pas compte, pour ceux-là, que va-t-on faire ? Celui à qui, pendant le temps d'empreinte, on a permis d'éviter d'être marqué par l'autre, hé bien au risque de vous choquer, je vous avoue qu'il n'est pas impossible que nous soyons là tout à coup invités à penser quelque chose en même temps que d'autres collègues, des comportementalistes, des cognitivistes, ce n'est pas impossible qu'il faille penser avec eux la façon dont se met en place le lien entre le symbolique et le réel, à partir du moment où ce n'est plus le discours social qui le met en place. Pourquoi ? Hé bien parce que je n'ai jamais vu - par exemple - une mère de famille apprendre à son enfant à traverser la rue avec un livre en main pour lui dire comment faire. La première chose qui se passe c'est qu'elle va le tenir par la main sans le lâcher, elle va faire cela tant qu'il aura intériorisé qu'il ne faut pas se précipiter sur la route, autrement dit, il y a là une prise de corps qui est nécessaire. Je pense que pour tous ces sujets pour qui ce moment-là ne s'est pas passé au bon moment, il faut penser les choses en terme de renouage du corps et de la parole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je terminerai sur cette histoire assez folle : j'ai lu dans "Le Monde" il y a une dizaine de jours, un article qui m'a stupéfié. Je croyais comme tout le monde que s'il y avait aujourd'hui, autant d'accidents avec les chiens, c'est parce qu'on favorisait les chiens dangereux. Hé bien pas du tout ! Figurez-vous que la plupart des vétérinaires interrogés, probablement des éminences dans leur domaine, disaient que les maîtres d'aujourd'hui ne savent plus être maîtres de leurs chiens ! C'est stupéfiant parce qu'un Labrador, qui a la réputation d'être gentil avec les enfants, si vous ne l'éduquez pas, si vous ne faites pas ce travail d'être son maître, hé bien il risque d'être aussi dangereux que des races réputées agressives. Ceci pour dire que nous ne sommes plus tout à fait à même de faire ce nouage parce que le nouage qui avait lieu hier ne fonctionne plus comme cela, dès lors nous avons une charge énorme, faute de quoi nous allons voir se multiplier à l'infini les demandes d'interventions, des choses pour lesquelles il n'est pas sûr que nous soyons les mieux placés.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-428050025091620891?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/428050025091620891/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=428050025091620891' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/428050025091620891'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/428050025091620891'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/vivre-ensemble-sans-autrui.html' title='Vivre ensemble sans autrui'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-4741166729574767728</id><published>2008-04-09T01:00:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T01:01:56.780+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Agenda 21 pour une autre mondialisation</title><content type='html'>&lt;span&gt;&lt;i&gt;Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme - site web : http://www.fph.ch&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résumé&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;L’un des objectifs de l’Assemblée Mondiale de Citoyens était d’élaborer un "agenda pour le21ème siècle" c’est-à-dire d’identifier des perspectives communes à tous les participantsL’Assemblée a commencé par des ateliers "collégiaux" réunissant des participants appartenant àun même milieu social ou professionnel. Chaque atelier a énoncé son propre agenda présentésous forme de "carte collégiale" de propositions. Le rapprochement de ces cartes a permis d’identifier 17 thèmes communs. Chacun d’eux a fait l’objet d’un atelier thématique.L’exploitation de ces matériaux et leur comparaison avec les autres travaux de l’Alliance pour unMonde responsable, pluriel et solidaire permet de dégager aujourd’hui un agenda commun,d’identifier un ensemble de changements majeurs, interdépendants, qui devront être entrepris aucours du 21ème siècle. Ils traduisent la manière dont nos formidables moyens de connaissance etde production devront être orientés. L’élaboration d’un socle éthique commun, la mise en placede nouvelles formes de gouvernance depuis le niveau local jusqu’au niveau mondial etl’émergence d’une communauté mondiale à travers la structuration progressive de la société civilesont les éléments majeurs de cet agenda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résumé de l’Agenda pour le 21ème siècle Un agenda, c’est l’énoncé des "choses à faire". L’Agenda pour le 21ème siècle identifie leschangements majeurs à conduire, du niveau local au niveau mondial, au cours desprochaines décennies.A l’issue de l’Assemblée Mondiale de Citoyens, on peut considérer que cet Agenda existe, aumoins à l’état d’esquisse. Trois constats permettent de l’affirmer : les préoccupations expriméespar les différents milieux sociaux et professionnels sont voisines ; les propositions issues desdifférents ateliers thématiques se rejoignent; les conclusions de l’Assemblée et la synthèse descahiers de propositions de l’Alliance convergent.Lorsque s’assemblent de tous les horizons géographiques, culturels, sociaux et professionnels desfemmes et des hommes soucieux de l’avenir et conscients de leur responsabilité, le dialogue entreeux est possible et fécond. L’Agenda pour le 21ème siècle issu de l’Assemblée Mondiale deCitoyens a été construit de manière démocratique et transparente, par une démarcheascendante, partie de la diversité des points de vue issus des différents milieux sociaux etprofessionnels et des différentes régions du monde pour dégager par étapes les priorités et lesstratégies communes.&lt;br /&gt;Deux priorités se dégagent avec force : l’éthique et la gouvernance. Comment s’en étonner ? Les sociétés de la planète sont interdépendantes entre elles et avec le reste du monde vivant. Lamondialisation est irréversible. Mais l’évolution accélérée des sciences, des techniques et del’économie, les nouveaux rapports de domination qui en découlent, l’emprise excessive desrapports marchands, l’incompatibilité des modèles actuels de développement et deconsommation avec les grands équilibres de la planète, tous ces changements rapides ontbousculé les systèmes de pensée et les modalités d’organisation des sociétés qui s’étaient forgés aucours de l’histoire. Ils ont entraîné la ruine des repères intellectuels, moraux et politiquestraditionnels, ont affaibli les solidarités construites au fil des siècles. Les valeurs, les systèmes depensée et les régulations sociales et politiques n’ont pas suivi au même rythme. Il est temps au21ème siècle de réduire ce décalage, de réaffirmer la primauté des fins sur les moyens.&lt;br /&gt;C’est le principal message de l’Agenda. Il peut donc se résumer en une phrase : construire un socle éthique, des modèles de production et de vie, des régulations sociales et politiquescorrespondant à ce nouvel état du monde.L’Agenda ne se laisse pas découper en parties distinctes. Chaque question qu’il traite renvoie àtoutes les autres. Nous l’avons vérifié à l’Assemblée : chaque fois qu’on prétend approfondir unthème particulier on déborde sur les autres. C’est une difficulté quand il faut en exposersimplement le contenu. Mais c’est aussi une force. Les changements individuels sontindissociables des changements collectifs. L’organisation locale des sociétés ne peut se penserhors de leur insertion dans la société mondiale. L’Agenda du 21ème siècle, c’est l’émergenceprogressive, tâtonnante, d’un autre modèle , irréductible à ceux, libéral ou communiste,qui ont marqué le monde moderne. Il ne s’agira pas d’un changement de siècle mais d’unchangement d’ère. La plate-forme pour un Monde Responsable, Pluriel et Solidaire de 1993 enavait l’intuition. Les travaux de l’Assemblée Mondiale de Citoyens en apportent la démonstration.Le nouveau modèle est fondé sur la relation. Sur une planète petite, peuplée et fragile, lesinteractions entre les personnes, entre les sociétés, avec l’environnement sont constantes,nombreuses, intenses et s’établissent à toutes les échelles. Nous avions appris à juxtaposer, àdécouper, à séparer : les connaissances, les territoires, les niveaux de gouvernance, les questions ;l’économique et le social, l’individuel et le collectif, le scientifique et le culturel, le local et leglobal, les femmes et les hommes, le commerce et l’environnement, le public et le privé. Nous pensions que cet effort de séparation, de distinction, était le signe de l’intelligence et la conditionde l’efficacité. Il va falloir maintenant apprendre à relier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les valeurs qui s’imposent, sont celles de la relation et de la coopération, celles de la paix, de la modération et du partageplutôt que celles de la guerre, de l’exploit et de l’accumulation. Ces nouvelles priorités seretrouvent dans tous les domaines, l’éducation, la production, les échanges économiques etculturels, la gouvernance. L’interdépendance des parties de l’Agenda en est le reflet. Cetentrelacement permanent est le reflet du caractère systémique des changements à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment faire du neuf avec du vieux ? Comment accoucher du 21ème siècle avec des systèmesde pensée dépassés, des vérités et des situations tenues pour acquises, des institutions forgées àune autre époque et pour une autre situation ? Cette question éternelle prend dans l’Agenda uneacuité particulière. S’il s’agit de changer le système d’éducation, qui éduquera les futurséducateurs ? Comment concevoir le futur modèle et comment organiser le passage du modèleactuel au modèle futur ? Par où commencer si tout se tient ? A ces questions apparemmentinsolubles, l’Assemblée apporte des réponses encourageantes, pragmatiques et parfoisdérangeantes.Des réponses encourageantes et pragmatiques parce que partout et dans tous les domaines desgermes de ce changement existent, même s’ils ne sont que partiels et locaux. La valeur ajoutée del’Assemblée est simplement de les relier, de les agencer, d’en faire apparaître la cohérenceprofonde. C’est cette mise en réseau – encore une fois la relation, encore une fois le rapport dulocal au global - , qui permet à chaque personne, chaque expérience de sortir de la marginalité, dese découvrir partie prenante d’une aventure collective. D’où aussi l’importance, maintes foissoulignée dans l’Agenda, de construire des réseaux internationaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des réponses parfois dérangeantes parce qu’elles ne mettent pas en scène les affrontementsclassiques : droite contre gauche, Nord contre Sud, classe sociale contre classe sociale. Lesmutations, sans ignorer les conflits d’intérêt, résultent tout autant de changements de regards quede nouveaux rapports de force.L’Agenda émerge des contributions des uns et des autres. C’est l’œuvre de tous. Le changementse conçoit en marchant. Il associe la pensée et l’action. L’Agenda tire sa légitimitédémocratique de la convergence et de la cohérence des préoccupations et expériences venues detous les horizons. C’est un modèle ouvert, bricolé, évolutif, non un nouveau dogme.L’éthique est le premier domaine de convergence, le socle de l’Agenda. Tous les ateliers"collégiaux" de l’Assemblée sans exception en ont parlé ainsi que la plupart des ateliersthématiques. Quatre valeurs, liées entre elles, sont plébiscitées : la responsabilité – à l’égard desautres, à l’égard de la planète - ; la capacité à prendre en compte à la fois l’unité et la diversité dumonde ; la tolérance et le respect - c’est à dire la manière d’accepter l’autre dans son égalité etsa différence - ; la solidarité. Tout le reste en découle. La citoyenneté, par exemple, , autrethème très présent dans les propositions, est conçue comme un équilibre de droits et de devoirs,comme le résultat d’un comportement responsable.Ces valeurs n’ont de réalité qu’à travers des pratiques : la responsabilité n’existe que par descomportements responsables, la tolérance par des comportements tolérants, etc. C’est pourquoila diffusion de ce socle éthique ne peut être le fruit d’un discours moral mais doit résulterd’apprentissages sociaux. L’éducation à la citoyenneté, par exemple, ne peut se faire que parl’exemple, à travers la pratique de la citoyenneté dans les systèmes éducatifs. La démocratie n’estpas seulement, n’est pas avant tout un système politique. C’est d’abord un espace d’apprentissagede la responsabilité et du partenariat. C’est le comportement responsable qui fonde en dernier ressort la légitimité de l’exercice du pouvoir économique et politique, même si la légalité de cepouvoir vient du vote des actionnaires ou des électeurs.Le socle éthique fait le pont entre les comportements individuels et les normes sociales.&lt;br /&gt;Le monde ne peut fonctionner que si désir individuel, prestige social et obligations juridiques etinstitutionnelles se renforcent mutuellement. Les stratégies de changement combinent larecherche individuelle de sens et la création de nouvelles normes sociales ; l’une ne va pas sansl’autre.L’image de socle éthique est à prendre au pied de la lettre : ce sur quoi se fonde tout le reste. Lacombinaison des valeurs entre elles forme la palette des conduites comme la palette infinie descouleurs se forme à partir d’un petit nombre de couleurs de base. Ce n’est pas une listejuxtaposée de préceptes moraux mais une vision du monde.La gestion de la biosphère et des ressources naturelles est un bon exemple de cette combinaisonet de cette vision. Elle est gouvernée par les deux principes de responsabilité et de solidarité : la responsabilité conduit à la protection et impose l’attention aux interrelations au sein desécosystèmes et avec les activités humaines ; la solidarité conduit au partage équitable de tout cequi n’existe pas en quantité infinie.L’éducation répond aux mêmes exigences. Elle appelle une réforme de contenu, pour deveniréducation à l’être, aux relations, à la complexité. Elle appelle aussi, au nom de l’équité, à unnouveau partage des savoirs. Ainsi se dessinent les deux faces indissociables du bienpublic : le fruit d’une responsabilité partagée ; ce à quoi chacun accède de façonéquitable. Protection de l’environnement et justice sociale doivent être les deux faces d’unemême monnaie.Responsabilité et solidarité créent les conditions du partenariat et du contrat. Lagouvernance, le droit, les régulations politiques, l’organisation des services publics constituent lecadre de la mise en œuvre des responsabilités de tous plutôt que l’assujettissement de chacun àdes normes au nom de l’intérêt public. D’où l’importance accordée au développement dedémarches citoyennes – exprimant la conscience individuelle et collective de la responsabilité – etaux moyens d’évaluer publiquement l’exercice réel des responsabilités. Les principes departenariat et de contrat social deviennent des références centrales. Les pouvoirs publics ont pourpremière responsabilité d’organiser ce partenariat et de s’y engager. Chaque milieuprofessionnel tire du contrat qui le lie au reste de la société la justification ultime de saliberté et de ses privilèges. Les systèmes publics d’information citoyenne jouent pour le respectdu contrat un rôle aussi important que la justice.La prise en compte des relations et la double exigence d’unité et diversité sont au cœurde la construction de la société mondiale à venir. Cela se vérifie dans tous les domaines.Qui dit relation dit en effet horizontalité, transversalité, enracinement, territoire, recherche decohérences. D’où l’insistance constante, dans l’Agenda, sur la place du local : dans l’éducation, lascience, les médias, l’organisation économique et sociale, la gestion des échanges, la préservationdes écosystèmes, la gouvernance. Au lieu de juxtaposer des lois universelles de la physique et del’économie ou des filières verticales de production et de distribution, il faut en organiser les liensdans un contexte et sur un territoire.Cohérence locale ne veut pas dire isolement, ne veut pas dire autarcie. Ce n’est pas un retour enarrière. C’est, au contraire, une marche en avant vers un nouveau degré d’intégration desconnaissances et des activités, vers une capacité nouvelle à associer diversité et unité, autonomieet solidarité.&lt;br /&gt;Car les différents territoires, les différents contextes locaux sont interdépendants jusqu’au niveau mondial.Il n’y a plus d’un côté les problèmes locaux et del’autre les problèmes mondiaux. Tout est local, tout est mondial.Un concept commun, presqu’un mot d’ordre, guide la recherche de formes nouvelles de culture,d’organisation sociale, d’économie et de gouvernance. C’est le concept de "subsidiaritéactive". "Subsidiarité" parce que priorité est donnée aux approches locales ;"subsidiarité active" parce que cette priorité s’exerce à tout moment dans le respect desinterdépendances.Né dans le champ de la gouvernance pour décrire une nouvelle philosophie politique, ce concepts’applique également à l’économie et à la société pour inventer de nouvelles formes de relationsentre diversité et unité, entre local et mondial. Il s’agit, dans tous les domaines, d’utiliser toutes lesressources de l’intelligence et de la technique pour inventer de meilleures manières d’obtenirsimultanément plus d’unité et plus de diversité ; d’associer ces deux termes au lieu de les opposer.La structuration de la société mondiale en réseau est une des dimensions majeures dunouveau lien entre local et mondial, un des symboles de la relation renouvelée entre unité -l’organisation mondiale du réseau – et la diversité – l’autonomie et l’environnement local de sesmembres. Chaque atelier collégial et la plupart des ateliers thématiques ont fait de cette mise enréseau des expériences, des personnes, des ressources et des institutions une priorité. Pourtransformer les expériences de chacun en connaissance partagée. Pour sortir de la marginalité etde l’impuissance. Pour entrer en partenariat au sein d’un milieu, entre milieux, avec les pouvoirspublics. Pour définir un nouveau partage des rôles dans la production et la gestion des bienspublics. Partenariat et partage des rôles ne retirent rien aux responsabilités politiques. Ils enproposent simplement un autre usage.&lt;br /&gt;Face au mouvement de marchandisation et de privatisation et sur une scène internationale encore dominée par les relations entre Etats, il est fondamental et urgent d’organiser un espace publicmondial. Seule une organisation en réseau, facilitée par Internet, permet d’en faire naître lesacteurs. Il n’y aura pas d’organisation politique mondiale sans qu’une communautémondiale ne s’institue au préalable. Aventure inouïe où l’organisation de la société précède etpréfigure celle de ses institutions politiques. Les dynamiques instituantes sont essentielles.La construction de la communauté politique, en particulier à l’échelle mondiale, demeure lagrande aventure du 21ème siècle. La plupart des propositions émises à l’Assemblée Mondialedans le cadre de l’Alliance sont, en dernier ressort, relatives à la gouvernance, du local aumondial. Les liens entre les niveaux de gouvernance sont si forts que chaque fois qu’un atelier del’Assemblée Mondiale a cherché à traiter un des niveaux, quel qu’il soit, territoire locale, Etat ougouvernance mondiale, il a été amené à évoquer simultanément les autres niveaux. L’approchelocale est un moyen privilégié d’accès à l’universel. La réforme de l’ Etat passe par uneredéfinition des relations entre les Etats et les territoires locaux d’un côté, les régions du mondeet la planète de l’autre. Enfin, une gouvernance mondiale ne peut se concevoir sans relier lesapproches locales des problèmes et sans dépasser la conception actuelle de la souveraineté desEtats. En outre, les débats de l’Assemblée Mondiale permettent de vérifier que les questionssoulevées à propos de la gouvernance sont les mêmes à toutes les échelles. Ces questions peuventse regrouper en quatre grands chapitres : • créer des conditions d’une gouvernance légitime, démocratique et efficace ; • permettre la structuration internationale des acteurs sociaux et organiser les partenariatentre eux ; • protéger des droits et des intérêts des groupes sociaux ou des pays les plus faibles;&lt;br /&gt;• échapper à la domination exclusive des rapports marchands et créer des régulations quiprennent en charge les défis de la société du 21ème siècle, en particulier la gestionsimultanée des problèmes sociaux et des problèmes environnementaux.Ces quatre dimensions regroupent chacune un ensemble de principes qui constituent le cahierdes charges de la gouvernance de demain.L’art de relier entre eux, les acteurs et les problèmes est la condition première del’efficacité des futurs systèmes de gouvernance. De nouvelles formes de coordination entreautorités locales, nationales et internationales (relier les niveaux), de nouvelles méthodes de coproduction.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-4741166729574767728?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/4741166729574767728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=4741166729574767728' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4741166729574767728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4741166729574767728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/agenda-21-pour-une-autre-mondialisation.html' title='Agenda 21 pour une autre mondialisation'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-5802652822139859156</id><published>2008-04-09T00:58:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T00:59:39.454+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>QUELS CAPITALISMES POUR LE 21ème SIECLE ?</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;i&gt;Déclaration finale du Cercle des économistes&lt;br /&gt;Aix-en-Provence, 8 juillet 2007&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Le capitalisme a triomphé. Saura-t-il surmonter sa victoire ? Les rencontres économiques d’Aix en Provence 2007 se sont interrogées sur l’existence ou non de capitalismes divers, sur leur convergence éventuelle et les modalités de cette cohabitation. Le cercle des économistes juge que la domination du capitalisme anglo-saxon n’est pas une certitude. Bien au contraire, c’est une pluralité de capitalismes qui s’imposera. Les économistes se doivent donc de s’interroger sur les conséquences de cette diversité durable. Même si les capitalismes, aujourd’hui comme hier, se nourrissent de valeurs communes, rien ne permet d’assurer que leur concurrence ne créera pas de tensions difficiles à surmonter. C’est à la recherche d’une gouvernance mondiale, de règles du jeu efficaces et équitables, tant dans les domaines économiques, financiers, sociaux et environnementaux que cette déclaration tente d’apporter des réponses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I. LES CONSTATS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le capitalisme a pour noyau dur la propriété privée des moyens de production, la coordination par les marchés et le respect des droits de propriété. Au-delà, il prend des formes très différentes ainsi, l’économie sociale de marché, longtemps caractéristique de l’Europe continentale, donne un rôle aux parties prenantes – Etat et syndicats notamment – dans la conduite des affaires et attend de l’Etat qu’il corrige les inégalités. Le libéralisme anglo-saxon, lui, met l’accent sur la responsabilité de chacun – y compris dans la richesse ou la misère - et sur la liberté de circulation des hommes, des biens et des capitaux. Le contrôle de l’Etat sur les entreprises est faible dans les pays anglo-saxons, important en France, très fort en Russie ou en Chine, deux pays qui ne s’affichent pas comme capitalistes mais qui, de fait, le sont devenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rencontres d’Aix-en-Provence ont permis de dégager cinq constats dont certains sont inattendus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Il n’y a pas de capitalisme sans valeurs&lt;br /&gt;Ces valeurs sont diverses : le capitalisme n’a pas grandi dans un terreau unique qu’il soit religieux ou laïc. On peut en déterminer trois catégories :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premières, dont la diversité doit être respectée parce qu’elles n’affectent pas les autres. Un bon exemple en est le poids de l’Etat dans le capital des entreprises.&lt;br /&gt;Les deuxièmes, dont les différences peuvent nuire aux autres. L’absence de transparence des entreprises et des marchés l’illustre bien.&lt;br /&gt;Les troisièmes que nous considérons comme des valeurs universelles avec lesquelles il n’est pas possible de transiger, par exemple le respect de la personne humaine et de l’environnement. Ces valeurs sont d’autant plus indispensables que le capitalisme, quelle que soit sa forme, est créateur d’inégalités, particulièrement élevées aujourd’hui. Dans les sociétés démocratiques, le processus politique fondé sur des valeurs partagées permet de déterminer le degré acceptable d’inégalités et donc le niveau de la protection sociale. Ceci n’est pas le cas ailleurs.&lt;br /&gt;2. Les formes de capitalismes sont diverses.&lt;br /&gt;Elles mutent dans des directions que personne n’avait anticipées. Contrairement aux attentes, le capitalisme de marché n’est pas devenu le seul modèle. Le capitalisme familial prospère, de l’Europe du Sud au Mexique. En Chine, en Russie, au Moyen-Orient naît un nouveau capitalisme d’Etat, financé par les excédents des paiements courants, qui jette son dévolu sur les entreprises européennes et américaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Les capitalismes devront coexister.&lt;br /&gt;La coexistence des capitalismes est régie par des dynamiques complexes. Certes, il y a des forces de convergence, notamment sous la pression des marchés financiers. Mais, il y a aussi, évidemment, une concurrence entre capitalismes et une forme de sélection naturelle. Le modèle dominant ne sera pas forcément le plus efficace, ni le mieux accepté socialement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. La coexistence pacifique des capitalismes n’est pas garantie.&lt;br /&gt;Parce que le progrès naît de la différence, parce que l’économie doit respecter la diversité des valeurs, parce que nous croyons au rôle positif de la concurrence, nous pensons que la diversité des capitalismes est une chance. Mais nous craignons que leur coexistence ne suscite des tensions croissantes et peut-être un jour ne déclenche des conflits. La première mondialisation, qui avait vu un développement sans précédent des échanges et du bien être, s’est brisée en 1914.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. Il n’y a pas d’autorité supranationale pour organiser cette coexistence.&lt;br /&gt;La gouvernance mondiale est aujourd’hui, on le sait, cruellement insuffisante. Dans nombre de domaines, comme l’environnement, la concurrence ou la propriété intellectuelle, il n’y a pas d’autorité globale. Et les institutions existantes – Fonds monétaire et Banque mondiale notamment - manquent de légitimité politique. Au total, il n’y a pas de règles du jeu communes aux différentes formes de capitalisme. Une entreprise chinoise peut lancer une OPA hostile avec de l’argent public ; en Europe, c’est presque impossible. L’Europe s’interdit de manipuler la valeur de sa monnaie, le Japon ou la Chine le font en utilisant leurs réserves de change, les Etats-Unis avec les déclarations de leurs dirigeants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II. NOS PROPOSITIONS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes confrontés à une situation totalement nouvelle qui comporte des menaces qui pourraient remettre en cause la survie même du capitalisme. C’est dans la volonté de les surmonter que nous faisons les propositions suivantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Viser une cohabitation harmonieuse des capitalismes et s’en donner les moyens&lt;br /&gt;La seule chance pour éviter des tensions incontrôlables est d’essayer de concevoir et de faire respecter des règles du jeu communes au niveau mondial. L’objectif n’est pas de chercher la convergence vers un modèle unique mais d’organiser la cohabitation des capitalismes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Proposition n°1 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Créer un L 20 : les institutions internationales doivent être profondément réformées pour devenir plus légitimes et mieux intégrer les interactions entre les différentes dimensions de la politique économique. L’enceinte pertinente pour discuter des politiques économiques mondiales serait un « L-20 » prenant la forme d’une réunion régulière des Chefs d’Etat et de gouvernements des vingt grands pays développés et émergents. Sa feuille de route serait de double nature :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;réformer les organismes spécialisés tout en élargissant leur représentativité (FMI, Banque mondiale, BRI, OMC) et créer une nouvelle Organisation mondiale de l’environnement.&lt;br /&gt;définir un socle de règles communes minimales dans les domaines du droit des entreprises, de la concurrence, de la propriété intellectuelle des contrôles des capitaux avec une coordination des politiques monétaires et de change.&lt;br /&gt;Proposition n°2 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire respecter les règles du jeu. Aujourd’hui, chacun sait que ce n’est pas vraiment le cas. Il faut donc se donner des moyens véritables en créant une gamme de sanctions graduées, comme c’est le cas pour l’OMC, pour les pays qui ne respectent pas les règles sur l’ensemble des thèmes évoqués. Peut-être faut-il imaginer une organisation spécifique destinée à instruire et éventuellement sanctionner dans des processus adaptés, par la vigueur et la rapidité, à cette nouvelle mondialisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Défendre notre capitalisme en le réformant&lt;br /&gt;Le Cercle des économistes pense qu’il faut défendre le modèle auquel nous croyons. Ce modèle c’est celui de l’Europe continentale : une économie de marché qui bénéficie de la stabilité des règles de droit, qui consulte et implique l’ensemble des parties-prenantes, et dont les conséquences les plus injustes sont corrigées par un système de redistribution efficace sans pour autant étouffer l’économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Proposition n°3 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mettre l’Europe au cœur de l’élaboration des normes mondiales. L’Europe dispose d’un corpus cohérent et commun de normes pour la régulation de l’ensemble des marchés. Il est temps qu’elle affirme ses positions dans les négociations mondiales portant tant sur les domaines financiers que comptables, environnementaux ou de protections des individus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Proposition n°4 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mettre en œuvre des règles de réciprocité systématiques. S’il s’avère que la vision optimiste d’une régulation mondiale ne peut être mise œuvre, nous demandons que soient conçues, discutées et mises en œuvre des règles de réciprocité systématiques. Si nos partenaires ne respectent pas nos règles, et seulement dans ce cas, nous devons pouvoir nous protéger. Ceci peut passer, par exemple, par le blocage des participations majoritaires en provenance de pays qui, dans les secteurs concernés, n’appliquent pas de règle de réciprocité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il reste deux milliards d’êtres humains oubliés, pour qui le mot capitalisme n’a aucun sens. C’est le défi, en ce début du XXIe siècle, de les y intégrer. Ceci signifie de les aider à asseoir une économie suffisante pour leurs besoins fondamentaux mais en même temps de créer les institutions nécessaires, là comme ailleurs, à l’émergence du capitalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les membres du cercle des économistes expriment leur attachement à la pluralité et à la diversité de l’information économique en France. Les débats de ces journées ont montré que le capitalisme avait plusieurs formes d’expression, il est sain et nécessaire que dans une économie de marché, ces différentes voix s’expriment.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-5802652822139859156?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/5802652822139859156/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=5802652822139859156' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/5802652822139859156'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/5802652822139859156'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/quels-capitalismes-pour-le-21me-siecle.html' title='QUELS CAPITALISMES POUR LE 21ème SIECLE ?'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-3392694056553321235</id><published>2008-04-09T00:54:00.001+02:00</published><updated>2008-04-09T00:57:18.692+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>« Le 21e siècle n'a pas commencé »</title><content type='html'>&lt;i&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;strong&gt;Entretien paru dans Art Press, n°310, mars 2005 / Interview published in Art Press, n°310, march 2005&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Le philosophe se penche sur un siècle cent fois condamné. Non pour le réhabiliter, mais pour en ressaisir quelques vérités âpres, au croisement des avant-gardes politiques et artistiques. Hypothèse : la passion du XXe siècle n'est pas celle de l'imaginaire ou des idéologies, c'est la passion du réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La configuration de pensée que vous retracez dans Le Siècle (Seuil, 2005) se présente comme une constellation de figures singulières ou exemplaires, une sorte de panthéon subjectif. Vos héros se nomment Mandelstam, Brecht, Pessoa, Lénine, Mao, Malevitch, Freud, Webern, etc. : signes de reconnaissance disparates, mais qui témoignent d'une même « passion du réel » dont le moins qu'on puisse dire est que notre époque ne la partage pas, et même la redoute. Comment se retourner sur le Siècle sans céder, malgré tout, à un affect nostalgique, voire à cette détestation de l'époque qui est devenue aujourd'hui un genre littéraire à part entière ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le XXe siècle fait encore partie des conditions actives de la pensée, pour ce moment de transition où nous sommes. Il n'y a qu'à voir le discours dominant, qui le réduit, ce siècle, à ses atrocités : l'extermination des juifs d'Europe par les nazis et l'emploi sans limites du matériau humain par Staline. Nous ne parviendrons pas à ouvrir un nouveau siècle si nous ne brisons pas ces images dominantes. Nous ne serons que les rescapés frileux de l'atroce, tout contents de notre abri « démocratique ». Nous survivrons en consommant, dominés par la peur. Bien entendu, ces atrocités ont eu lieu. Tout négationnisme doit être combattu. Je soutiens seulement que bien d'autres choses ont eu lieu au XXe, dont certaines admirables, je dirais : éternelles. Et qu'en outre, pour avoir une intelligence des atrocités et en interdire le retour, il faut partir des passions affirmatives du siècle, et non d'une sélection de ses résultats désastreux. Ce travail n'est pas nostalgique : ni je ne pense, ni je ne souhaite, que fassent retour les passions du XXe siècle. Il ne contient non plus aucune imprécation contre notre fragile présent. Car rien n'est encore décidé de ce que nous serons. Que soient restaurées les peu stimulantes précautions d'avant l'époque violente des révolutions est bien naturel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vrai qu'une injonction parcourt votre livre : le XXIe siècle n'a pas encore commencé, il faut que le siècle commence ! Or tout indique que nous entrons dans une époque qui a perdu le courage des commencements. Né sous les auspices de la peur, de l'obsession sécuritaire et du consensus humanitaire, notre siècle ne peut plus se reconnaître dans le projet de créer un « homme nouveau » ou de « casser en deux l'histoire du monde ». Vous parlez à ce propos de Restauration : qu'est-ce qui se trouve restauré au juste ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A bien y réfléchir, le mot « libéral », très utilisé, me semble en effet convenir pour situer la Restauration. C'est un mot venu du reste de la grande Restauration précédente, celle des années 1815/1845, après le séisme de la Révolution française. Le libéralisme est l'idée d'un devenir naturel des choses, sous l'impulsion de leur libre circulation commerciale, et sous des lois modérées. Que les riches soient riches, les pauvres, pauvres, que la famille soit consensuelle, l'héritage sacré, le confort partout désiré, l'opinion réglée par la liberté de la presse (Balzac avait déjà vu ce qu'elle valait, la liberté libérale de la presse !) : voilà ce qui suffit pour que l'avenir de l'humanité soit le meilleur possible. C'est aussi l'idée que tout peut se faire par contrat. La politique est un contrat citoyen, l'amour un contrat sexuel, la médecine un contrat de santé, l'exotisme un contrat de voyage…Tout ainsi est susceptible d'être plaidé. Et comme vous le dites, il ne s'agit que de poursuivre selon ces inclinations naturelles, jamais de commencer. Une version de tout cela nous est donnée, depuis la fin des années soixante dix, par la « nouvelle philosophie » : il faut se contenter de lutter contre le Mal (les extrémismes rouges ou noirs), car commencer à désirer le Bien est déjà une objection totalitaire au libéralisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut lire aussi dans votre livre une généalogie critique de l'art du siècle, au profit d'une affirmation résolue : l'art (cet art dit « contemporain ») doit en effet redevenir contemporain de son temps…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, et sur ce point je souhaite simultanément valider les grandes ruptures voulues par les programmes artistiques du siècle, et m'en détourner. Exactement comme je souhaite valider les engagements politiques révolutionnaires les plus radicaux, tout en affirmant que les chemins de la politique sont aujourd'hui différents. L'art du XXe siècle, conçu comme art des avant-gardes, a glorieusement achevé sa carrière. Nous voici sur un seuil, hésitant entre un geste néo-classique introuvable, et une invention inéclaircie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel a été le rôle distinctif de l'art dans l'invention et la formulation de la subjectivité agissante de ce Siècle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je soutiens que le propre du siècle a été de combiner le motif de la destruction à celui de la formalisation. C'est vrai même dans la science pure. Le monumental traité de mathématiques de Bourbaki, entre les années quarante et les années soixante, vise à réduire à rien la « vieille » mathématique enseignée, à tout reprendre à zéro, et à imposer une forme axiomatique entièrement neuve à tous les secteurs, ainsi réunifiés, de la discipline. Mais l'art est depuis toujours singulièrement comptable de la question des formes. Il a donc contribué de façon très active aux solutions possibles d'un problème invariable : quelles sont les formes nouvelles dans lesquelles s'accomplit la destruction des anciennes représentations ? Toute nouvelle « école » de l'art, plastique, poétique, théâtrale, peut être définie comme une réponse à cette question. Son sujet agissant est alors une sorte de proportion neuve entre l'imprécation destructrice et la puissance gestuelle des formes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tendanciellement, écrivez-vous, l'art du XXe siècle se centre sur l'acte plutôt que sur l'œuvre ». C'est l'idée d'un art absolu, d'un art « désoeuvré » qui aurait fait son deuil de l'œuvre ou de la forme finie au profit d'une saisie réflexive de son propre processus. Mais ce lieu commun semble vous inspirer des sentiments ambivalents. C'est qu'on peut soutenir que le désoeuvrement de l'art est déjà un des thèmes favoris du romantisme. A moins de ne retenir du romantisme que la posture, avec sa panoplie d'affects (exaltation pathétique du moi, sentiment du sublime, valeur expressive du corps, etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre objection est pertinente : il faut clarifier le débat. Le XXe siècle, romantique dans sa passion de l'infini (ou du réel) et dans sa soumission au motif d'une subjectivité qui serait créatrice de part en part, ou absolument, a néanmoins tenté de circonvenir et d'asphyxier la posture romantique, presque directement religieuse, de l'artiste-mage, de l'interprète inspiré des dieux, du prophète qui trace les voies de l'avenir. Il a voulu inventer un matérialisme romantique. Soit une dissolution du geste créateur dans le Retour éternel de sa propre disparition. Mais les objets ne reviennent pas, seuls peuvent le faire les actes. D'où, tendanciellement, l'effacement de l'œuvre derrière son procès d'engendrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà du pathos et de la posture, le romantisme désigne d'abord pour vous un certain régime d'articulation du fini et de l'infini. C'est le schéma de l'incarnation : descente de l'infini de l'Idée dans le corps fini de l'œuvre, la forme primant toujours sur l'acte. Mais n'est-ce pas encore le primat de la forme qui s'exprime négativement dans la mise en scène de l'infini comme désincarnation, illimitation de la forme ? Votre « troisième esquisse d'un manifeste de l'affirmationnisme », publiée dans Circonstances 2 (Léo Scheer, 2004), va dans ce sens : « Nous affirmons qu'il n'y a, en art, que des œuvres, et qu'une œuvre est toujours finie, achevée, aussi achevée que possible. Le mythe du désoeuvrement est postromantique, il est l'ennui du fini au nom de l'infini vague. » Et déjà dans le Petit manuel d'inesthétique (Seuil, 1998), la réflexivité de l'art, la théâtralisation de ses procédés sont identifiés comme des survivances romantiques : les avant-gardes étaient « romantiques […] par la conviction que l'art devait renaître aussitôt comme absoluité, comme conscience intégrale de ses propres opérations ». Il ne saurait donc être question, aujourd'hui, de remettre sur pied le dispositif « didactico-romantique » des avant-gardes du siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, cela est clairement impossible. En outre, vous avez raison de discerner une unité entre les tendances superficiellement contradictoires du désoeuvrement (au profit du geste pur) et de la forme ouverte, ou illimitée (contre l'univocité de la forme). Dans les deux cas, il s'agit de soutenir que la création artistique n'est pas un rapport entre l'infini et le fini, mais une installation infinie, une topologie où l'ouvert se dispense du clos. L'horizon hérité était celui de l'infini de l'Idée et de la finitude du corps sensible où elle devait advenir. Vous trouvez encore cette conviction chez Mallarmé et ses descendants. Mais dans le XXe siècle finissant, nous avons, soit une revendication exaspérée de la finitude (le corps comme souffrance ou supplice de son propre marquage), soit le thème d'une ouverture instantanée jamais close, d'un infini pur, d'un trait identique au tout d'une ligne. Ces deux orientations, à mon avis, s'équivalent. On peut du reste soutenir que l'une est chrétienne, ou « occidentale », l'autre orientale, ou « Zen ». Nous oscillons entre l'abjection de l'excrément rendu visible, et le sacré d'une trace qu'infinitise sa visible invisibilité. Nous devons faire retour à la difficile pensée d'un rapport entre infini et fini, en nous inspirant pour ce faire des sinuosités de la topologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous distinguez deux sens du mot « forme » : à côté de la conception traditionnelle, qui renvoie à l'organisation ou à la mise en forme d'une matière, il y a l'idée moderne de formalisation, qui est bien différente. C'est pourquoi, selon vous, le primat de l'acte peut déboucher sur un nouvel art formel. A quoi ressemblera-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà où ma méditation à la fois culmine et tourne court. On ne sort du romantisme que par la voie de la formalisation. Cependant, le siècle a su médier cette opposition. Il a pratiqué ce que j'ai appelé un romantisme formalisé, soit d'un côté la réduction de la finitude de l'œuvre à l'acte de sa genèse, de l'autre la réduction de l'infinité de l'Idée à sa trace gestuelle. Finalement, le romantisme formaliste, typique d'aujourd'hui, vise à faire coïncider dans une sorte de présent pur et toujours révocable, la disparition d'un objet et le corps actif d'un sujet. Par quoi nous restons, mais sous une forme presque évanouie, dans le schème romantique de l'incarnation. Ce vers quoi il faut se tourner retiendrait du formalisme, la précision et l'injonction de l'axiome, et du romantisme l'exigence de l'Idée, étrangère à toute résignation. Nous disions : sortir du romantisme par la formalisation. Plus précisément : trouver les axiomes d'un point de réel, et concevoir l'œuvre comme l'ensemble des conséquences de ces axiomes. L'idée fondamentale, en art et ailleurs, est aujourdh'ui celle d'une discipline des conséquences. Rendre visibles les conséquences d'un axiome sur le réel, tel est le chemin. Et il est vrai qu'un tel axiome croise la politique, c'est inévitable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'héritage de l'art du Siècle ne serait-il pas alors plutôt du côté de l'art critique, dont le principe, si clairement illustré par Brecht, est de mettre en scène et de faire travailler l'écart entre le réel et son semblant ? Pas un art « absolu », mais un art lucide, capable d'exhiber le montage de fictions et de masques par lequel l'artiste risque de dissimuler l'efficace réelle de ses opérations… Cependant, s'il n'y a plus de création dans l'ordre de la politique, ou si c'est le « consensus éthique » qui en tient lieu, un art critique est-il encore possible ? C'est la question formulée par Rancière dans son dernier livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réel et semblant, oui, c'est la grande question. C'est sans doute pourquoi le XXe siècle a été par excellence le siècle du spectacle, en un sens moins métaphysique que celui que revendiquait Debord : invention du cinéma, certes, mais aussi, par Stanislavski et Meyerhold, de la mise en scène comme art indépendant. Invention aussi des gigantesques spectacles de la politique révolutionnaire d'Etat. Dans cette dialectique, le problème, que j'ai souligné, est celui de la « pureté » du réel. Car où s'arrête le semblant ? Où est le « dernier » masque ? Le travail de l'écart risque à tout moment de se dissoudre dans les jeux de miroir qui furent, Pirandello en témoigne, une des grandes tentations du théâtre du Siècle. Parce qu'il y a deux thèses à distinguer. Celle qui dit simplement qu'entre le réel et le semblant, on peut montrer la distance, et inciter ainsi à une identification au réel. C'est la voie brechtienne de la critique des représentations idéologiques. Et celle, bien plus tortueuse, et bien plus implantée dans la création artistique vivante, qui dit que le réel n'est rien d'autre que l'écart lui-même. Le réel, c'est toujours l'intervalle de deux fictions. C'est en ce point que la question de Rancière devient vive, et très ajustée. L'invention politique a, de longue date, été chargée de fournir à l'art un point d'arrêt. « Ceci est incontestablement réel », prescrit la politique ; « que l'art distribue les fictions au revers desquelles, ou au défaut desquelles, se tient cet incontestable ». Tel est le chemin éclairé de Brecht. Il y a un moment où le semblant n'est plus de mise. Arturo Ui est une canaille, cela ne saurait être relativisé par la fiction où intervient son masque. Mais dans une période où l'invention politique est minorée, que faire ? Eh bien, tenir qu'elle existe toujours au moins en un point. Nous n'avons pas besoin, après tout, de totalisation réelle. Un point suffit. Ou comme dirait Lacan : un point de capiton. Il y a toujours assez de politique dans le monde pour proposer à l'art au moins un point de capiton, où s'épingle et s'exténue l'infini renvoi des semblants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A partir d'un poème de Celan, vous dégagez la figure d'un « nous » qui ne serait pas un « je » ou un sujet collectif : c'est le « nous » disparate de l'ensemble, auquel fait écho dans vos analyses la notion de fraternité. « Ensemble », vous le rappelez, était aussi le mot d'ordre des manifestants de décembre 1995. Mais vous dénoncez par ailleurs, dans des termes proches de ceux de Rancière, l'orientation caritative d'une partie de l'art contemporain. L'artiste devient une sorte de médiateur social chargé d'« interroger » ou d'accueillir de nouvelles figures de la communauté : rencontre, partage, entrelacement des récits de vie intimistes et de la mémoire collective, mise en scène ironique ou festive des relations de proximité entre les êtres, des formes de subjectivation et de coexistence induites par la consommation des biens symboliques, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous mettez le doigt sur la plaie ! La crise fondamentale de cette ouverture de siècle est que nous sommes pris dans la tenaille de l'individualisme jouisseur d'un côté et du « nous » communautariste de l'autre. Le « nous » de la fraternité politique, celui dont - par exemple - se fait tout l'art des romans de Malraux, ne nous est plus accessible que très fragmentairement. Les sucreries sur « l'être-ensemble » citoyen, la convivialité, le respect de l'autre, ne sont que des manteaux usés qu'on jette sur le nu indécent de la survie personnelle et rapace. Et la restauration des folklores, des religions, des agapes nationales ou villageoises, n'est que l'abri provisoire de quelques tueries utiles aux puissants. L'art, peut-être, et singulièrement le cinéma, ne pourraient-ils avoir pour fonction d'inventer une sorte de « nous » anonyme, comme est celui qui unit les mathématiciens dans l'accord sur une démonstration, ou les amants dans l'accord de leur traversée du monde ? Je le crois, et c'est aussi pourquoi je scrute les arts immédiats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un numéro récent de Critique consacré à la « cinéphilosophie », vous parlez du cinéma comme « emblème démocratique ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, avec toute l'ambiguïté de la formule. Car le cinéma est évidemment la production industrielle d'une démocratie des images, d'un universel partage des images, dont le paradigme est l'art pompier des Empires finissants. Mais il est aussi la ressource d'une adresse nouvelle de l'art, d'une universalité encore balbutiante. Il est le seul art qui soit, aujourd'hui, à la mesure du monde. Il est le seul à pouvoir inventer les enseignements et les fables qui feront lever chez les jeunes, qui montent sur la scène de la vie harassée, les nouvelles et indispensables « révoltes logiques ». J'ai foi dans le cinéma. Du reste je me dis qu'une fois publiée l'ultime écrit synthétique de ma philosophie, Logiques des mondes, qui doit paraître au début de 2006, je tenterai de tourner la philosophie du côté de l'expression filmique. Après tout Platon, après avoir dit du théâtre tout le mal qu'il en pensait, a quand même donné à son commencement philosophique une forme théâtrale. Or aujourd'hui, la philosophie recommence, cela est certain. Le cinéma pour recommencer, après le théâtre pour commencer ? Pourquoi pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, vous marquez votre défiance à l'égard d'un art qui se complait dans la célébration du corps supplicié ou dans une forme de cruauté orgiaque. Pourtant, vous le rappelez, la cruauté est une figure du réel. Elle se manifeste chaque fois qu'un individu est transcendé par « quelque chose de plus vaste que lui ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cruauté n'a de sens qu'à rendre lisible la transcendance de l'Idée. Elle est alors elle-même déplacée du corps vers le plus-que-le-corps, elle est la violence faite au fini par l'infini, violence qui n'est pas une incarnation ou une descente, mais une relation disjonctive, aurait dit Deleuze. Ce genre de cruauté nous rend plus forts, nous rend meilleurs. Alors qu'en général, évidemment, le consentement à la cruauté avilit. Il ne s'agit jamais, dans l'art, que de traverser la cruauté vers l'affirmation du point de laquelle, rétroactivement, la cruauté s'illumine comme avènement d'un sur-corps. N'ayons pas peur des mots : d'un corps glorieux. C'est une des définitions possibles de l'art : faire voir ce que c'est qu'un corps glorieux. La plupart des exhibitions contemporaines du corps n'y parviennent nullement. Elles arrêtent au contraire le corps dans l'insuffisance de son obscénité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« L'art atteste ce qu'il y a d'inhumain dans l'humain. » Il est clair que dans cette formule l'inhumain doit se concevoir sans le pathos qui accompagne l'idée d'une altérité radicale. Lyotard parlait lui aussi de l'inhumain, mais vous vous réclamez d'un « inhumanisme formalisé ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Absolument. Il n'y a dans l'accès à l'inhumain, que je crois seulement préliminaire au surhumain, aucune instance de l'Autre. L'art doit nous montrer des incorporations nouvelles, ce dont l'humain est intérieurement capable, et qui est bien au-delà de lui. Encore une fois : ce que c'est qu'un corps glorieux. Toujours plus nouveau, et d'une gloire elle-même neuve.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-3392694056553321235?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/3392694056553321235/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=3392694056553321235' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/3392694056553321235'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/3392694056553321235'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/le-21e-sicle-na-pas-commenc.html' title='« Le 21e siècle n&apos;a pas commencé »'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-6021142535663339125</id><published>2008-04-09T00:51:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T00:53:06.766+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Où va l’innovation ?</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Jonathan Huebner publie dans Technological Forecasting and social change un article à la thèse paradoxale. Selon cet auteur, physicien pour le Pentagone, notre époque vivrait une phase de déclin en termes d’innovation. Malgré les développements des ordinateurs, des nanotechnologies ou de la génétique, l’auteur affirme que le pic en matière d’innovations se situerait entre 1873 et 1915. Depuis, l’innovation décroîtrait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour aboutir à ce résultat contre intuitif, l’auteur s’est appuyé sur un ouvrage paru en 2004, The History of Science and Technology, qui recense 7200 innovations fondamentales. Il a ensuite pondéré le nombre d’innovations par la population et a trouvé ce résultat : les innovations connaissent un pic en 1873, puis déclinent depuis (malgré l’impression d’une croissance exponentielle).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un deuxième temps, il a examiné les brevets déposés entre 1790 et aujourd’hui. Le nombre de brevets par habitant atteint un pic en 1915. Entre ces deux pics, entre 1873 et 1915, vivait par exemple Thomas Edison (1000 brevets déposés).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le taux aujourd’hui est de sept innovations importantes par million d’habitants par an, comme en 1600. En 2024, le taux sera le même qu’au Moyen-Âge, ce qui ne veut bien sûr pas dire qu’il n’y aura plus d’innovations (il y a beaucoup plus d’habitants qu’au Moyen-Âge). Mais selon Huebner, 85% des technologies économiquement faisables sont déjà réalisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pessimisme de Huebner va à l’encontre des théories telles que celle de Moore, qui affirme que la densité des puces double tous les dix-huit mois et considère l’innovation selon un modèle plus exponentiel. D’une manière générale, ses résultats sont assez contestés : Ray Kurzweil, expert en intelligence artificielle, critique le choix arbitraire, selon lui, de 7000 innovations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Eric Drexler, l’un des pionniers des nanotechnologies, une autre méthode consisterait à analyser diverses capacités – vitesse du transport, puissance des bandes passantes, coût de la computation, etc… On s’apercevrait alors que la science n’avance pas uniformément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;John Smart, membre d’un think tank américain, accepte certains résultats de Huebner : toutefois, selon lui, si l’innovation semble ralentir alors qu’elle accélère, c’est parce qu’elle devient moins humaine. Les progrès se font sous forme de processus de calculs abstraits, moins palpables. Néanmoins, Huebner rétorque que si une innovation n’est pas racontable par ceux qui racontent l’histoire technologique, c’est qu’elle n’est pas fondamentale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, selon Modis, un physicien et futurologue suisse, le pic a lieu aujourd’hui. Comme les innovations ne peuvent avoir lieu de façon exponentielle et permanente, elles doivent forcément baisser à un moment… moment auquel nous sommes arrivés. Ainsi, le sens de l’innovation fait controverse, et le débat n’est pas tranché entre ceux qui voient un déclin brutal, ceux qui perçoivent un ralentissement lent et long et ceux qui s’attendent à une croissance encore exponentielle de l’innovation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;strong&gt;Source : www.newscientist.com&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-6021142535663339125?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/6021142535663339125/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=6021142535663339125' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/6021142535663339125'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/6021142535663339125'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/o-va-linnovation.html' title='Où va l’innovation ?'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-952045811926593423</id><published>2008-04-09T00:39:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T00:40:47.020+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>Diversité artistique et culturelle en danger !</title><content type='html'>&lt;span&gt;&lt;span&gt;L’Etat a décidé de réduire le budget qu’il consacre à la culture. Les acteurs culturels commencent l’année 2008 dans la plus complète incertitude concernant leurs financements. Les plus touchées par ce désengagement de l’Etat sont les associations artistiques et culturelles, compagnies, salles de spectacles, lieux d’accompagnement des pratiques amateurs… qui constituent le vivier de la création et de l’innovation, et sont par leur proximité les premières interlocutrices des populations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les baisses annoncées touchent au financement de la création et de la diffusion. Mais plus encore, à l’heure où l’éducation artistique et le droit à la culture pour tous sont affirmés comme prioritaires par le Président de la République, ce sont les aides aux actions culturelles en zone rurale, dans les quartiers, les écoles, les hôpitaux, les prisons… qui sont largement diminuées, voire annulées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Etat, en se désengageant, démantèle le maillage artistique et culturel français, renforce les inégalités territoriales, lamine l’action de proximité et confine les populations à l’offre unique et globale des industries du divertissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Etat refuse de voir l’importance économique, sociale et symbolique des milliers d’équipes qui font la dynamique artistique et culturelle de notre pays. En faisant reposer les baisses de crédits sur des structures qui sont parmi les plus fragiles du champ culturel, et en centralisant ses moyens sur ses propres institutions, l’Etat met en danger la diversité artistique et culturelle en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a pas de diversité artistique et culturelle sans diversité des initiatives sociales et économiques et sans reconnaissance réelle du droit culturel de tous les citoyens français.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;strong&gt;Source: FEDUROK - Fédération des lieux de musiques amplifiées/actuelles&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-952045811926593423?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/952045811926593423/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=952045811926593423' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/952045811926593423'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/952045811926593423'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/diversit-artistique-et-culturelle-en.html' title='Diversité artistique et culturelle en danger !'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-4520646876462341509</id><published>2008-04-09T00:35:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T00:38:36.201+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Culture'/><title type='text'>L'emploi dans le spectacle vivant</title><content type='html'>&lt;span&gt;le &lt;strong&gt;8 avril&lt;/strong&gt; au &lt;span&gt;FIL à Saint Etienne (42)&lt;/span&gt;. Cette rencontre est proposée par l'&lt;strong&gt;AMDRA&lt;/strong&gt; dans le cadre des "Journées de l'Agence".&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span&gt;Pour en savoir plus: http://www.lamdra.fr/une/pdf/LesJournees.pdf&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-4520646876462341509?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/4520646876462341509/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=4520646876462341509' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4520646876462341509'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/4520646876462341509'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/lemploi-dans-le-spectacle-vivant.html' title='L&apos;emploi dans le spectacle vivant'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-2838824087789966451</id><published>2008-04-09T00:33:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T00:34:44.615+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>À propos de "Sex and Gender" : Droit au sexe ou droit du sexe ?</title><content type='html'>&lt;i&gt;&lt;span&gt;Jean Périn - 24/02/2008 http://www.freud-lacan.com/articles/article.php?url_article=jperin240208&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Le dernier numéro du Bulletin de l'A.L.I. met à la rubrique "question de droit" le transsexualisme, avec un titre alléchant : Le choix du sexe serait-il un droit de l'homme ? Monsieur tout homme pourrait devenir Madame pas toute, vice-versa. S'il existait, ce droit au sexe serait délirant. Mais il s'agit de moins que cela puisque la demande du transsexuel c'est de modifier, quant au sexe, l'acte de l'état civil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le(s) droit(s) de l'homme, ce qu'on appelle ainsi, puise son origine dans la philosophie et non chez les juristes. Michel Villey, juriste et philosophe du droit qui a critiqué et pourfendu la notion, en a montré l'origine philosophique à partir du nomminalisme d'Occam. J.Lacan n'est pas loin de cette position, qui écrit "les droits de l'homme sous l'optique de la philosophie se ramènent à la limite de désirer en vain" ("Kant avec Sade").&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment avec de la philosophie faire du droit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cour européenne des droits de l'homme, aux fins de protéger le transsexuel a fini par choisir l'article 8 de la Convention qui protège la vie privée des personnes. Cette disposition a été introduite dans le code civil, comme si le même droit interne n'en avait jamais eu cure auparavant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui était demandé par le transsexuel était la mise en accord de la mention du sexe dans l'acte de l'état civil et l'apparence extérieure de la personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie privée concerne aussi la vie publique d'une personne. Un désaccord trouble l'ordre public, question de police, au sens de la police de l'état, donc au sens de Hegel. L'acte de l'état civil étant à entendre au sens du Chancelier d'Aguessau (Essai sur l'état des personnes, 1668-1751).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rectification d'un acte de l'état civil ne revêt pas la charge du procès ordinaire avec ses joutes procédurales. Le phallus est distribué autrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médecins qui s'occupent des transsexuels voyaient le jugement en rectification venir couronner la longue série des actes médicaux subis par le transsexuel. Jugement thérapeutique, donc. Le jugement qui avait remis le Président Schreber dans l'exercice de ses droits civils il faut en convenir, eut un tel effet .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'École de Sainte-Anne qui publia deux gros volumes sur la question du transsexualisme (dont malheureusement il n'est fait aucune mention dans l'article susvisé) critiquait la notion de transsexualisme "vrai" exigée comme condition préalable à la procédure de rectification. Elle estimait que celle-ci mettait en péril la notion d'indisponibilité de l'état des personnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut comprendre les juges qui ont à juger de ces affaires. Être "vrai transsexuel" c'était, dès lors qu'on accordait la rectification, écarter les fantaisistes. Au fond, on ne change pas de sexe par plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chirurgiens ne castrent pas non plus pour le plaisir; le rôle de la jurisprudence n'est-elle pas de maintenir une certaine constance dans le principe de plaisir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors ce que les médecins psychiatres et psychanalystes de l'École de Sainte-Anne, avec Marcel Czermak, contestaient c'était, pour en revenir à la formulation de Lacan, que la demande des malades ne pouvait faire d'eux des désirautres. Faute de cette nuance, on pouvait croire que le prétoire était interdit aux malades à cause de leur folie. Le transsexualisme était pour l'École de Sainte-Anne en effet une psychose.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-2838824087789966451?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/2838824087789966451/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=2838824087789966451' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2838824087789966451'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/2838824087789966451'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/propos-de-sex-and-gender-droit-au-sexe.html' title='À propos de &quot;Sex and Gender&quot; : Droit au sexe ou droit du sexe ?'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-3672208615264989837</id><published>2008-04-09T00:29:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T00:32:27.906+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Dialogue Guattari/Robin sur une écologie étendue</title><content type='html'>&lt;span&gt;&lt;i&gt;Publié 29 septembre 2007 dans -&gt; HASARD des RENCONTRES et FRAGMENTS de :, -&gt; PERSPECTIVES TRANSVERSES, Jacques Robin et Felix Guattari&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;S’il existe une écologie des (mauvaises) idées comme une écologie de (mauvaise) l’herbe, celle-ci ne serait-elle pas à trouver dans les conditions de production du terreau nécessaires à faire grandir nos actions pour et avec l’environnement. Car pourquoi ici telle ou telle solution n’est pas implémentée alors que nous en avons les moyens techniques ? Quel mode de pensée et quel type d’organisation sociale associée font que précisément telle mesure ne voit pas le jour ? Pourquoi favorisons-nous les mesures fondées sur « toujours plus de…moins de nous-mêmes dans le monde » ? Autrement dit pourquoi n’avons nous pas le désir de, la patience de, et préférons raisonner en terme de pénurie et d’urgence ? Tout ne serait-il pas le symptôme d'une d’une écologie des idées défaillante, d'un mauvais terreau de pensée ? L'extrait suivant de l'article de la revue Multitudes : « Révolution informationnelle, écologie et recomposition subjective » nous éclaire sur cette voie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Robin : Il se produit actuellement de véritables ruptures technologiques et culturelles. La révolution technologique de l’information et de la commande est à mes yeux d’une tout autre nature que ce qu’on avait connu jusqu’à présent, parce que le concept d’information, qu’on ne connaissait pas avant 1950, est arrivé très brusquement.&lt;br /&gt;La recherche de l’accomplissement de soi qui se dégage, semble-t-il, vis-à-vis du travail, vis-à-vis des rapports de l’homme et de la femme, de la volonté de s’épanouir, ces mutations s’accomplissent, aux premières lueurs de 1990, avec deux autres défis fantastiques de l’actualité immédiate : le défi de nos rapports avec la biosphère, c’est le défi écologique ; et l’effondrement chaotique du marxisme-léninisme. Et je n’oublie pas les éléments de la toile de fond, c’est-à-dire une formidable expansion démographique.&lt;br /&gt;Au moment où la mondialisation des télécommunications et des connaissances se fait, on assiste en réalité aux divisions des sociétés, des hommes dans ces sociétés. Non seulement la division nord-sud, dont on parle toujours avec raison, mais, à l’intérieur de nos sociétés occidentales, la dualité de l’économie et la dualité culturelle. Je vois actuellement un tableau vraiment chaotique où la reconstruction est peut-être possible, mais où, pour l’instant, on assiste à la destruction.&lt;br /&gt;Qu’est-ce que ça veut dire : « de nouveaux rapports avec la nature » ? Comment caractériser ce moment socio-économique et comment imaginer d’autres pratiques culturelles, non pas des individus, mais des personnes et des sociétés ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Guattari : J’accrocherais dans la nébuleuse l’idée qu’on ne peut pas séparer les transformations technico-scientifiques des transformations politiques, des bouleversements politiques.&lt;br /&gt;Non pas que ce soit quelque chose de nouveau, parce que je pense qu’il en a toujours été de même. L’idée que j’ai à cet égard est un peu stéréotypée. Je pense au projet Apollo qui a impliqué la conjonction de ce que j’appellerais, de façon un peu générale, des flux technologiques, des flux de connaissances, des flux humains, des flux de savoirs avec des flux économiques, c’est-à-dire la capacité de réaliser l’investissement qui était en question, et avec des flux politiques, et donc on peut dire des flux de désirs individuels et collectifs - on peut dire qu’un objet comme celui de la conquête de la Lune impliquait un agencement de flux extrêmement hétérogènes.&lt;br /&gt;C’est cette interaction entre des flux que, de façon erronée, on tenait pour séparés, qui joue et jouera de plus en plus dans la désorientation actuelle des coordonnées sociales et politiques. On ne peut rendre compte de ce coup de théâtre que si, précisément, on fait l’association entre la révolution en matière de production de subjectivité qui est liée à cette révolution technico-scientifique, et les remaniements des cadres sociaux, des cadres territorialisés, des cadres politiques.&lt;br /&gt;Sinon, on ne comprend pas du tout pourquoi, d’un seul coup, il y aurait cette implosion des rapports stratégiques, des rapports de domination, etc.&lt;br /&gt;Donc, pour rendre compte de cette articulation entre les soubresauts politiques gigantesques qui existent aujourd’hui dans le monde et les révolutions technico-scientifiques, il faut essayer de cerner de plus près en quoi les technologies informatiques et de la commande ne sont pas uniquement de l’ordre des techni-sciences mais interviennent en tant que telles dans la production de subjectivité individuelle et collective. A cette condition, on pourra rendre compte d’interactions, de relations, de ruptures événementielles qui, autrement, apparaissent comme tout à fait déconcertantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Robin : L’accent sur les technologies de l’information et de la commande, c’est un message qui me paraît très, très difficile à passer. Jusqu’en 1950, nous connaissons en gros deux caractéristiques de la matière, la masse et l’énergie. Et puis, par la manipulation pratique des choses, des ingénieurs de Label Corporation étudiant comment on pourrait rendre plus fiables les convois de navires des États-Unis vers l’Europe pendant la guerre mondiale, découvrent qu’on peut améliorer l’opérativité par une série de prises en compte dans le désordre des bruits d’information. Shannon en fait ensuite la théorie, il baptise « bits » cette nouvelle mesure physique. C’est l’envolée de toutes les techniques informationnelles, qui ne sont pas seulement les techniques de l’informatique, mais qui deviennent celles des télécommunications lorsque, à partir de 1970, on est capable de commutations électroniques, c’est-à-dire de transformer des images en sons et des sons en textes, et réciproquement.&lt;br /&gt;Et il y a les biotechnologies, qui sont en train de transformer tout le paysage industriel, de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Que sont finalement les enzymes de restriction ? Ce sont des robots vivants. Cloner, c’est passer de l’information ; et sélectionner des semences, c’est passer de l’information d’une semence à une autre.&lt;br /&gt;Ces nouvelles technologies n’ont pas été pensées. Le premier qui l’a pensé, c’est Boulder, en 1952. On ne savait pas qu’on pouvait lever l’incertitude des rapports de la matière en stockant puis en computant de l’information et de la commande. Dès qu’on est capable de faire un algorithme et de l’introduire dans une machine, on obtient des automatisations que l’on n’avait jamais conçues jusque-là. Il y a ensuite Bateson, Atlan, Morin, qui disent : « attention ! cet élément d’information qu’on retrouve avant tout dans les structures du vivant, c’est quelque chose de tellement nouveau que ça devient une autre nature du progrès technique. » C’est la première fois - depuis le paléolithique - que les hommes sont capables de mettre en forme des objets sans passer par leur propre énergie ou des énergies qu’ils trouvent, puisque, par des codes, des mémoires, des messages du langage, ils le font directement .&lt;br /&gt;Contrairement à ce qui se passe dans l’ère énergétique, où, quand on partage un objet, chacun en a une partie, dans l’ère de l’information, on repart chacun avec son information. Il n’y a pas de partage de l’information, mais duplication.&lt;br /&gt;Et puis nous arrivons à l’automatisation. Si on a connu d’autres automatisations (le métier de Jacquard, l’électricité), on nous dit : « on a connu d’autres révolutions ! ». Mais il n’y a aucun rapport, car c’est dans une quantité telle que ça devient qualitatif, c’est quelque chose de nouveau.&lt;br /&gt;Cette révolution des technologies de l’information et de la commande n’est pas simplement une « troisième révolution industrielle », mais quelque chose de totalement nouveau, qui conduit à une autre alphabétisation. Tous les ratios économiques sont fichus. Que veut dire productivité marginale ? Que veut dire rentabilité marginale ? Que deviennent les bases du calcul néoclassique devant cette irruption tout à fait nouvelle ? Face à ça, les économistes disent : « ce sont des cycles de Kondratieff. On est pour l’instant en fin de cycle mais, le jour où ça va se diffuser, tout va repartir. » Même les hommes qui pensent la technique disent : « c’est la révolution de l’intelligence. » Mais non, nous sommes devant une rupture qui met en l’air l’économie industrielle marchande.&lt;br /&gt;L’évolution de la science moderne s’est faite avec un impératif fondamental, « connaître pour connaître ». Elle a créé son autonomie scientifique, cette idée. Elle utilisait la technique parce qu’il fallait bien que, sur une hypothèse, elle manipule, qu’elle vérifie cette hypothèse. Mais l’arrivée du système marchand, depuis un siècle et demi, se fait avec une force telle que l’inversion se produit : comme ce système n’accepte que des techniques qui conduisent à des « produits », la science se met à la remorque de la technique, qui lui demande simplement de lui donner quelques conseils nouveaux pour fabriquer des objets. Cet asservissement de la science à la technique se produit au moment où nous sommes dans une nouvelle révolution, par l’irruption de l’information.&lt;br /&gt;Ces deux éléments très nouveaux sont en train de bouleverser les subjectivités, les rapports sociaux On pourrait avoir un même niveau de vie avec un travail qui serait deux fois moins grand. Mais alors, se demandent les gens : « Qu’est-ce qu’on va faire ? »&lt;br /&gt;Les gens n’ont pas reçu les clefs pour se dire que la connaissance, la curiosité, les rapports humains, l’émulation, la convivialité sont quelque chose d’autre que la sur-compétitivité à laquelle on nous accule et dont, peut-être, on pourrait sortir avec une Europe étendue qui dirait non - pas à l’émulation, mais à cette sur-compétitivité.&lt;br /&gt;Dès qu’il y a changement d’atmosphère, il y a des rapports phénoménaux qui mettent à bas toutes les idéologies dures qui nous entourent : idéologie de maîtriser la nature, l’idée que les rapports entre les hommes sont des hiérarchies de valeurs, alors qu’elles ne peuvent être que des hiérarchies de services ou de fonctions temporaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Guattari : Je voudrais re-problématiser la question de la subjectivité en amont de cette même question. Je relisais le livre de Joseph Nadal sur les sciences scientifiques et chinoises : vous avez le passage d’une description en termes langagiers triviaux de faits pré-scientifiques à une écriture mathématisée, à des algorithmes, qui, à partir de la Renaissance, va créer une multitude de problématiques nouvelles, et je dirais même d’univers de références mutants.&lt;br /&gt;On peut se dire : « au fond, en termes uniquement quantitatifs d’information, les équations mathématiques, les algorithmes, les descriptions mathématisées ne sont que des simplifications, ne sont que des façons de raccourcir des informations qui pourraient être véhiculées dans le langage trivial. »&lt;br /&gt;À mon avis, il y a une rupture existentielle complète à partir de la Renaissance, et d’ailleurs pas seulement dans le domaine des sciences, mais aussi dans tous les domaines des arts et de la musique, en particulier les rapports sociaux. Il y a une production de problématiques, une production de subjectivité qui est en rupture qualitativement du fait d’un certain type de traitement binarisé, de nouveaux types d’écriture scientifique, algorithmique, etc. Car le primat porté aujourd’hui sur l’information comme nouvelle catégorie à côté de la masse et de l’énergie a pour effet d’accentuer à un degré supplémentaire ce caractère de production de nouveaux types de problématiques, de nouvelles subjectivités.&lt;br /&gt;Autrement dit, si l’on méconnaît la spécificité qualitative de ce qui s’opère avec ces nouveaux types d’écriture, en particulier informatique, télématique, etc., alors on se retirera les moyens de comprendre les incidences au niveau social et au niveau de la subjectivité. Elles resteront dans des cadres antérieurs, dans un décalage total par rapport aux diverses révolutions technico-scientifiques et biologiques que nous vivons.&lt;br /&gt;Le résultat, c’est que, parallèlement à cette déterritorialisation générale des moyens de sémiotisation du cosmos, de la vie, des rapports sociaux, des rapports imaginaires, etc., on assiste à une massive reterritorialisation, à un massif retour à des idéologies de référence, quelquefois tout à fait archaïsantes, parce qu’il n’y a pas cette articulation au niveau de cette révolution subjective, portée par ces mutations technico-scientifiques.&lt;br /&gt;Le concept d’information me semble totalement insuffisant pour rendre compte des mutations dans ces questions, c’est-à-dire qu’il reste dans un continuum qui est celui de la langue triviale, c’est-à-dire du point de vue humain, du point de vue mono-centré humain, sur les processus en question.&lt;br /&gt;Alors que la révolution informatique et communicationnelle implique un éclatement de ce point de vue globalisant et la création de ce que j’appellerais des « conservateurs partiels » qui ne sont plus d’ordre humain et qui échappent aux types de finitude humaine avec la mort, l’angoisse, la douleur, le désir, etc. et multiplient des facteurs de subjectivation partielle qui échappent aux anciens modes de territorialisation de la subjectivité. C’est pour cela que ce concept d’information, n’est utilisable que jusqu’à un certain point ; il est dangereux de s’y limiter, si on ne l’associe pas à ce que j’appelle une « fonction existentielle », corrélative à ces mutations informationnelles.&lt;br /&gt;La question se pose : si vous inventez une communication télématique, si vous inventez un mode de transmission du savoir, un mode de mémorisation par banques de données, etc., qu’est-ce que vous faites ? Vous ne faites pas seulement un travail sur l’information, vous faites un travail de mutation sur la subjectivité. Une subjectivité qui échappe à l’emprise de l’individu dans son rapport originaire, mais qui est une subjectivité sociale et machinique qui tend à un décentrement, à un excentrement radical de la connaissance par rapport à l’individu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Robin : Je ne place pas la révolution du concept d’information et de commande au centre. C’en est un élément, mais il faut voir que cet élément va bouleverser la logique économique et sociale. La logique économique avait été d’optimiser des modes énergétiques de production ; presque toutes les sociétés se sont bâties jusqu’à présent là-dessus. Nous arrivons à un moment où les biens vont devenir abondants, même en tenant compte de la démographie. Si nous voulions bien faire tourner les machines actuellement, mettons pour l’Occident, nous transformerions totalement le problème.&lt;br /&gt;Seulement, les économistes n’ont jamais appris à répartir. On ne sait pas distribuer. Il manque tant de choses, même dans notre communauté européenne ou américaine, tant de choses banales : frigidaires, moyens de transport, etc. Toutes ces choses, on sait les produire. Seulement, si on les distribuait, on mettrait en l’air les hiérarchies sociales telles que nous les connaissons. Donc on ne les distribue surtout pas et on fait l’impossible pour que cette révolution de l’information et de la commande ne soit faite que petit à petit, quand on ne peut pas faire autrement. Le PNB actuel de la France pourrait être fait avec 20 h de travail partagé, avec les 5 millions d’inactifs. Mais cela veut dire une toute autre conception du rapport des gens avec le social.&lt;br /&gt;Le concept d’information est central, il faut en tenir compte, mais il ne m’intéresse que dans la mesure où il pourrait permettre d’autres rapports humains. On ne veut pas prendre en compte qu’il va foutre en l’air les règles économiques habituelles, donc les conséquences sociales de ces règles, donc ce que nous voyons se faire sous nos yeux, c’est-à-dire la division de la société en deux. Je soutiens qu’il y a 15 millions de Français qui passent leur temps à essayer de subsister. Ainsi, si vous prenez les handicapés, les femmes seules, les vieillards, les gens qui sont en-dessous du SMIC, les gens qui sont marginaux, etc., on arrive tous à peu près à ces chiffres. On est en présence d’un phénomène nouveau qui est une conséquence inéluctable de cette révolution de l’information.&lt;br /&gt;Mais, ce qui m’intéresse le plus, c’est comment, au contraire, la prise en compte de ce concept d’information pourrait se transformer en une société de communication où la créativité, et les rapports nouveaux des gens, occuperaient une place différente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Guattari : Il n’y a pas de linéarité dans le sens d’une progression possible dans le développement de cet axe des révolutions technico-scientifiques. Il n’y a pas de progressisme linéaire. Il me semble qu’il y a une contradiction majeure et quasiment irréductible entre la subjectivité humaine avec ses caractères de finitude et la subjectivité non humaine, massivement produite par tous les rouages technico-scientifiques et sociaux, et que c’est là que se pose un gap, un problème, une prise, une pratique spécifique et une responsabilité éthique, à tous les niveaux.&lt;br /&gt;Je ne voudrais pas que l’on considère simplement qu’il suffirait de dire, eh bien ! donnons un supplément d’âme aux révolutions technico-scientifiques pour que, finalement, on s’arrange de tout ça et qu’on rétablisse la situation pour éviter les désastres qui existent dans les pays du Tiers-monde, ou l’intégration chaotique des pays de l’Est au sein du capitalisme mondial intégré.&lt;br /&gt;Si l’on fait l’impasse sur le fait que toute cette progression dans l’ordre technico-scientifique engendre des mythes infantilisants qui font croire à une sorte d’éternité de l’individu, on continuera d’entretenir des illusions qui ne résoudront pas les problèmes de recomposition subjective et retomberont brutalement sur des impasses catastrophiques. Pour moi, par exemple, en France, la prise de conscience écologique est totalement symétrique avec la montée d’une idéologie néonazie avec le Front national.&lt;br /&gt;Il s’agit de penser ces deux type d’éléments ensemble, sinon on aura cette espèce de réflexe qu’on observe dans la gauche depuis longtemps, depuis la première élection de Dreux, de dire : « oh ! c’était pas grave, c’était du poujadisme, ça va s’arranger la prochaine fois. » Ou Giscard d’Estaing qui déclare hier : « oui, mais Dreux, c’est une sorte de sondage, il ne faut pas en tenir compte. » Bien sûr que si, il faut en tenir compte, puisqu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal, il s’agit de quelque chose qui concerne une inquiétude existentielle de 90% de l’opinion, ce qui n’empêche pas qu’il y a aussi 90% de personnes qui, d’un autre côté, sont préoccupées du drame écologique.&lt;br /&gt;On est devant une sorte de désaxation généralisée des coordonnées subjectives. La problématique de la recomposition subjective à tous les niveaux où se situe l’impact de ces révolutions technico-scientifiques doit être posée. par une re-finalisation des processus d’information, de télématisation, robotisation, etc., la finalité n’est pas seulement d’établir une relation de marché en fonction de la rareté des produits pour arriver à un certain profit marginal, mais elle est de recentrer totalement les activités humaines sur d’autres systèmes de valeurs, de l’écologie mentale jusqu’aux niveaux les plus planétaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Robin : Je voudrais montrer comment une prise de conscience écologique va avoir une action très forte , dans les 10 ou 20 années, une action socio-économique et, bien entendu avant tout, dans l’idée des nouveaux rapports, d’une nouvelle alliance avec la Nature.&lt;br /&gt;Il est très difficile de faire passer le message que la Biosphère est un système hyper complexe autorégulé, ce qui veut dire non seulement que nous subissons l’influence de l’écosystème dans lequel nous sommes, mais que notre mode de vie va agir sur cet écosystème.&lt;br /&gt;Nous nous trouvons devant un choix écologique : nous ne pouvons plus nous livrer à des activités industrieuses sans qu’il y ait des conséquences gravissimes pour la survie de notre espèce. Or, que voyons-nous dans la société, dans le système industriel marchand tel que nous le connaissons ? Une politique de l’environnement. C’est à dire : tant pis ! il y a un effet de serre, il y a un trou d’ozone, bon, on va vendre un petit peu plus de pots catalytiques, on va trouver des substituts aux aérosols, mais on ne va pas changer notre modèle de consommation, notre gaspillage, notre modèle de production, notre démographie, et puis on va créer des éco-industries. Tant mieux ! en créant des éco-industries, on va faire du PNB, on va peut-être créer des emplois. On ne veut pas avoir cette idée fondamentale que nous sommes en co-pilotage avec la Nature. Nous sommes avec la Nature en situation. . L’élément le plus complexe qu’elle a créé, c’est-à-dire l’homo demens, va continuer son évolution, sauf s’il se fait exploser lui-même, mais il a une chance d’être celui qui peut « co-piloter » un peu dans cette symbiose avec la nature, et c’est une transformation radicale des rapports, des uns et avec les autres. Cette écologisation des idées, veut dire que nous avons un autre rapport avec la Nature - on n’est pas en admiration devant la Nature, on l’a toujours transformée.&lt;br /&gt;Je pense que l’écologie est un grand tournant, à condition que cette écologie soit prise dans ce sens et non pas dans celui d’une ingénierie écologique qui nous amènerait probablement à une sorte de terreur écologique aussi grande que la terreur raciste.&lt;br /&gt;Quand j’entends dire que l’écologie n’est pas à marier : si, l’écologie est à marier avec la dimension sociale. Sinon, elle devient un danger. Et il y a plus que la dimension sociale et économique, elle doit se marier avec une sorte d’altérité, avec les autres. Il me semble que ce sont trois choses :&lt;br /&gt;- Il est important que nous substituions à ce qui se passe actuellement, non pas une idéologie nouvelle dans le sens d’une idéologie dure (nous avons soupé des idéologies dures, du marxisme, du fascisme, du libéralisme), non pas une idéologie molle, mais une idéologie douce, qui fasse la part de nouvelles connaissances et qui marie l’écologie, la dimension socio-économique..&lt;br /&gt;- L’homme n’est pas fait pour travailler, il est fait pour agir, pour être curieux, reconnaître sa niche écologique, avoir des rapports avec les autres.&lt;br /&gt;- Il est nécessaire que nous trouvions alors, dans les rapports des uns envers les autres, mais aussi des rapports avec des groupes, ce qu’on pourrait appeler le fédéralisme, ou ce qu’on pourrait appeler la fin du centralisme démocratique.&lt;br /&gt;Je crois que c’est le mariage de ces trois éléments nous apporterait l’espoir, non linéaire, d’aller vers un avenir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Guattari : Je voudrais juste un peu forcer la note sur le caractère irréductiblement non dialectique des problématiques devant lesquelles nous sommes, c’est-à-dire quand on met l’accent sur la nécessité de repenser les rapports inter-humains, les rapports familiaux, les rapports d’éducation, les rapports de voisinage, de l’habitat, de l’urbanisme, de la santé, etc., on est dans un registre de l’économie, d’écologie sociale qui pourrait aussi être prise sous les paradigmes scientistes véhiculés par l’économie productiviste.&lt;br /&gt;Alors que mon idée d’associer à l’écologie environnementale l’écologie sociale, l’écologie mentale, ajoute cette préoccupation profondément anti-dialectique, à savoir : s’il y a un avenir (et il y a un avenir possible même s’il y a des risques de catastrophes et de barbarie absolue à l’horizon historique), même s’il y a des sursauts collectifs pour recomposer le social, recomposer des relations internationales, etc., il y a quelque chose qui ne sera jamais résolu (par le niveau technico-scientifique, par les révolutions sociales, par les révolutions moléculaires de toute nature), qui est l’existence humaine comme telle. Dans sa finitude, dans sa solitude, son désarroi total. S’il n’y a pas de remise permanente du curseur sur cette finitude, alors toujours il y a le risque de basculer dans cette sorte de progressisme générateur de catastrophes.&lt;br /&gt;Ce n’est qu’à condition qu’il y ait cette assumation - comme on peut penser qu’elle était faite dans les sociétés archaïques, je pense à de très beaux articles de Pierre Clastres sur la solitude des Indiens qui chantent dans la nuit directement, en-dehors de tout rapport social -, si on ne ramène pas le curseur là, alors on n’aura jamais la capacité, le courage, la responsabilité éthique d’en finir avec ces pratiques destructrices. La société productiviste telle qu’on la vit est comme une drogue. D’ailleurs, elle produit des drogués de toute nature. Et il faut arriver à cette sorte de désintoxication du progressisme qui consisterait à se retirer sur soi et à se déconnecter de toute pratique sociale, de tout engagement dans la vie politique.&lt;br /&gt;En tout cas de les voir sous cet angle, donc de fonder l’angle de prise de vue humain sur les différents processus socio-économiques, technico-scientifiques, toujours avec ce recul de la subjectivité, cette distance qui est sans arrêt à reconquérir et qui est quelque chose que je mettrais dans l’ordre, disons, d’une activité analytique, pas exactement dans le sens psychanalytique freudien (qui, à mon avis, n’a fait qu’apercevoir cette dimension, notamment avec son concept de pulsion de mort qui, d’une certaine façon, règle la question).&lt;br /&gt;Mais il n’y aura de reprise écosophique, c’est-à-dire la reprise d’une fonction éthico-politique de refondation du rapport de l’individu à son corps, du rapport de l’individu au temps, du rapport de l’individu à l’autre, à l’altérité, à la différence, aux formes esthétiques, etc., qu’à la condition qu’il y ait cette finalisation sur le projet de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Robin : Devant l’inconsistance des « propositions » politiques sociales et syndicales actuelles, j’essayais de formuler ce que pourrait être un courant qui essaierait de penser l’homme comme pouvant s’épanouir davantage.&lt;br /&gt;Je propose de marier l’écologie et le socialisme, en tant que poseur de questions sociales, ce qu’il a fait depuis le XIXème siècle, mais en le reposant autrement, à cause de la nature même des technologies. Et il faut que le fédéralisme, les rapports d’altérité et de reconnaissance de l’altérité, soient mis au premier plan.&lt;br /&gt;Il y a un autre grand problème qui se pose à nous, c’est d’avoir le courage de ne pas confondre la morale et l’éthique. On voit bien comment toutes les sociétés, mises en présence de forces intérieures et extérieures immenses, essaient de donner un sacré, ce sacré donnant à la fois la religion et la morale, et comment petit à petit le décalage entre cette morale et la pratique des mœurs a été tel qu’il a bien fallu essayer de s’organiser. Je crois que rien n’est plus urgent que de créer une éthique critique autonome. De même qu’on peut avoir la spiritualité sans foi, il faut que l’on puisse créer une éthique critique autonome sans morale. J’en vois des pistes chez Foucault, Habermas et Morin...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Guattari : Mon interrogation, elle, est de savoir s’il y a une pratique de ce type d’éthique. Est-ce qu’il s’agit d’un impératif transcendant, ou est-ce que, au contraire, il n’y a pas, au niveau des théories individuelles, au niveau de la vie de couple, la famille, au niveau du travail, dans l’école, le voisinage, etc., une reproblématisation permanente de cette dimension éthique ?&lt;br /&gt;C’est, encore une fois, ce que le freudisme a fait en essayant de redonner du sens, une lecture possible à des « faire » qui relevaient en apparence du non-sens, du moins à une époque donnée, qu’il s’agisse d’hystérie, de sexualité infantile, etc., l’idée que c’est quelque chose qui peut se travailler.&lt;br /&gt;Et c’est là qu’on se sépare de Kierkegaard. Il ne s’agit pas de quelque chose qui tombe de la transcendance, il s’agit de dire : bon, vous travaillez dans telle situation, dans telle université, dans tel hôpital psychiatrique ou dans tel syndicat... Est-ce qu’il y a un « faire », est-ce qu’il y a une pratique qui permet précisément de ramener ce curseur éthique qui fera, non pas interrogation sur l’autre en disant : « mais pour qui est-ce que tu te prends, tu te prends pour un chef ? etc. », mais la question toute naturelle : « ah ! tu es là, toi, à cet endroit, et moi je suis à cet endroit... » et d’une certaine façon, nous sommes dans un rapport de déréliction absolue et nous le surmontons malgré que nous ayons accès à ce degré zéro de l’existence. Nous construirons d’autant plus une projectalité qui aura sa logique, qui aura sa raison, qui aura sa prolongation dans le domaine du socius. C’est donc cette idée de refondation des praxis, à tous les niveaux, qui me semble être corrélative à la positionnalité de son éthique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-3672208615264989837?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/3672208615264989837/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=3672208615264989837' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/3672208615264989837'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/3672208615264989837'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/dialogue-guattarirobin-sur-une-cologie.html' title='Dialogue Guattari/Robin sur une écologie étendue'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-8633219340045401385</id><published>2008-04-09T00:27:00.002+02:00</published><updated>2008-04-09T00:28:58.106+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Idées et sociétés'/><title type='text'>Du progrès scientifique au technoscepticisme et à la technophobie</title><content type='html'>&lt;span&gt;&lt;i&gt;Par Hélène Ahrweiler                 Source: http://www.institut.veolia.org/fr/&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Historienne&lt;br /&gt;Présidente de l'Université de l'Europe&lt;br /&gt;Ancien recteur de l'Académie de Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre société moderne se trouve confrontée à ce que les experts appellent le problème de la fracture numérique ou ce que je préfère décrire moi-même comme le rideau électronique, c'est-à-dire la distinction entre ceux qui produisent, possèdent et utilisent les moyens et les outils technologiques que la science moderne met à notre disposition, et ceux (la grande majorité, y compris dans les pays développés) qui n'ont pas accès à la société de la connaissance fruit du progrès technologique. Le fossé qui sépare ces deux populations est en train de s'élargir pour trois raisons : le rythme précipité de l'innovation en matière de développement des instruments de connaissance appropriés, la somme croissante de nouvelles informations scientifiques dans la plupart des domaines, ainsi que la complexité multiforme du potentiel technologique. Il semble que devant un appareil électronique (même d'usage courant comme le téléphone portable), bon nombre d'utilisateurs ignorent l'éventail des possibilités qui leur sont offertes, la majorité se satisfaisant de sa fonction principale : dans le cas du téléphone portable, émettre et recevoir des appels. Par ailleurs, on peut s'interroger sur l'utilité de construire des automobiles extrêmement puissantes alors que la vitesse de circulation est partout limitée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon une enquête du Baromètre européen, l'attitude des Européens à l'égard de la science se révèle en général très ambiguë. Chacun est conscient des effets bénéfiques du progrès et de la science sur la qualité de vie (principalement en matière de santé et d'espérance de vie). Nonobstant, nombre de personnes expriment leurs craintes du fait que la recherche scientifique entraîne de nouveaux risques inhérents à ce type de progrès, notamment dans des domaines sensibles qui affectent notre vie quotidienne (manipulation des déchets nucléaires, pollution atmosphérique émise par la circulation routière, sécurité alimentaire ou programmes scientifiques sur la génétique). Ils sont également à l'origine de discussions et de préoccupations éthiques importantes parmi la communauté scientifique, les gouvernements et au sein de la société elle-même. Même si tout le monde s'accorde à dire que seul le progrès scientifique est en mesure d'éliminer les dangers et les risques potentiels (dans lesquels nous incluons les risques scientifiques, ou « épistémogéniques »), on reste largement attaché à l'idée que seule une limitation ou une orientation différente de l'activité et de la politique scientifiques pourrait permettre d'éviter ces effets indésirables sans compromettre les avantages escomptés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce type de réaction, mû par une exigence de sécurité, est à l'origine du scepticisme relatif à la notion de progrès en général et des applications technologiques en particulier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, chaque être humain (y compris dans les régions les plus reculées) est un consommateur de science (au travers de sa poduction technologique) ; pourtant, nul n'est capable de contrôler tous les aspects des réussites scientifiques et des produits qu'il utilise et nécessite. Nous percevons un vague sentiment d'incertitude (même parmi les scientifiques), qui, pour l'opinion publique, peut même aller jusqu'à la technophobie. La science est à la fois considérée comme un espoir et comme une menace : Prométhée et Frankenstein en sont les représentations dans quasiment tous les esprits aujourd'hui. Manifestement, la vérité se situe entre ces deux extrêmes du cheminement scientifique. C'est pourquoi il semble nécessaire de rassurer l'opinion publique et de contrecarrer le sentiment de technophobie avant qu'il ne s'amplifie et ne prenne la dimension d'une protestation contre la science, les scientifiques voire les laboratoires et institutions de recherche. Dans une société de la connaissance telle que la nôtre, il est fondamental de promouvoir la connaissance du savoir et d'essayer par tous les moyens de la partager, comme nous avons partagé le pain autrefois (en gardant à l'esprit que la nécessité de garantir du pain à tout le monde doit demeurer notre absolue priorité). Évidemment, l'accès à la connaissance ne pourra être garanti à une population toujours plus grande que si l'on repense la politique scientifique et réorganise les modèles de culture que nous cherchons à promouvoir. La culture doit englober non seulement les activités relatives aux sciences humaines, aux arts et à la littérature, mais également la pratique de la science et, naturellement, la connaissance de ses bases. Une révision des cursus universitaires est nécessaire à bien des égards ; il est d'ailleurs intéressant de remarquer que l'Union Européenne a lancé un projet dans cette voie (connu sous le nom de Galileo). Son objectif est de mieux faire connaître la science à différentes catégories de populations, et de favoriser l'alphabétisation ainsi que la connaissance d'éléments et de données scientifiques précis, condition nécessaire à la promotion et au contrôle de l'innovation dans chaque domaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question afférente à la technologie qui doit maintenant être posée est la suivante : le progrès technique peut-il engendrer du progrès en série ? La réponse est évidemment négative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La technologie étant à la base de la globalisation et, mieux encore, à la base de son succès, on peut penser ou craindre que le mouvement anti-globalisation, qui s'exprime dans divers forums, se retourne d'une façon générale contre le progrès et plus particulièrement contre l'approche technologique de la vie, comme cela est déjà le cas avec les plantations transgéniques. Les technostructures, dont la complexité génère de l'anxiété, peuvent être considérées comme&lt;br /&gt;l'adversaire de l'homme moderne, l'empêchant de suivre la voie du bonheur et du développement spirituel. Ce point de vue nous incite à nous demander jusqu'à quel point la science peut s'opposer à la technologie ou agir à son encontre, puisque sa mission est de modeler notre avenir sans porter préjudice au présent par des excès de technologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble nécessaire de limiter les effets de l'action des gouvernements technocratiques, considérée comme un instrument de pouvoir qui se soustrait au contrôle des citoyens. Néanmoins, la science doit être enseignée à presque tous les niveaux de l'éducation dans le respect et non à l'encontre de l'humanité. D'autre part, elle doit être considérée comme faisant partie de la culture et comme symbole de réussite sociale pour le genre humain. Les mentalités doivent évoluer dans cette direction.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-8633219340045401385?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/8633219340045401385/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=8633219340045401385' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/8633219340045401385'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/8633219340045401385'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/du-progrs-scientifique-au.html' title='Du progrès scientifique au technoscepticisme et à la technophobie'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1049380350352975377.post-5752952599022244181</id><published>2008-04-08T22:33:00.003+02:00</published><updated>2008-04-09T00:26:08.072+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Actualité'/><title type='text'>'' le CIO est une réunion de gens sans statuts"</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;i&gt;&lt;span&gt;Source: http://www.libeorleans.fr/libe/2008/04/le-cio-est-une.html&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;strong&gt;Patrick Clastres est chercheur rattaché au centre d’histoire de Sciences-Po Paris. Il est également historien de l’Olympisme. Son travail de thèse est consacré à Pierre de Courbertin.&lt;br /&gt;Face à la tourmente qui ébranle le mouvement sportif international et le débat sur l'opportunité de la tenue des prochaines olympiades dans la capitale chinoise, il analyse, avec recul, le non-positionnement du Comité international olympique (CIO) sur ces questions d'ordre diplomatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avez-vous été surpris par la nomination de la Chine comme capitale olympique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut pas comprendre cette décision qui remonte à 2001 si on ne s’inscrit pas dans la perspective séculaire du fonctionnement du Comité International Olympique. Depuis sa création, en 1894, il veut délivrer un message sportif et diplomatique à l’échelle universelle. Il y a, derrière cet universalisme singulier, un réel idéal olympique. Au commencement, le CIO oeuvrait à la fabrique d’hommes capables de prouesses physiques, doués de capacités de commandement militaire, commercial et politique. Il se donnait comme mission de réunir l’élite mondiale pour un rapprochement pacifique. Puis, au fil des années, il a été confronté aux réalités géopolitiques et à une série incroyable de boycotts qui ont failli le faire disparaître. Pour assurer sa survie, le Comité a pris un tournant commercial décisif en 1980, laissant de côté l’amateurisme. C’est l’arrivée de Juan-Antonio Samaranch qui a permis ce processus. Depuis, le CIO est lié à ses partenaires commerciaux et à sa propre volonté d’expansion internationale. À ce titre, il ne pouvait pas se priver de ce formidable marché que constitue la Chine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le CIO aurait-il pu refuser cette candidature pour des raisons diplomatiques liées, par exemple, au respect des Droits de l’Homme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l’a récemment dit Jacques Rogge, son président, le CIO, qui est une Organisation Internationale Non Gouvernementale (OING) de droit privé suisse, n’est pas une organisation militante. Sa composition laisse songeur. Il fonctionne sur le mode de la cooptation. On y retrouve des aristocrates, des militaires, des diplomates… C’est une réunion de gentlemen sans statut qui ont, comme point commun, l’absence de passé sportif et de compétences de management de haut niveau. Ils s’entourent de cadres performants et diplômés qui orientent le CIO vers une logique de survie bureaucratique. Du coup, on ne retrouve plus les valeurs intrinsèques du sport. Le sens commun disparaît au profit de la professionnalisation du jeu et du dopage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comptez-vous, comme certains politiques, sur les sportifs eux-mêmes pour faire infléchir le CIO ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le CIO s’interdit de dénoncer les pratiques anti-démocratiques des pays postulants au nom de la neutralité du sport. Ce qui rend l’objet sport plastique et donc facile à utiliser par les régimes totalitaires. Les rares tentatives diplomatiques du CIO sont une succession d’échecs et de désillusions, comme cette équipe RFA-RDA montée dans les années 50 ou celle regroupant la Corée du Nord et la Corée du Sud à l’occasion des JO de Barcelone de 1992. Il a exclu l’Afrique du Sud contraint par le seul boycott de 28 nations africaines. Cette mesure est intervenue avec 30 ans de retard et n’a eu aucun effet. C’était juste un rattrapage maladroit.&lt;br /&gt;Alors oui, pourquoi pas les athlètes eux-mêmes. Ce serait à eux de se mobiliser pour peser sur le CIO et ses choix organisationnels. S’ils font preuve de vigilance et font jouer leur droit d’alerte, ils peuvent obliger le Comité à un positionnement clair. Que l’on ne revoit plus cette neutralité envers les régimes dictatoriaux qui se transforme trop souvent en complaisance. Je pense à la Chine, à l’Allemagne du IIIème Reich, à l’URSS. Ce phénomène est d’ailleurs comparable aux rapports qu’a entretenus la FIFA avec d’autres dictatures comme l’Argentine en 1978.&lt;br /&gt;Hélas, pour l’heure, le CIO est seulement là pour offrir les jeux dans les meilleures conditions possibles. Quel qu’en soit le prix…&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;i&gt;&lt;span&gt;Recueillis par Mourad Guichard&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1049380350352975377-5752952599022244181?l=leblogarpeges.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/feeds/5752952599022244181/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1049380350352975377&amp;postID=5752952599022244181' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/5752952599022244181'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1049380350352975377/posts/default/5752952599022244181'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leblogarpeges.blogspot.com/2008/04/le-cio-est-une-runion-de-gens-sans.html' title='&apos;&apos; le CIO est une réunion de gens sans statuts&quot;'/><author><name>Max Emme</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03354805432440898631</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='15440407755587795139'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry></feed>